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Origine controlée

Une carte avec toi dessus
Geo Visitors Map

Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 03:02

Nous avons passé quelques jours a Cuzco.

Cuzco est construite au fond d·une cuvette. Tout autour, les sommets des Andes. C·est donc une ville tres escarpee, avec des dizaines de ruelles et d·escaliers, qui font bien ressentir le manque d·oxygene, mais rejouissent la vue.

C·est aussi une ville de melange culturel (forcé) incroyable, autrefois capitale de l·empire Inca et nombril du monde. Les conquerants espagnols ont tout detruit et reconstruit par dessus eglises, couvents et palais. Les constructions coloniales ont souvent conserve les fondations incas, c·est a dire des murs aux pierres immenses, parfois regulieres, parfois aux formes improbables. Toutes les pierres sont assemblees sans ciment, et a la perfection pour les batiments importants.

 

 Ces murs incas sont vraiment impressionnants...

Les constructions espagnoles sont souvent tres belles. La place d·Armes est l´une des plus belles que j´ai vu, avec sa cathedrale et l´eglise des jesuites, juste a cote, construite pour la surpasser .

Les églises ne manquent pas, a Cuzco. En plus de procurer or et argent a l´Europe, un des buts de la conquete etait l´evangelisation des Indiens. Elles furent donc construites sur les lieux de cultes indiens, et richements pares d´or et de mirroirs (autrefois inconnus, donc forcement impressionnants).

Santo Domingo ou le Qorikancha (temple du soleil)

Une anonyme eglise remplie de mirroirs.

Meme si les constructions coloniales sont belles, c´est quand meme une impression de gachis qui vient a l´esprit a Cuzco. Le peu qui transparait des constructions indiennes fait regretter que rien n´ait subsiste de la capitale Inca, sinon quelques murs qui laissent penser que les Incas en connaissaient un morceau en architecture. Et que, 400 ans plus tard, la plupart des oeuvres prehispaniques aient disparu.
Bien sur, la culture indigene s´est mele a la culture espagnole. C´est surtout visible dans les tableaux religieux. Des divinites incas sont cachees dans les tableaux peints par des indiens : lune, fleurs, soleil, montagnes...


Apres quelques jours a encaisser le changement d´altitude, nous sommes partis de Cuzco a pied, direction la vallee sacree et, au bout, le Machu Picchu.

Sur notre chemin, des ruines incas... ou plutot, les grosses pierres qui n´ont pas pu etre transportees a Cuzco pour construire des eglises.

Saqsahuayman,

Qenqo et ses rochers tailles... Nous ne voyons rien, jusqu´a ce qu´un vieil indien vienne nous expliquer les symboles caches dans la pierre.

puma

et serpent laissant le sang des sacrifices s´ecouler jusqu´a la terre mere, la Pachamama.

Un village en adobe (boue + herbe, pas cher mais pas top pour les tremblements de terre), puis, au milieu des eucalyptus et des prairies, un col.


Puis, je decouvre la reponse peruvienne a la question universelle : comment proteger son champ ?

1- construire un muret en briques de terres prises sur place

2-  proteger le muret avec des cactus.

Fin de la parenthese agricoloarchitecurale.


Quelques kilometres, deux ruines et un combi plus tard, nous arrivons a Pisaq, dans la vallee sacree.

Pisaq est un village inca, surveille par ses ruines hautes perchees. Et est tres celebre pour son marche artisanal. Le marche draine un nombre assez affolant de bus de touristes... et le village se remplit, tous les jours, de gens venus de Cuzco pour vendre tous la meme chose, au milieu de la cohue et des bus. Dommage, loin de la place principale, le village est vivable et interessant.

Pour aller aux ruines, nous la jouons economes : a pied.

Apres plusieurs millions de marche et une bonne suee, la vue sur la vallee et les ruines nous recompensent.

La montagne n´est plus qu´un versant de terrasses

Nous descendons la vallee, encaissee a l´extreme, jusqu´a Ollantaytambo, en combi. Au bout de deux semaines, nous pouvons etre fiers d´avoir utilise la plupart des moyens de transports peruviens : colectivos (taxi chargeant la voiture au maximum, coffre compris, de gens qui vont au meme endroit), combis (la meme chose en minibus) et les bus ou omnibus.

