La lutte contre les cartes et les taupes geantes est dure et ingrate. Aussi faut il prendre des vacances de temps en temps.
Jeudi dernier, je suis parti vers Buenos Aires et son aeroport pour retrouver Claire. Dans le taxi qui m'y amène, ca discute ferme avec le chauffeur. Entre autre, il me demande comment les Francais
voient les Argentins et les Sud-Americains. Plutot que de parler football, je lui explique que certains, parfois, pensent que l'Amerique du Sud essaie des voies politiques nouvelles et
prometteuses. Que des changements de societe ont lieu, que des choses s'inventent.
Refus categorique de sa part : "je verrai pas ca de mon vivant!". Pour lui, rien ne change, l'Argentine stagne. Avec tout ce qu'ils ont de petrole, de minerai. Un si grand pays, avec si peu de
gens, et une agriculture prospere. L'Argentine devrait deja etre riche. Mais tout ca est volé, gaché.
Le reste de l'Amerique du Sud ? "Tu veux dire, les Boliviens, les Paraguayens? pffff... Les venezueliens avec leur nouveau president? Au Bresil, je dis pas, mais ils en ont pour 50 ans pour
resoudre la misere."
Et de finir comme beaucoup : "Des que je peux, je pars".
Ce type est interessant. Et pessimiste. Meme a propos du foot. S'il aime ca? "Bof... Oui, un peu, mais je vais plus voir de matchs au stade depuis des annees. Tu sais quand tu y vas, tu sais pas
quand tu reviens. Trop de hooligans, alors...". Ca m'etonne un peu. Je lui demande de quel club il est (question o combien importante pour le commun des mortels). Lui, les yeux brillants : "River
!!". Je me disais bien qu'il jouait la comedie en disant ne pas s'interesser au foot.
Je retrouve Claire. Nous restons un peu a Buenos Aires, dans le quartier de San Telmo. Quartier beaucoup plus sympa que Palermo, ou j'avais ete avec Fabien et Orianne. Et en plus, on peut trouver
des avocats et du vieux parmesan.
Autour d'un croissant, pres de la Plaza de Mayo, nous parlons des Mères de la place, qui continuent a se reunir. J'explique a Claire que la page de la dictature n'est pas fermee, ni ici, ni en
Uruguay. Que les gens de plus de 30 ans ont connu l'exil ou la repression, et que c'est une difference importante avec la France. Comme pour me donner raison, une manifestation arrive sur la Plaza
de Mayo.
Il y a beaucoup de monde, et la foule est assez heteroclite. Ils reclament la "réapparition" de Julio Lopez. J'en ai deja parle, mais en deux mots, c'est un opposant qui a ete torturé dans un
des centres de disparition, et qui s'en est sorti. Il est devenu le temoin clé d'un des dirigeants de ces reseaux de repression. Il a disparu il y a 3 mois.
Les jours suivants, nous allons a Montevideo en passant par Colonia. La vieille ville portugaise est effectivement plus interessante lorsqu'elle est deserte.
Montevideo a bien du charme avec son vieux marché ou les touristes et les groupes de copains se retrouvent, les premiers autour de grillades, les autres au comptoir des gargottes.
De toute les rues de la vieille ville, on apercoit un bateau geant. Vraiment geant. En s'approchant, il apparait que c'est le plus grand bateau du monde, le Queen Mary II. Tout s'explique, y
compris les Americains en short et la Policia Turistica a chaque coin de rue.
Puis, un midi, c'est parti pour les plages de l'Est. Direction Cabo Polonio. On m'avait beaucoup parlé de cet endroit. La route est longue et le bus nous debarque dans un nulle part populeux.
Les champs alentours sont parsemes de palmiers. Pour aller au Cabo, nous prenons un camion-buggy. Il trace a travers les dunes. Nous arrivons a un village etrange, qui tient plus d'une
communauté hippie que d'autre chose. Les maisons sont posees un peu n'importe ou. Chacun a construit la sienne. Des types tapent sur des djembes. D'autres vendent des colliers de
coquillage.
Deuxieme effet kiss cool : tout est hors de prix. Nous cherchons une piaule. Mais a 95 dollars la nuit, faut pas craquer, ca sera camping sauvage. Idem pour la mangeaille, tout vaut 3 fois plus
cher qu'a Montevideo. Ca frise le foutage de gueule, nous nous contenterons de pain, de fromage et d'une tomate.
Je commence a maudire ce village. La veille, je demandais a Claire de m'expliquer par l'exemple ce qu'etait un bobo. Je crois que maintenant, j'ai une idee, surtout que ce lieu est blindé de
francais.
Nous posons donc la tente derriere une petite dune, histoire de se proteger du vent violent, mais pas du sable. D'ailleurs, a propos de sable, ca n'a pas ete facile de fixer la tente... La nuit
est difficile.
