Lundi 1 janvier 2007
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22:06
Ce long week end du premier de l'an, j'ai enfin approfondi ma connaissance de la fete montevideanne, la vraie. Au bout d'un mois, je commencais a m'inquieter.
Le 30 decembre, ma colloc m'a propose d'aller avec elle, son frere et deux autres, a une soirée. Mon enthousiasme n'etait pas au plus haut. Mais j'ai saisi l'occasion plutot qu'aller me
coucher.
Me voila donc avec Julienne, ma colloc, et Gerald, son grand frere qui n'est en Uruguay que depuis quelques mois. Il y a aussi Gervasio et Noelia, ce sont eux qui connaissent les organisatrices de
la soiree. Nous arrivons a l'heure uruguayenne (1h du mat' passee), dans un quartier tranquille et une maison normale. Dans le patio, sous la treille et les notes de salsa, 4 tables sont installee
avec des bougies.
Malgré mes espoirs, ce n'est pas un bar clandestin, juste une petite fete tranquille organisee par des filles des Beaux Arts. Ce n'est pas oufmalade mais c'est sympa; c'est l'occasion de discuter
et de voir que des choses sont universelles : la sangria et le "pierre-feuille-ciseaux".
Le 31 decembre, tout comme le 24, il y a une tradition : la beuverie du Marché du Port. Dès midi, la populasse se rassemble autour du marché. Ca picole a la biere et surtout, au cidre. Et ca ne
fait pas que picoler : ca se bat avec le cidre. De grandes gerbes de tise volent vers les voisins. Et des bouteilles (en plastique), bien entendu.
Pendant ce temps, des
candombe passent dans la foule (ce sont des fanfares 100% percus). Parfois, un air de chanson part et est repris tous.
Les protagonistes sont, pour la grande majorite, des groupes d'hommes torses nus. Ca sent la boue d'alcool, comme a Bayonne. Enfin, l'ambiance est assez rustre. Ou du moins en regard de ce que j'ai
vu depuis 6 mois (n'oublions pas que j'ai ete a une fete consistant a se faire enduire de lisier et de lie de vin par des hommes deguises en epouvantails).
Ni ma colloc, ni son frere et sa copine n'ont l'air de vouloir participer. Du coup, je resiste a la tentation d'aller participer a la beuverie tout seul, et je regarde de loin. Un asado au Marché
du Port permet de bien voir la bataille. C'est fou tout cette tise gachée. Tres drole, ce n'importe quoi devenu tradition.
Le soir, Julienne avait invite pas mal de gens a la maison. Des que je connaissais deja (Noelia, Gervasio, son frere et sa belle soeur), et d'autres pas, dont beaucoup d'americains et une
francaise. Ca fait beaucoup de langues a parler en une soirée, mais je m'attaque au defi.
Chacun a cuisine quelque chose d'interessant. J'entends les mauvaises langues au fond ("des burgers?"). Nan, les americains qui sont la parlent parfaitement espagnol et savent cuisiner. On a donc
de l'houmous, du poulet tandoori, des lasagnes, du tzaziki, et autres.
Peu avant minuit, nous montons chez le voisin, ou plutot sur sa terrasse. Minuit se passe sous les feux d'artifices et les cornes de brumes des cargos du port. Entre minuit et minuit trente, j'ai
du voir exploser 100 fois plus de fusee que dans toute ma courte vie. C'etait une voute. Partout, a l'horizon, ou au dessus de nous, des petites fusees. Chaque famille ou presque lance son feu
d'artifice, depuis les balcons ou depuis la rue. Le bruit des fusees est une detonation qui ne s'arrete pas.
Un avion decolle au meme moment de l'aeroport. La vue doit etre belle.
Au milieu de la nuit, nous decidons d'aller finir la soiree dans un bar a tango de la vieille ville. L'ambiance est feutrée et assez classe. Ca n'a pas l'air simple... En 2007, j'apprends le pas du
tango (et la recette de l'houmous).
Puisque je suis dans les voeux pieux, on peut toujours rever que le monde s'ameliore en 2007. Je n' ai pas particulierement envie de parler politique ici, mais ceux qui veulent iront lire ce texte
sur l'ordre du monde :
La quatrieme guerre mondiale a commencé.
Je laisse la mes disgressions. Passez une bonne année.