Ollantaytambo, un autre village inca, est le point de depart des trains allant au Machu Picchu et du Chemin de l´Inca. Ce chemin, qui mene devinez ou, est emprunte chaque jour par des centaines de riches touristes aventureux. Riches, car vu la demande, les prix s´envolent. 200 dollars pour 4 jours de rando. Ce chemin appartient a une entreprise etrangere qui loue tres l´utilisation a des agences.

Bref, a Ollantaytambo, il y a des ruines,

des montagnes pointues

et des centaines de gringos, qui doivent probablement avoir une vision deformee de la cuisine peruvienne, puisque les restaurants touristiques proposent tous nachos, guacamole et tequila. Et qui achetent tous deux batons pour aller faire le chemin de l´Inca.


En route vers le Machu, donc !

Tout le monde le dit : il n´y a qu´une seule facon d´aller au Machu Picchu, c´est de prendre le train de Perurail (comme son nom l´indique, une entreprise britannique), qui coute 80 dollars aller retour (dans un pays ou un repas coute moins d´un dollar).
L´existence d´une route secrete m´etait tombé dans l´oreille. Apparamment, ca avait l´air simple : 5 heures de bus, deux heures de combi, un camion, 3 heures de marche, et on y est.

Apres s´etre renseigne sur l´heure de depart du bus aupres d´une habitante sure d´elle (el primero a las 6 de la mañana!), nous nous levons aux aurores le lendemain. Et attendons 5 heures le passage du bus (comme tous les jours, a 10h).

Premiere surprise, le bus ne part pas d´Ollantaytambo, il est plein, alors pour nous ca sera alternativement debout et assis dans l´allee, pour varier les plaisirs.
Deuxieme surprise, il y a 6 autres visages pales dans le bus (secret road, on commence a douter).

Alors, on roule... Comme d´habitude, les lacets s´enchainent. La fin du col n´arrive jamais, contrairement a la fin de l´insupportable cassette de musique andine (aux sonorites tres asiatiques), dont la fin arrive plusieurs fois. Enfin, le haut du col. On s´arrete. Des marchands venus de nulle part vendent des fayots frits facon cacahuetes. Et j´entends pour la premiere fois le mot derrumble.

Lorsque nous attaquons la descente du col, je comprends sa signification : glissement de terrain. Ce versant du col est une piste en terre ultra etroite. Nos voisins gringos s´averent etre des francais atteint de vertiges (olala, olala!! Il est passe a 3 cm du ravin!). Le bus descend, s´arrete, et recommence. Le temps est long. Puis, un arret d´une heure, qui trompe l´ennui puisque nous pouvons sortir, voir un mini glissement de terrain a quelques metres du bus, et manger des tamales achete a une vendeuse ambulante. Les passagers peruviens s´enervent un peu, car ils savent bien que le temps passe, et que du samedi 17h jusqu´au lundi 8h, les ouvriers arretent de degager la route. Une bonne partie du bus va mettre la pression aux gens qui decident si le bus peut passer ou non. Une passagere d´un autre bus, annoncant qu´elle est bloquee depuis la veille, rajoute encore un peu a la tension. Mais bon, aller en Amerique Latine sans rester bloque dans un bus, c´est tricher, alors on patiente.
On regarde le paysage aussi : de ce cote ci du col, la vegetation a changé. C´est la jungle, la vraie, avec des bananiers, des papayers, des cocotiers, des lianes, et des nuages partout. La selva.
Les francais s´averent tres sympas, et nous pretent leurs sieges. Quand le bus se remet a rouler, ca devient franchement plaisant. Le bus traverse les rivieres qui passent sur la route (les francais prononcent et repetent la phrase du trip, est ce que c´est normal ?!).
Et enfin, apres 8 heures enfermes dans ce bus, nous arrivons dans un village junglesque. Il y a des moustiques partout, les gens vendent des bananes et des avocats ramasses dans les arbres voisins.

La, nous rejoignons trois autres touristes (deux suisses, une anglaise). L´honneur francais est sauf, nous restons les plus gros rapias et formons la majorite des routards de la route pas tres secrete. Nous prenons un combi jusqu´a un autre village. D´abord, le chauffeur va syphonner de l´essence dans le camion de son pote (est ce que c´est normal?). Et nous partons.

inspection d´un derrumble

La piste s´accroche au ravin. Le chauffeur s´arrete, descend avec une clef a molette, et (ouf), repare ses phares qui s´etaient subitement eteint. Nous nous rendons compte que des gens habitent ici, au milieu de la jungle, sur ce versant abrupt.

Enfin, nous arrivons a la nuit a Santa Teresa. Nous hesitons. On continue a pied, ou on y dort? On va dormir...  Nous partageons un repas avec nos nouveaux amis francais, qui parlent de mangeaille et de fromages.

Le lendemain, nous sommes reveille par la musique de Radio Santa Teresa, a fond, et par un coq enroue. Il est 5 heures. Le soleil est levé, le village est deja actif. Rues en boue et toits de toles, on est ailleurs. Il  y a trois voitures dans le village, et encore, elles sont garees.

Et nous reprenons le chemin du Machu.

Premier arret, une tyrolienne.. embouteillee. Les chiffres des utilisateurs de la route pirate sont revus a la hausse.

Le torrent furieux est traverse. Derriere,nous pouvons prendre un camion pour nous avancer. Mais nous avons la journee pour arriver en bas du Machu Picchu, alors nous y allons a pied.

Jeu concours numero 2 : expliquez moi d´ou sort ce torrent (sur la montagne de droite)

Sur la fin du trajet, nous marchons le long de la voie ferree. Le ballast se prete fort peu a la randonnee, et les derniers kilometres sont longs.

Nous contournons le Machu Picchu, que nous devinons quelques centaines de metres au dessus de nous. Et enfin, arrivons a Aguas Calientes. Enfin... Ce village nous apparait assez desagreable au debut. De grands hotels partout, genre station de ski. Des rabbateurs de restau qui nous proposent des hamburgers et des happys hours a prix d´or. Soulant. Surtout que les prix de tout (bus, bouffe, sources chaudes, entree au site) ont doubles depuis la derniere visite du routard du guide. Le nom du village a change en Machu Picchu Pueblo, et bordel, je ne veux pas de hamburgers. Les sources sont neanmoins agreables apres deux jours de voyage...

Le lendemain, nous partons tot vers le Machu. Et sous la pluie et le brouillard. Apres l´entree du site, nous cheminons dans le brouillard. Nous marchons, marchons, marchons. A bout d´une centaine de personnes portant deux batons, un kway fluo et parlant anglais, rencontree en sens inverse, nous finissons par nous poser des questions. Est ce que c´est normal? Renseignement pris, non, ceci est bien le chemin de l´inca et nous nous eloignons du Machu. Entre deux nuages, nous en avons la confirmation : nous sommes des buses.

Nous suivons donc la file des chemineurs de l´Inca (une autoroute), et arrivons enfin sur le site. Ca envoie du mégalithe.

Et nous sommes bien trempés.

Je découvre que mon impermeable ne l´est pas du tout. Bonheur...

Pour se rechauffer, nous montons au Wayna Picchu, la montagne au fond des ruines (la grande).

La vue sur les ruines et sur la vallee est terrible. Et l´idee de construire une ville sur cette crete parait vraiment incongrue. Fallait aimer la difficulte...

Quand nous redescendons, le soleil est revenu. Et les bus de touristes sont arrivés. C´est frustrant de partager cet endroit avec des centaines de quidams...

Notre version de la photo la plus prise au monde :

 vous pourrez jouer au jeu des 46 differences en comparant avec la photo un peu plus haut.


Nous repartons (en trouvant le raccourci bien trop tard). Et nous ne restons pas une minute de plus a Machu Picchu pueblo. Cette fois, nous preferons rentrer en train a un dollar le kilometre. Les derrumbles, ca suffit.

Sur la route qui nous ramene a Cuzco, nous passons par Chinchero, un village qui envoie de la terrasse.


Apres cette jolie expedition dans les Andes et dans la selva, nous nous reposerons un peu a Cuzco, avant de prendre la route du Lac Titicaca.

Par Fernand - Publié dans : fernando
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