La ville qui ne dort jamais
Le week end dernier, je suis allé a Buenos Aires voir Orianne et Fabien. Et me rendre compte par moi meme de la veracité de ce que l'on m'avait dit a Montevideo a propos des nuits de Buenos Aires.
Je suis arrivé le vendredi soir en bateau. Orianne et Fabien n'etaient pas encore de retour d'une conference a Mar del Plata. Trois de leurs potes m'ont amené a un concert, ou ils devaient nous rejoindre. J'arrive donc au Luna Park, une immense salle de concert, et j'apprends que le groupe s'appelle Babasonicos. Je fais un peu connaissance avec Bernado, de Lisbonne; John, de Cornouailles; et Vanina, de Buenos Aires. Le concert démarre. Le chanteur est plus kitch que Claude Francois. Le groupe joue des chansons que Kyo ne renierait pas. Le public est majoritairement constitué de gamines qui sortent leurs telephones portables et braillent dans les aigus des que le chanteur s'approche. Bref, j'ai peur. Enfin, ca se termine. Fabien et Orianne arrivent pour les deux dernieres chansons (les veinards).
Nous allons bafrer des pates dans un bar, ou Orianne et moi essayons a tout prix de trouver une substance qui pourrait s'approcher d'un sirop-pour-mettre-dans-la-biere. Le coulis de fraise n'est pas convaincant. La liqueur de dulce de leche non plus. C'est un echec. Il faudra donc attendre quelques mois encore pour boire un demi-caramel ou un demi-fraise.
Bernardo et Vanina veulent aller en boite. J'explique ma vision des choses extremement calmement a Fabien et Orianne : "pas de boite pour moi, surtout si c'est une boite electro...". Arguments sans effets. Bernardo a des entrees gratuites pour la dite boite. Vanina affirme que c'est probablement open-bar. Quelqu'un d'autre que c'est une boite de cumbia (musique colombienne). Je tourne peu a peu ma veste, surtout que je ne convainc personne avec mes idees de tournee des bars.
Arrivés la bas, je constate que la boite est une boite techno et ce n'est pas open bar. La peste bovine !!
Heureusement, il y une salle avec des tables et des chaises, et parfois quelques chansons rock. Je discute avec Orianne et evite de perdre tout a fait ma soiree.
En rentrant a l'aube, je me rend compte de la difficulte a trouver un lit gratuit. Payant dans la residence de Fabien. Hors de question dans la pension d'Orianne. Je me rabat donc sur un lit a 30 pesos dans la chambre de Fabien.
Le lendemain, apres quelques heures de sommeil, nous allons passer l'apres midi dans le centre de Buenos Aires. Avec les memes protagonistes, plus deux argentines de Cordoba, qui ne prononcent presque pas leurs S, et sans sifflement.
Je commence a me rendre compte de l'inertie incroyable de ce groupe de potes : il faut une energie immense pour le faire bouger, et ensuite, impossible de modifier sa direction. Separement, ils sont tres sympathiques et de bonne compagnie. Ensemble, la desorganisation est telle qu'elle impose des tergiversations et des attentes pour des durees qui se comptent en heure. Heureusement que ce groupe joue a la bronchade et a la feve pour faire passer ces moments d'attente.
Ajouté aux interminables trajets en bus, en metro ou en taxi, il y a beaucoup de temps morts a Buenos Aires.
Nous allons donc dans le quartier de la Recoleta, a la Plaza Francia, ou se tient un marché d'artisanat, et ou, les jours frais, des artistes de rue ebaudissent la foule.
Aujourd'hui, pas d'artistes de rue. Il doit bien faire 45 degres a l'ombre. Une chaleur tres lourde, de surcroit. La seule occupation possible : boire un maté a l'ombre d'un arbre. Les Uruguayens m'avaient averti de l'heresie de la consommation de maté de l'autre cote du fleuve. J'approuve. Le maté que nous buvons est un téréré, c'est a dire un maté froid avec des glacons. Colo, la cebadora (celle qui sert le maté a l'assistance), pousse l'heresie a ajouter de la poudre de tang Orange avec l'eau froide. Ce que je bois est donc un jus d'orange chimique aromatisé a l'herbe a maté. En fin de compte, c'est plutot bon.

