

De Santiago, nous avons décidé de nous avancer d'un gros bout et de quitter la region centrale. A part ses grandes villes, la region est assez verte. Il y a pas mal de cultures, dont des vignobles, et de la foret bizarre. Des pinedes et des eucalyptus cotoient quelques palmiers. La foret n'est peut etre pas si bizarre, mais, depuis 1 mois et quelques, je n'ai pas vu beaucoup d'arbres.
On a donc un peu nexté cette region. Quand meme, passer un peu moins de temps la, et un peu plus en Patagonie, on gagne au change. Un bus de nuit nous a avancé de 500 ou 600 km, jusqu'a Villarica, dans la région des lacs.
Nous sommes arrives dans un endroit assez etrange. D'abord, le froid. Il ne devait pas faire loin de 5 degres quand nous sommes arrives, a l'aube. Ensuite, la campagne. Quand le brouillard se leve, je decouvre un paysage qui tient un peu du bocage. Des pres ou paisent des Holsteins, quelques bosquets sur les collines. Ca ressemble pas mal à la Chalosse ou au Nivernais ! Sauf qu'il y a d'enormes proprietes protegees par des hauts grillages barbeles, qui protegent des 4x4 et des haras.
Au loin, de l'autre cote du lac de Villarica, un volcan enneigé se cache dans les nuages.
La ville reserve aussi quelques surprise. Les maisons sont toutes en bois, certaines sont clairement des chalets.
Quant a la population, une partie descend de colons allemands. Beaucoup ont les cheveux et la peau clairs, voire les yeux bleus. Certains n'hesitent pas a peindre leurs origines germaniques sur leur cloture.
Nous prenons un chocolat chaud dans un bistrot. Une chaine allemande est allumée et Otto Koln nous donne des nouvelles de la bourse de Francfort. Allons bon... le patron nous passe un CD de Georges Brassens. Sommes nous encore au Chili ???
Toute la population n'est pas d'origine allemande : les vendeurs ambulants sont assez typés indiens. Ils sont sans doute des mapuches, ces indiens qui ont longtemps resiste a la colonisation espagnole puis chilienne... et dont la lutte continue encore (cf le pochoir de Valparaiso sur les prisonniers politiques mapuches). Il me semble qu'il y a une affaire d'expropriation fonciere et de paysans sans terres la dessous... Les proprietes immenses cerclees de barbelees sont sans doute un des aspects du probleme!
Nous continuons notre route pour arriver dans un autre village, assez ressemblant. Meme population typee Europe du Nord, meme maisons en bois... Ici, la plupart des rues portent des noms de docteurs allemands.
Un autre volcan domine un autre lac.
Nous rejoignons enfin Puerto Montt. Cette ville est glauque, et tres loin des chalets et des prairies. Est ce l'aspect delabre des maisons en bois, le ciel gris, l'absence totale d'arbres? L'ambiance, le froid ? Au bord de l'océan, elle est le bout de la Panamericaine. Plus loin, il y a l'ile de Chiloe et la Patagonie.
Nous arrivons a Chiloe par un bac, tendance barge de debarquement.
Nous voici donc a Chiloe. Nous serons en pleine Patagonie dans quelques jours - le temps de trouver un bateau... Ca ne court pas les ports en cette saison.
C'est tout pour le voyage... Et maintenant, une page de gastronomie chilienne. Enfin, les photos du completo. Nous en avons capturé un ce midi et les conditions etaient propices a la prise de clichés.
vue longitudinale :
vue transversale :
Il est incontestable que cet individu est un representant de l'embranchement des sandwiches et de l'ordre des canidés-chauds. La coupe transversale revele plusieurs organes : une saucisse viennoise, un milieu interieur a base de tomate et d'avocat, un tegument en pain, et des secretions de mayonnaise. Ces caracteristiques le font differer singulierement des especes homologues vivant en Amerique du Nord. Le cliché montre aussi un predateur a l'affut.
A cote, son petit cousin, le churrasco.
Il appartient a l'ordre des hamburguidés. On retrouve encore un coelome a base de tomate, d'avocat, et des secretions abondantes (bien que cachees) de mayonnaise. Principale difference avec son parent decrit ci dessus, son pain rond, et sa viande de boeuf. Contrairement aux especes nord americaines et europeenes, la viande n'est habituellement pas hachée.
La saveur du completo est approximative, mais le prix et les efforts necessaires a une capture en font une proie facile pour nous. Le churrasco est plus savoureux mais plus cher. Ces deux trucs constituent une bonne moitie (voire plus) de nos repas au Chili. Je vous parlerai peut etre un jour de nos autres proies habituelles, les salades de tomate-avocat au citron. Nous les capturons dans les cuisines des hospedajes, mais chut.. je vous en dit deja trop.
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