Images aléatoires

  • img-2300.jpg
  • img-2596.jpg

Origine controlée

Une carte avec toi dessus
Geo Visitors Map

Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /2006 18:33

Lorsque j'ai mis mon pied droit sur le marchepied du bus Transautral pour l'Argentine, ca a ete le debut. Le debut de la fin et le debut d'une petite centaine d'heure de bus qui m'aura amené en Terre de Feu puis a Buenos Aires...

Mais chaque chose en son temps : ce premier bus, donc, nous a fait passer la frontiere argentine. Le paysage a changé tres vite. Un col plutot bas nous a emmene de l'autre cote de la cordillere. La, plus d'arbres : seulement une steppe avec quelques buissons, et un poste frontiere.

J'ai eu un petit pincement au coeur de partir du Chili. J'ai beaucoup aimé ce pays... Sa geographie demente : 5000 km de terres coincee entre le Pacifique et les Andes, ou l'on peut voir tout et n'importe quoi. Ses habitants aussi... Peu expansifs mais vraiment sympas et genereux. Bizarrement, certains etaient tres heureux de nous voir la et nous en ont remercié (surtout a Santiago) !

Le poste frontiere etait relativement surprenant. Apres le panneau "Bienvenue en Argentine", le deuxieme ecriteau n'etait pas banal : "Les Malouines sont argentines". De la belle propagande, qui ramene a un des episodes les plus brillants de l'histoire de l'humanité.


Puis nous traversons des centaines de kilometres de steppe. Un petit village-garnison, avec ses deux ou trois regiments, sa place des Malouines, et des cavaliers dans les rues poussiereuses. Et encore de la steppe, cette fois un peu moins deserte, car riche en petrole et en pompes. Des oiseaux en ferraille se penchent, se relevent et se penchent a nouveau pour ramener le liquide en surface.

Au bout de la steppe, les sommets des Andes.

Le lendemain midi, nous descendons d'un quatrieme bus et nous nous retrouvons devant le glacier Perito Moreno.

Devant nous, des kilometres carres de glaces bleues. Et un front gigantesque (60-80 m de haut), abrupt, qui se jette dans le lac. Ce glacier est bruyant. Il grince, craque, voire tonne lorsque des morceaux de la paroi tombent dans l'eau.

Ce glacier est un des trucs les plus beaux du voyage.


Le temps file, mais il reste de quoi aller passer quelques heures en Terre de Feu. Encore au prix de dizaines d'heure de bus, certes, et de 8 postes frontiere en deux jours. 8 ? Oui, la Terre de Feu est partagee entre le Chili et l'Argentine. Et le Chili, par l'histoire militaire, possede le detroit de Magellan et coupe l'Argentine en deux. Mon passeport est donc rempli de tampons argentins et chiliens portant la meme date.

La steppe devient plus basse encore lorsque nous arrivons au bout de la Patagonie. Nous voyons moults animaux : outre les moutons, des guanacos et des autruches (ici appellees nandus). Et enfin, le detroit de Magellan.

Son panneau commemoratif,

son phare,

ses champs de mines.

L'endroit est emouvant pour tout le monde, militaires y compris... :)

Le passage du detroit de Magellan en bac est rendu encore plus incroyable par des dauphins qui suivent le bateau. Normal...

De l'autre cote, la Terre de Feu.

Le paysage ne change pas beaucoup. Toujours psa d'arbres, mais des paturages couverts de boutons d'or et de moutons peureux.

Nous n'avons pas la foi pour aller jusqu'au bout de l'ile, a Ushuaia (ce qui implique 8h de bus en plus). Nous nous arretons donc a Rio Grande, une grosse ville sur l'Atlantique sud. Un endroit un peu glauque. tres militarise encore. Des grands hangars delabres, des radars en piteux etat, un "mobilier urbain" oppressant, et des dizaines de maisons identiques. Dois je preciser qu'il y a un monument a la guerre des Malouines?

Une promenade sur la plage marque la fin du voyage. Des que nous tournons les talons, c'est deja le chemin du retour.

 

Le retour nous fait a nouveau passer le detroit. Cette fois ci, le panneau prend tout son sens,

et les dauphins viennent a portee d'appareil photo... (blancs avec le museau et l'aileron noirs).


48 heures de bus plus tard, nous arrivons a Buenos Aires.

Un peu dephases, au debut. Il fait chaud (plus besoin de polaire), et on a perdu 2 ou 3 heures de soleil par rapport a la Patagonie.