Fabien et Orianne m'avaient vanté l'excellence des glaces de Buenos Aires. Toujours a la pointe de la curiosité en ce domaine, j'ai experimenté et j'ai approuvé.
Je m'incruste dans un match de foot en salle avec les gens de la residence. Comme en Uruguay, le foot, c'est presque une religion.
Le soir, j'explique ma vision du deroulement de la soiree : bouffer des empanadas et prendre l'apero dans un parc, puis aller dans le quartier des bars. Tout se deroule pour le mieux, ou du moins la premiere etape : nous mangeons des empanadas. L'orage, la tempete, la fureur des elements celestes empeche toute autre initiative : pas de parc, pas de taxi disponible pour aller dans le quartier festif, pas de tournee des bars. Le champ des possibles se reduit donc a un repas sur le trottoir protegé de la pluie et d'une soiree tranquille dans un bar du coin.
Du coup, nous rentrons tot selon les criteres locaux : 5 h du mat.
Ma connaissance de la fete a Buenos Aires n'a pas beaucoup progressée. Pour le reste, j'ai passé quelques bons moments avec Fabien et Orianne, et j'ai pu me rendre compte que ma vision tres sectaire de la fete (celle qui se passe dehors et dans le maximum de bars, avec des chansons et de la descounere) diminuait enormement mes capacités a m'amuser partout.
J'ai aussi pu voir un peu de la vie a Buenos Aires. Personne ne dort. Moyenne des nuits : 4h. En semaine, les gens ne se couchent pas avant 2h. Le week end, la nuit n'est pas faite pour dormir. Fabien et Orianne ont pris le rythme. Pour ma part, je suis parti dans un etat zombiesque. La vie montevideane est beaucoup plus tardive que la vie europeene. Mais a Buenos Aires, on atteint des sommets.
Montevideo, avec son rythme un peu moins dement, et son etendue beaucoup plus vivable, me parait plus interessante. Ca y est, je deviens vieux et chauvin.
nb : desolé pour le manque de photo
Je suis arrivé le vendredi soir en bateau. Orianne et Fabien n'etaient pas encore de retour d'une conference a Mar del Plata. Trois de leurs potes m'ont amené a un concert, ou ils devaient nous rejoindre. J'arrive donc au Luna Park, une immense salle de concert, et j'apprends que le groupe s'appelle Babasonicos. Je fais un peu connaissance avec Bernado, de Lisbonne; John, de Cornouailles; et Vanina, de Buenos Aires. Le concert démarre. Le chanteur est plus kitch que Claude Francois. Le groupe joue des chansons que Kyo ne renierait pas. Le public est majoritairement constitué de gamines qui sortent leurs telephones portables et braillent dans les aigus des que le chanteur s'approche. Bref, j'ai peur. Enfin, ca se termine. Fabien et Orianne arrivent pour les deux dernieres chansons (les veinards).
Nous allons bafrer des pates dans un bar, ou Orianne et moi essayons a tout prix de trouver une substance qui pourrait s'approcher d'un sirop-pour-mettre-dans-la-biere. Le coulis de fraise n'est pas convaincant. La liqueur de dulce de leche non plus. C'est un echec. Il faudra donc attendre quelques mois encore pour boire un demi-caramel ou un demi-fraise.
Bernardo et Vanina veulent aller en boite. J'explique ma vision des choses extremement calmement a Fabien et Orianne : "pas de boite pour moi, surtout si c'est une boite electro...". Arguments sans effets. Bernardo a des entrees gratuites pour la dite boite. Vanina affirme que c'est probablement open-bar. Quelqu'un d'autre que c'est une boite de cumbia (musique colombienne). Je tourne peu a peu ma veste, surtout que je ne convainc personne avec mes idees de tournee des bars.
Arrivés la bas, je constate que la boite est une boite techno et ce n'est pas open bar. La peste bovine !!
