Lima et mes premiers pas au Pérou
Les premiers pas au Pérou sont pleins de découverte...
A l'aréoport, ca a deja commencé fort. Mon avion - rempli de canadiens qui se demandaient les uns les autres "quand faites vous le chemin de l'Inca?" et essayaient de prononcer les versions espagnoles de bacon et poulet frit - arrivait a une heure et demie du mat'. Au passage de la douane, le portique magique qui decide aleratoirement si on va avoir droit a une fouille des sacs m'attribue le rouge : fouille. Les douaniers regardent mon sac, se marrent, et m'en dispensent en se foutant doucement de ma gueule...
Nickel, j'ai l'air pouilleux.
Le questionnaire, dans un autre style que le formulaire etatsunien, interdisait l'entree dans le pays de toute production etrangere portant le nom Pisco. Explication : le Chili et le Perou se disputent l'origine de leurs deux alcools nationaux, le Pisco, une eau de vie de raisin. Et ca cree des tensions..
Dans l'aerogare, malgre l'heure, des dizaines de chauffeurs de taxi, guides touristiques, cambistes... essaient d'attirer des clients. Je negocie rapidement et plutot pietrement avec un chauffeur. Marche conclu... et on attend qu'un mec lui amene une voiture, absolument pas banalisee comme un taxi, malgre son badge de chauffeur de taxi officiel. C'est parti pour le centre historique. On s'arrete dix metres plus loin, devant un groupes de types installees sur un trottoir. Le chauffeur achete 3 clopes, en negociant. Prochain arret, la station service, ou, apres negociation, l'essence est trop chere pour lui.
Enfin, nous roulons. Nous traversons des rues pas bien grandes, au milieu de maisons a moitie construites. C'est pas tout a fait des bidonvilles, mais presque. Les murs sont tous peints de magnifiques annonces publicitaires "vote pour Jose Diaz Acre - ton voisin", "Pedrito - tu le connais, maire 2007". Quelques groupes types louchent attendent un truc sur le trottoir. Il y a un ralentisseur tout les 50 m. Ca ne parait pas etre la route directe pour le centre ville ! Mais d'apres ce que j'ai vu du plan de Lima, c'est a peu pres la route, alors je ne pose pas de questions... Et puis, il se signe devant toutes les eglises que l'on croise, alors...
L'arrivee dans le centre historique est difficile a voir. Ca sent toujours autant la misère, il y a toujours les groupes de ladrones... J'arrive a l'hotel, parfait, il y a bien une reservation. Des canadiens joviaux arrivent en meme temps que moi, payent leur taxi trois fois plus cher, non, je ne fais pas le chemin de l'inca vers le machu pichu, non, je n'ai pas de billet de retour (quel bonheur..). Et je retrouve Orianne. Ma montre sonne. Ca va 24 heures que je suis debout.
Les deux jours suivants sont consacrés a la decouverte de Lima.
La premiere impression est réele. Le centre historique est pauvre et délabré. Les demarcheurs de restaurants, cartes de Lima, tatouage,... sont presque aussi present que les flics. Et puis, c'est plutot joli... Les batiments sont tres colores (jaune surtout), sauf les eglises qui ne sont pas plus sobres, puisque les facades sont d'un baroque touffu.
La place d'armes est un endroit interessant et beau. Le palais du gouvernement sur un cote, la cathedrale sur un autre, et enfin des superbes batisses jaunes avec des balcons en bois.
Sur la dite place d'Armes, la police est partout. Il ya un canon a eau dans un coin de la place, au cas ou. Et un blindé pas trop loin. De temps en temps, le matin, la police evacue la place. Il ya pas mal de manifs dans Lima, et les flics n'ont pas trop l'intention de laisser les choses s'emballer. Et il ya trop de gringos sur la place pour ne pas surveiller.
Le reste du centrew historique a de l'allure.
On a aussi fait un tour hors du centre historique, dans un secteur a l'abandon du vieux Lima. Courte, la promenade. Ce n'etait pas dangereux, plutot indecent, de trainer dans un quartier ou les gens galerent autant...
On s'est rendu compte de la realite de Lima en montant sur la "montagne" qui surplombe la ville. Les pueblos jovenes - les similibidonvilles - entourent le centre historique, et grimpent a l'assaut des collines. Les endroits ou je peux aller sans probleme sont donc l'infime minorité. Dommage.
Lima est etablie dans une region etrange. C'est le desert, il ne tombe quasi jamais d'eau. Mais une brume grise, la garua, flotte sur la cite en permanence, si bien qu'on ne voit pas le soleil. Et la brume de pollution s'y ajoute pour boucher un peu plus l'horizon.
Nous sommes aussi allés dans le quartier de Miraflores, sur les conseils de quelques personnes. La, c'est different. Les batiments sont modernes, et ultraproteges par des clotures electriques et des gardes devant les maisons. C'est un des quartiers riches, donc, et il borde l'Océan. Les falaises grises le surplombent. Les gens se garent sur la plage, et c'est pas vraiment l'affluence.
Enfin, l'art est assez surprenant. Les tableaux des eglises melent les classiques de la foi catholiques avec des incongruites.
D'abord, les conquistadores n'ont pas hesité a se representer. Un tableau d'un type ressemblant fortement a Jesus se faisant decapiter, a cote de la chapelle de Pizarro (decapité, aussi), ca fait bizarre.
Une creche avec des rois mages portant des casques de conquistadores, idem.
Ensuite, les elements de la foi Inca sont discretement representees. Des vierges triangulaires, pour les montagnes... Des fleurs sur tous les tableaux, pour representer la nature.
Autre fait bizarre : dans une eglise, des tableaux a la gloire d'un saint recent etaient gribouilles de demandes de miracles. Le panneau "n'ecrivez pas sur les tableaux, c'est un manque d'education", est un des plus inattendus que j'ai vu.
Enfin, 10 nuevos soles pour celui qui me donnera une interpretation de cette sculpture.
Et deux photos pour finir..
Maintenant, je suis parti de Lima. Nous avons mis le cap plein sud, a travers le desert cotier. Hier Paracas, aujourd'hui Ica, demain Nazca. C'est beaucoup mieux que Lima !