Nous retrouvons Fabien, qui nous fait gouter la viande argentine et nous raconte ses deux mois de vie a Buenos Aires. Puis nous partons passer la soiree chez mon cousin Thomas, a la Plata. L'histoire de l'installation de Thom en Argentine est assez amusante. Il est parti pour faire ses recherches de doctorat d'histoire sur l'emigration basco-bearnaises sur les rives du Rio de la Plata. Il a du bien comprendre les raisons des emigrants de l'epoque, car il y est toujours, depuis une petite dizaine d'annees.

Chez Thomas, je suis initié au mate. La societe argentine se divise en deux : ceux qui le boivent dulce, avec du sucre, et ceux qui le boivent amargo, sans. Mon cousin faisant partie de la deuxieme categorie, je ne gouterai que le deuxieme. La premiere gorgee est assez forte et amere (incroyable, non), mais globalement, c'est bon.
Nous sommes plusieurs autour de la table puisque deux amis francoargentins de Thomas sont la, ainsi que Leo, le voisin. Ca discute a batons rompus, tantot en espagnol, tantot en francais. J'apprends un peu les nouvelles du pays, notamment les histoires d'usines de pate a papiers que les Uruguayens veulent installer sur le fleuve-frontiere, et aussi une sombre histoire judiciaire. Il y a quelques mois, le president argentin a annule les deux lois d'amnisties des crimes commis sous la dictature (jusqu'en 83). Le premier proces, celui d'un responsable du reseau de disparition des opposants, devait se tenir il y a deux mois. Dans ce proces, il y avait un temoin cle, Julio Lopez. Ce macon s'est retouve enferme dans un des centres qu'il avait construit (sans le savoir) quelques mois plus tot, mais il s'en est sorti et a retenu les noms des tortionnaires, et les lieux. Du lourd pour l'accusation. Mais il se trouve qu'il y a deux mois, ce temoin clé a disparu. Depuis, des marches de protestation se deroulent a la Plata pour exiger la reapparition de Julio Lopez, et la derniere a ete plutot violente. Un climat serein, donc, qui montre que l'epoque de la dictature n'est pas si loin et que les responsables de l'epoque savent encore faire disparaitre les gens genants.
J'entends aussi parler de la societe de chemin de fer qui s'est autovolé les fenetres en alu des trains pour les vendre au poids, pendant la crise.

Ce matin, j'ai salue mon cousin, et j'ai commence ma route vers Montevideo. Ca debute bien, d-ailleurs, puisque j'ai raté le bateau, que je prendrai tout a l'heure. Orianne, elle, reste a Buenos Aires pour 5 mois de stage avec une tutrice en vacances.

Demain, normalement, je commence mon stage et mes 6 mois en Uruguay. Un autre voyage commence, moins itinerant cette fois. Ce n'est pas pour autant la fin de l'aventure. Vivre 6 mois la bas promet beaucoup, et, en outre je debarque sans avoir de logement...



Par Fernand - Publié dans : fernando
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

"globalement c'est bon"... tu parles, tu n'oses pas dire que tu trouve ca immonde oui! c'est plutot qu'en Argentine si tu ne fais pas partie de la deuxieme categorie, c'est-a-dire savoir apprecier l'amertume de cette espece de the et de surcroit trimballer ta tasse de mate partout ou tu vas (un peu comme les canadiens et leur thermos de cafe) tu n'es pas un HOMME! tu es une mauviette...


 

Commentaire n°1 posté par claire le 01/12/2006 à 23h42

Absolument pas, en Argentine on peut boire son mate avec sucre sans trop de honte. En Uruguay, a ce qu\\\'on m\\\'a dit, c\\\'est completement interdit ("un truc d\\\'argentin").


Pis d\\\'abord, au bout d\\\'une dizaine de mate, je peux te l\\\'affirmer. C\\\'est bon, sans plus. Ce qui est vraiment bien, c\\\'est toute la ceremonie pour le faire, le boire et le partager.


Enfin, peut etre que je deviendrais accro comme les uruguayens d\\\'ici peu. C\\\'est clairement l\\\'hallu comment tout le monde se trimballe avec un thermos et son mate sous le bras.


 

Commentaire n°2 posté par fernand le 02/12/2006 à 01h00

Bizous a vous trois (Orianne, Fab et toi)


Vos photos sont impressionnantes!!!


Vivement votre retour, A+ les cafards

Commentaire n°3 posté par Nat le 06/12/2006 à 20h55
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus