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Origine controlée

Une carte avec toi dessus
Geo Visitors Map

Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /2006 23:48

De Valparaíso, nous avons continué notre route jusqu'a Santiago ("Santiaco Capital"), a une centaine de kilometres de la.

Dès le debut, ca m'a dépaysé. A la sortie du terminal de bus (mais quel terminal de bus est-ce donc??), nous avons atterri dans le métro. Un metro assez parisien, odeur de pneu brulé comprise. Apres le Perou et le desert d'Atacama, ca m'a fait bizarre.

Santiago est une capitale moderne, bruyante, verticale. Les tours en beton et en verre se construisent par dizaines. Pourtant, il y en a deja un certain nombre.

Le centre compte quelques rues pietonnes, commercantes a souhait avec leurs boutiques "occidentales", leurs multinationales du burger, et des grands galeries marchandes. Les trottoirs sont paves avec des petits carreaux de ciment, tout comme en Espagne...

Il y a des artistes de rue un peu partout. Des blagueurs professionnels, des danseurs de claquettes, des peintres a l'aerographe. Ca non plus, ca n'existe pas entre Lima et Santiago.

Il y a quand meme des choses qui font que Santiago est chilienne. 
Le long de l'avenue principale de la ville, des voyants lisent les tarots assis sur le trottoir.
Des jeunes vetus d'un maillot de foot font la quete : les gens donnent leurs pieces sur un maillot a terre. Des supporters en quete de financement, sans doute.
La police surveille de tres pres les deux places centrales (la place d'Armes et la place de la Moneda). Les camions anti emeutes sont bien en vue, et les canons a eau ne sont pas tres loin.

Partout dans Santiago, des rappels de la visite du Pape en 1987 (qui a dit pendant la dictature?). Notamment sur le Cerro San Cristobal, la colline qui domine la ville, ou une grande statue de la vierge commemore les 50 ans du dogme de l'Immaculee Conception (?). Des centaines de cierges et de plaquent temoignent de la ferveur populaire. Certaines plaques sont assez folkloriques, a l'image de celle qui remercie la Vierge pour l'obtention d'un diplome d'architecte.
Globalement, le pays est tres catholique, tendance integriste. A Valparaiso, il existe un monument a la memoire des "enfants assassines avant leur naissance". Il faut dire que l'avortement est interdit au Chili. Sur les murs de Valparaiso, des pochoirs de Simone Weil offrent un pendant au monument.


Un autre specialite du coin : les cafes. Rien a voir avec nos cafes francais. Ceux ci ne servent que du café, un peu de spectacle, et rien d'autre. Le spectacle? Les serveuses habillees court et moulant. Le bar se reduit au minimum pour laisser les clients mater. Evidemment, comme le reste des bars et bistrots classique du Chili, 98% d'hommes.
D'autres cafes sont plus mysterieux. Les vitres sont opaques, la musique est forte. Un petit panneau annonce "5 chicas guapas te esperan", voire, plus originalement "se busca : señora, buena presencia". De ce que j'en connais, les serveuses sont carrement en sous vetements (mais ne vendent que du café).

Les serveuses ne sont pas les seules femmes habillees court : les jupes des uniformes des collegiennes et lyceennes s'arretent a mi cuisses !

Sur la place de la Moneda, entre le Palais presidentiel et le ministere de la Justice, le Chili rend hommage a un de ses heros : Salvador Allende. Il a droit a sa statue et a un passage de son dernier discours, prononcé alors qu'il etait encercle dans la Moneda bombardee, et que les militaires s'appretaient a prendre le pouvoir.

Personnellement, ca me fait bizarre. Outre cet hommage sur les lieux "du crime", chaque ville du Chili a une avenue au nom Allende. Certes, le regime a changé. Mais une loi d'amnistie a ete promulguée, et Pinochet coule une vieillesse heureuse au Chili. Bon, pas si heureuse : sa femme est poursuivie pour fraude fiscale...
L'oeuvre du regime militaire et son ultraliberalisme est encore en place. Par exemple, a Santiago, a Valparaiso, les transports urbains sont assures par une multitude de micros bus prives, voire individuels. Les directions sont peintes a la peinture blanche sur les vitres, les engins sont dans un sale etat, et les chauffeurs roulent vite. Bizarre, cette absence de transports "publics", en venant de France. Plus generalement, je ne vois pas de domaine economique qui soit gere par l'Etat chilien.
Malgré les 6 ans de gourvenement socialo-centriste, le Chili actuel est infiniment plus l'oeuvre de Pinochet que d'Allende.

Autre heros national, Pablo Neruda. Les hommages ne se comptent plus. Ses maisons (a Valparaiso, a Santiago) sont des monuments que les autorites mettent en lumiere. Hors, Neruda n'a pas survecu tres longtemps au coup d'etat. Selon les interpretations, il serait mort du cancer ou du chagrin provoque par la chute d'Allende et les humiliations des soldats. Ses maisons ont ensuite ete saisies et saccagees.

Donc, pour en revenir au debut, ces hommages a ces heros traines a terre, alors que les coupables vivent tranquilles, ca me laisse perplexe.


Des ouvriers installent un sapin de Noel sur la Place d'Armes.


Nous avons vite quitté Santiago pour le Sud, la region des Lacs et la Patagonie.


Par Fernand - Publié dans : fernando
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