Consolation : le lendemain, nous profitons du lever de soleil et du village desert.
Et nous allons reveiller les otaries qui bronzent sur les rochers du phare. De temps en temps, un gros male montre a ses voisins qu'il a une tres grande bouche et qu'il crie tres fort.
zoom :
Nous ne restons pas la. Nous partons, en longeant la plage, vers Valizas, le village voisin. Une promenade de 3 heures qui s'avera difficile et lourde de consequences! Le soleil tape, malgré
l'heure matinale, et le vent souffle contre nous. Pas un endroit d'ombre.
Sur le sable, on trouve toute sorte de choses : des bateaux ramenes par un treuil, le reste d'une grande coque malmenee par un naufrage, et des otaries mortes. Par dizaines. Pas tres agreable,
ces charognes, et un peu inquietantes : c'est normal?
Enfin, Valizas. Constatation des degats : severes brulures des pieds et des chevilles. Trois fois aïe, et c'est que le debut.
Sous les pieds, surprise : des taches de petrole. Le sable nous avait paru bien noir a certains endroits, et je n'avais alors pas reussi a etre sur s'il s'agissait ou non de pollution.
Quand meme, il y a un probleme. Autant de boulettes de fioul sous les pieds, ca m'etait deja arrive il y a quelques annees a Anglet. Seulement, on avait appellé ca une maree noire et les plages
etaient interdites.
Valizas est plus sympathique. Ici, les vacanciers sont des jeunes Uruguayens. Ca doit probablement ressembler a ce qu'etait Capbreton ou Hossegor a leur debuts. Nous n'y restons pas. Plus loin,
on m'a parlé d'un endroit avec de la foret et des tortues marines, Santa Teresa. C'est parti.
A l'arrivee du bus, il reste encore quelques kilometres. Une famille nous prend en stop dans un pick-up des annees 50. L'environnement a changé. C'est une foret luxuriante, avec palmiers et
oiseaux tropicaux. Le Bresil n'est qu'a 20 km, et ca cadre avec ce que j'imagine etre ce pays.
un inseparable ?
Nous nous posons sur un campement qui nous parait d'abord improvisé, mais qui s'avere etre geré par des soldats en treillis. Ici, l'ambiance est vraiment familiale. Un gars montre la sono de sa
voiture a ses copains. D'autres perfectionnent leur campement, avec parilla, baches, etc. : il ne manque que le frigo.
Mais pour notre malheur, les pieds nous font souffrir. Ce n'est plus des coups de soleils, c'est des brulures. Alors tant pis pour les tortues et les plages prometteuses. Le lendemain, nous
retournons a Montevideo.
Avant, nous faisons quand meme un tour a la forteresse, qui a defendu en vain la premiere independance Uruguayenne contre les Bresiliens.
Montevideo, de nouveau. Nous soignons les brulures. J'ai des cloques effrayantes a un pied...
Jeudi soir, j'ai eu la reponse a une question qui me poursuivait depuis quelques semaines : que sont ces chaises pliees le long de l'avenue principale ? Les chaises du Carnaval! Le Carnaval del
Uruguay est le plus long du monde. Compte rendu en image :
Du candombe
La foule ebaudie
Les gamins s'en prennent a la mascotte des Postes Uruguayennes.
Parmi les gens et les assos qui defilent, il y en a pour tous les gouts. Nix est une marque de soda locale, le type est un syndicaliste.
Les affaires marchent pour les vendeurs ambulants et les carritos (pardon, centros gastronomicos)
Un policier deguingandé, un bus avec des rocks stars qui se prennent pour ACDC.

Une des figures du Carnaval, c'est le candombe. C'est un rythme joue par des dizaines de percusionnistes. Devant les troupes, des danseuses plus ou moins vetues... Non, ce n'est pas le Carnaval
de Rio.
Tout est bon pour mieux voir.
Les grosses tetes qui font peur aux gamins, comme lors des carnavaux de chez moi...
Une constatation s'impose : les gens ne sont pas saoul. Trop occupes a boire du maté, probablement. En France, l'accessoire complementaire de la main gauche en soiree serait une biere. Ici,
nuit et jour, la calebasse.
Les promenades dans la vieille ville me font de plus en plus aimer Montevideo. C'est delabré mais c'est beau.
alors ca y est tu vas rester en amerique du sud avec ta moitié... hehe c est au sens propre elle est la moitié de toi claire!
c est cool que ca te plaise mondevideo, et en plus ton blog fait en s arrangeant, mak mak fais parti de la famille maintenant
a moulares c est tjs l attente d une reponse de job, mais en attendant on tue les cochons pour s occuper
porte toi bien et c est une bonne adoption que tu as fais ( mak mak)
kiker