

De Puerto Montt, nous avons donc pris un bateau pour le Sud. Pas n'importe quel bateau! Un fier navire de la compagnie Naviera Austral, j'ai nommé la barcaza Pincoya.
Nous sommes donc partis sous la pluie battante... En 10 heures de voyage, nous avons pu voir le temps changer maintes fois, et pas mal d'autres choses :
D'abord, le roulis ! Pendant quelques heures, la houle du Pacifique nous a pas mal secoué. La fenetre du bateau nous montrait alternativement la mer et les nuages. La mer etait un peu agitee... l'occasion d'admirer les gerbes d'eau a la proue de la barcaza.
Nous avons aussi pu voir des tetes de phoques curieux par dizaines (ou de lions de mer, mais si vous aimez la precision, desole : je n'ai pas pu voir les oreilles)
Quelques iles aux formes etranges,
Des arcs en ciel,
Et meme les deux a la fois...
Nous arrivons a Chaiten au crepuscule. Le lendemain, nous decouvrons un village du bout du monde, avec de larges rues en gravier, des maisons en toles aux cheminees fumantes et la queue devant la superette le matin. Une statue de saint, dans sa guerite, surveille le port a marée basse.
De la, nous partons sur la Carretera Austral : c'est la seule route qui part de Chaiten. On arrive du Nord en bateau, et on peut aller vers le sud sur cette piste. Mais ca se merite, puisque la premiere ville d'importance, Coyhaique, est a 400 km et a 14 heures de route... Pas etonnant que les habitants de Chaiten reclament a corps et a cri une route "vers le Chili". C'est vrai qu'au Sud de Puerto Montt, c'est le Chili profond. Qui a un petit cote argentin : un indice qui ne trompe pas, c'est que les gens boivent du mate tout le temps...
Nous n'irons pas jusqu'a Coyhaique. 14 heures d'un coup, c'est trop... Nous ferons seulement 6 heures de bus, pour arriver a Puerto Puyuhuapi.
La route est belle... Au fond d'une vallee, entourée de sommets enneiges, elle se fraye un chemin au milieu de la vegetation. Ici, c'est la Patagonie Pluviale (a la difference de la Patagonie argentine, aride). On le devine assez bien : la vegetation est dense, presque tropicale. Sur les flancs des montagnes, la foret primaire. Au fond de la vallee, des bambous et des devil's club geantes. Enfin, quand les colons n'ont pas coupé ou incendié la foret pour en faire des paturages...
De temps en temps, un hameau, ou on se demande comment les habitants s'occupent. Et la piste.
Puyuhuapi est un petit village perdu au fond d'un fjord. Pas grand chose a y faire... Heuresement que nous avons pu nous occuper a compter notre maigre pecule, et nous rendre compte que nous n'avions plus d'argent pour prendre le bus hors de prix qui nous aurait amene a Coyhaique. Bus, qui, au demeurant, ne passaient que deux jours plus tard... Nous voila donc force de faire du stop et de manger du pain sec.
Le stop marche assez mal dans ce coin de Patagonie. Bien plus mal que dans le desert de l'Atacama! Quatre heures d'attente au bord de la route. Il faut dire que 3 touristes, arrives apres nous, faisaient du stop a 50 metres de nous, derriere le virage... Soyons positifs, au moins il ne pleut pas, et ca nous laisse le temps de regarder le paysage.
Enfin, la chance arrive, incarnee par un couple de hollandais et le coffre de leur pick-up. Enfin, nous avancons. La route et ses caillasses fuient sous nous, les volutes de poussieres s'envolent, et le paysage defile.
Quelques glaciers descendent des montagnes autour de nous.
Les hollandais nous invitent a une pause café au milieu d'un col. Pas vraiment des touristes, puisque l'homme travaille dans la region comme auditeur d'elevages de saumons, et allait faire une conference sur les pratiques entrepreneuriales quelques semaines plus tard. Ils nous lachent quelques dizaines de kilometres plus loin.
La malchance est restee a Puyuhuapi, puisqu'un jeune véterinaire sympa nous embarque quelques minutes plus tard. Un veterinaire de saumons, plus precisement. Ce qui confirme nos soupcons que dans la region, il n'y a pas grand chose d'autre a faire que couper du bois, elever trois vaches, et surtout, engraisser des saumons au fond d'un fjord.
A mesure que nous progressons vers Coyhaique, les vallees sont de moins en moins sauvages. Les flancs des montagnes ne portent plus de forets, mais des arbres morts et une vegetation basse, a cause des incendies (les colons, encore). Les villages sont plus nombreux, la piste devient goudronnee.
Nous arrivons donc a Coyhaique. C'est une grosse ville, de 40000 habitants, sans grand charme. Il y a bien ces montagnes, tout autour, et les condors qui tournoient pres des sommets... mais la ville elle meme trahi qu'elle a poussé en 20 ans, depuis que la Carretera Austral l'a atteinte. Nous la parcourons de long en large pour trouver un bus qui parte pour l'Argentine dans un delai raisonnable. Un jour d'attente sera le minimum.
Aujourd'hui, nous avons un peu traine dans les environs, a Puerto Aysen, un petit port fluvial ou nous avons retrouve les maisons en bois et en toles qui cachent mal la rudesse du climat.
Demain matin, nous passons de l'autre cote des Andes, en Argentine. Plus que quelques jours a descendre vers le Sud, vers le detroit de Magellan. Puis ce sera le rush vers le rio de la Plata...
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||