Heureusement, il y une salle avec des tables et des chaises, et parfois quelques chansons rock. Je discute avec Orianne et evite de perdre tout a fait ma soiree.
En rentrant a l'aube, je me rend compte de la difficulte a trouver un lit gratuit. Payant dans la residence de Fabien. Hors de question dans la pension d'Orianne. Je me rabat donc sur un lit a 30 pesos dans la chambre de Fabien.
Le lendemain, apres quelques heures de sommeil, nous allons passer l'apres midi dans le centre de Buenos Aires. Avec les memes protagonistes, plus deux argentines de Cordoba, qui ne prononcent presque pas leurs S, et sans sifflement.
Je commence a me rendre compte de l'inertie incroyable de ce groupe de potes : il faut une energie immense pour le faire bouger, et ensuite, impossible de modifier sa direction. Separement, ils sont tres sympathiques et de bonne compagnie. Ensemble, la desorganisation est telle qu'elle impose des tergiversations et des attentes pour des durees qui se comptent en heure. Heureusement que ce groupe joue a la bronchade et a la feve pour faire passer ces moments d'attente.
Ajouté aux interminables trajets en bus, en metro ou en taxi, il y a beaucoup de temps morts a Buenos Aires.
Nous allons donc dans le quartier de la Recoleta, a la Plaza Francia, ou se tient un marché d'artisanat, et ou, les jours frais, des artistes de rue ebaudissent la foule.
Aujourd'hui, pas d'artistes de rue. Il doit bien faire 45 degres a l'ombre. Une chaleur tres lourde, de surcroit. La seule occupation possible : boire un maté a l'ombre d'un arbre. Les Uruguayens m'avaient averti de l'heresie de la consommation de maté de l'autre cote du fleuve. J'approuve. Le maté que nous buvons est un téréré, c'est a dire un maté froid avec des glacons. Colo, la cebadora (celle qui sert le maté a l'assistance), pousse l'heresie a ajouter de la poudre de tang Orange avec l'eau froide. Ce que je bois est donc un jus d'orange chimique aromatisé a l'herbe a maté. En fin de compte, c'est plutot bon.

Fabien et Orianne m'avaient vanté l'excellence des glaces de Buenos Aires. Toujours a la pointe de la curiosité en ce domaine, j'ai experimenté et j'ai approuvé.
Je m'incruste dans un match de foot en salle avec les gens de la residence. Comme en Uruguay, le foot, c'est presque une religion.
Le soir, j'explique ma vision du deroulement de la soiree : bouffer des empanadas et prendre l'apero dans un parc, puis aller dans le quartier des bars. Tout se deroule pour le mieux, ou du moins la premiere etape : nous mangeons des empanadas. L'orage, la tempete, la fureur des elements celestes empeche toute autre initiative : pas de parc, pas de taxi disponible pour aller dans le quartier festif, pas de tournee des bars. Le champ des possibles se reduit donc a un repas sur le trottoir protegé de la pluie et d'une soiree tranquille dans un bar du coin.
Du coup, nous rentrons tot selon les criteres locaux : 5 h du mat.
Ma connaissance de la fete a Buenos Aires n'a pas beaucoup progressée. Pour le reste, j'ai passé quelques bons moments avec Fabien et Orianne, et j'ai pu me rendre compte que ma vision tres sectaire de la fete (celle qui se passe dehors et dans le maximum de bars, avec des chansons et de la descounere) diminuait enormement mes capacités a m'amuser partout.
J'ai aussi pu voir un peu de la vie a Buenos Aires. Personne ne dort. Moyenne des nuits : 4h. En semaine, les gens ne se couchent pas avant 2h. Le week end, la nuit n'est pas faite pour dormir. Fabien et Orianne ont pris le rythme. Pour ma part, je suis parti dans un etat zombiesque. La vie montevideane est beaucoup plus tardive que la vie europeene. Mais a Buenos Aires, on atteint des sommets.
Montevideo, avec son rythme un peu moins dement, et son etendue beaucoup plus vivable, me parait plus interessante. Ca y est, je deviens vieux et chauvin.
nb : desolé pour le manque de photo
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