

Nous sommes parti de Cuzco hier matin, direction, l´Altiplano. L´idee du truc, c´etait de ne pas aller au Lac Titicaca en une traite. On comptait parcourir la seconde moitie du parcours (les 300 derniers km), sur l´Altiplano, a la cool. De village en village, de combi en combi.
Quand on a vu l´endroit de la route principale pour lequel on avait pris le billet de bus, on a decide sagement de pas dire au chauffeur de s´arreter. Un panneau, "la Raya, 4390 m", une vendeuse de trucs, trois lamas, et un wagon citerne sur la voie ferree en contrebas. Puisqu´on nous avait oublie, on a decide de continuer jusqu´au premier gros village. Mais ils sont assez peu nombreux... Pendant 50 bornes, on a croise quelques maisons en adobe, des troupeaux d´alpagas, et la steppe.
Un paysage desole, acable par la nature... mais terriblement beau. La steppe, les sommets enneiges a l´horizon, et le ciel a portee de main.
A la vue d´Ayaviri, un gros village, nous avons demande au mecano de descendre. Il a fallu d´abord le convaincre : "Mais qu´est ce que tu vas faire a Ayaviri? Y a rien ici!". Le chauffeur s´en est mele : "vous voulez descendre ici, vraiment ?". Apres 4 confirmations, on se retrouvait au bord de la route, avec nos sacs. Au milieu de nulle part, et heureux d´y etre.
Au bout de quelques pas dans le long village rue d'Ayaviri, plusieurs surprises. Deja, nous sommes une vraie surprise pour les habitants. Les voyageurs ne doivent pas s'arreter ici souvent.
Ensuite, nous avons du mal a comprendre les gens, qui, pour certains, doivent nous parler en quechua, ou en aymara.
Apres s'etre trouve une demie tome de fromage local, nous le baffrons sur la place principale. Decidement, nous sommes l'attraction. L'impression est pas tres agreable. Apres quelques temps a
regarder l'animation, la proportion immense de jeunes et d'ecoliers en uniformes, et les pomettes violettes des gens (adaptation a l'altitude et nombre de globules rouges oblige), nous decidons
de partir. Le village, mis a part ses maisons en adobe et l'altiplano au loin, ne nous retient pas.
A la gare routiere, nous avons un admirateur. Un petit garcon s'assoie face a moi, et m'observe. Il tape des mains de temps en temps pour attirer mon attention et mon regard. C'est d'autant plus
destabilisant que je fais ca avec les chiens et les alpagas.
Alors, nous reprenons le bus. Nous laissons . L'altiplano est presque un desert, pas moyen d'aller en ville en ville. Je regrette de ne pas avoir de velo dans mon sac a dos, et c'est parti pour Juliaca et Puno.
Juliaca est une ville pauvrissime. Toujours les maisons en adobe avec de la ferraille qui sort de partout, les toits en tole, les rues sales et poussiereuses embouteillees de velos-taxis. Et la misere noire, partout. A Puno, a peu pres le meme tableau. Mais le lac Titicaca, au loin sous une lumiere d'orage, nous rejouit.
Aujourd´hui, la journee a ete plus enthousiasmante. Nous avons pris un combi jusqu'a Sillustani, un site prehispanique un peu mystique. Sur un lac, a 4000m, un cimetiere a ete batti sur une presque ile. Mais pas un cimetiere normal, pas une presque ile normale. Le lieu etait reserve a certains inities. Les gens qui y etaient enterres devaient etre des chamans, des pretres. Des mausolees en forme de tour leur etaient construits, avec une entree a l'Est (la ou le soleil se leve et se releve, la ou tout recommence).
Le lieu est superbe. Au loin l'orage gronde, la lumiere change constamment. Et l'altiplano.
Quelques cercles de pierre delimitent des lieux sacrees, ou des ceremonies en l'honneur du soleil ou de la lune etaient rendues. Et continuent de l'etre. Des chamans viennent regulierement. D'ailleurs, sur la grande ile plate en face, seuls les chamans ont le droit d'aller.
Nous passons la journee la, a profiter de ce lieu pas ordinaire.
Nous rentrons a pied, pour profiter de la beaute des environs. Les gens nous saluent de loin. Tous les colectivos s'arretent (allez, montez, y a rien ici, c'est pura pampa!). Jamais ! (enfin, peut etre tout a l'heure, si leurs predictions de tempetes et de grele sont vraies).
Des vaches (des brunes des Alpes, pour les reconnaisseurs de race bovine) bouffent des lentilles d'eau. Le gamin qui les gardent demande une piece pour les avoir photographié.
De temps a autre, un mini village de 3 maisons en adobe, pres duquel paissent des lamas et des alpagas, ou vit une famille.
Au bout de quelques kilometres, au vu de l'augmentation du nombre d'eclairs a l'horizon, nous montons.
Et nous retrouvons la pagaille de Puno. Avec quelques regrets de rejoindre cette bulle de tumulte et de grisaille, au milieu d'environs comme ca. Prochaine etape, une communaute du Lac Titicaca. L'altiplano, c'est mythique.
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