Images aléatoires

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Origine controlée

Une carte avec toi dessus
Geo Visitors Map

Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /2006 18:19

Mercredi dernier, jour de la Saint Fiacre, Aloys a débarqué a Guelph. Après avoir travaillé tout l'été en Provence sur des chantiers routiers et a conduire des rouleaux compresseurs, mon collègue de prépa a converti le fruit de son travail en un billet d'avion.

Ses premiers pas dans Guelph le laisse perplexe. Je me rend compte que je me suis plutot habitué a cette non ville de lotissements et de magasins-hangars, car cela ne me choque plus trop. Un fast food pas cher, un pichet de bière, et nous rentrons - une fois que ma proprio est au lit et que nous sommes sur de ne pas la croiser.

jeudi 30

Le lendemain, j'expédie vite ma journee de boulot et la compresse au maximum, et nous allons passer le reste de la journée a Toronto. Dans le bus, je me retrouve entre un jeune acteur et une mamie, ultra bavards, et qui pratiquent le sport national canadien : casser du sucre sur le dos des Americains.
Ce n'est que la 8ième fois que j'entends des Canadiens raconter que beaucoup d'Americains qui vont a l'etranger achetent des kits "comment se faire passer pour un Canadien", avec expressions canadiennes, entrainement a la politesse, et drapeau a la feuille d'érable a coudre sur le sac. Enfin, beaucoup, facon de parler : beaucoup des 65% d'entre eux qui savent que le Canada est un pays indépendant des Etats Unis... Je comprends que ca puisse etre enervant.

A Toronto, nous hesitons quand au week end : nous n'avons pas de nouvelles d'Astrid. Astrid, c'est une collegue de prépa, bien que de la classe honnie (ces voyoux de prepa EC). Et en l'occurence, elle va faire un stage a l'ONU. Alors, allons nous a NY quand meme, ou allons nous trekker au hasard pres du Lac Huron ? Nous n'arrivons pas a décider.
Nous entreprenons d'aller voir la ville d'en haut, par la solution économique. Nous entrons dans le ScotiaBank Building, le deuxieme plus haut de la ville (et du Canada) : 280 m. Nous detonnons pas mal au milieu des businessmen tirés a quatre epingles, mais personne ne nous arrete et nous prenons l'ascenseur, direction le 68ième étage. L'ascenseur fait peur, avec des paliers intermediaires et son tremblement, mais nous arrivons en haut. Une secrétaire joviale ne se fait pas prier pour nous amener dans la salle de conférence, ou une réunion de grands pontes vient de se terminer. Les restes du repas en disent long sur la "canadianité". La Scotiabank est une des plus grandes banques au monde... et sur la table trainent une grande quantité de canettes de coca. Inculture culinaire ou humilité, chacun fait son choix.
Quand a nous, nous nous collons aux baies vitrées : la vue est époustouflante. Les immeubles alentours semblent ridicules, les gens ont la taille de fourmis, et l'on voie meme l'autre rive du Lac Ontario. Je n'ai aucune photo pour prouver ce que dis, suite a un formatage accidentel... Mais je le pourrai quand Aloys me filera les photos.
Le moment est bon, tres bon! Mais il a une fin et nous retournons dans les rues.
Nous arrivons in-extremis a joindre Astrid, qui decollera pour NY quelques heures plus tard, et décidons de la rejoindre. Nous testons quelques bars et bieres locales avant de prendre un bus de nuit pour New York.

Le chauffeur a 80 ans et l'air sénile, ca rassure. Nous arrivons a 2h du mat' a la frontière. Le passage durera longtemps, dans les deux heures, et on s'en serait bien passé. Il me faut évidemment jurer que je n'ai pas participé aux activités du IIIeme Reich, que je ne commets pas de génocide, que je ne suis pas revendeur de drogues et que je n'enleve pas des enfants américains le week end (entres autres). Il faut aussi preciser l'adresse du lieu ou je logerai a NY (et mentir, puisque je ne le sais pas du tout). Payer 6 dollars pour franchir la frontiere. Et enfin, poser l'index droit et l'index gauche sur un scanner, et regarder une caméra fixement pendant qu'elle analyse les traits de mon visage. J'ai connu des passages de frontière plus sympathiques.
Nous remontons dans le bus. La, deux gothiques ont pris nos places pour se rapprocher de leurs copines, alors nous nous installons ailleurs et nous faisons réprimander par l'ancien occupante, en lui expliquant que nous n'y pouvons rien. Et ca part. Une fille au look de rappeuse s'en mele, prend les gothiques a parti. Lesquelles ne répondent pas... Pour finir, la rappeuse crie qu'elle va leur blaster la tete. Wouhou, super l'ambiance! Bienvenue au pays de Dieu.

vendredi 1 septembre

Apres deux arrets fast-food pour manger (regarder les gens manger des burgers au ptit dej', en fait), c'est l'arrivée a NY. Sur la route, nous avons vu un drapeau par batiment, plus des géants de temps en temps, soyons patriotes. Pas de consignes a la gare de bus, tres bien, il va falloir se farcir les sacs. Nous sortons de la gare de bus, et, deux rues plus loin, arrivons a Times Square.

Sacré bordel...  Aloys et moi, un peu perdus, ne savons pas ou aller. Nous avons nos sacs sur le dos et nulle part ou aller, car nous n'avons pas d'hotel, Astrid n'est pas encore arrivée (et elle n'a pas de logement). Et autour de nous, il y a des milliers de gens (les trottoirs débordent), qui eux, ont plein de choses a faire. La marée humaine nous donne une impression étrange.
Nous essayons, en vain, de résoudre nos problemes. Il n'y a aucune consigne dans le New York post 9-11.  Les hotels et les auberges de jeunesse pas chers sont tous pleins. C'est la teuf. Accessoirement, nos recherches nous amenent a l'ONU, au Chrysler Building et a Grand Central Station...

En plus, je me rends compte que j'ai oublié ma tente sur le porte bagage de mon vélo au moment de partir de Guelph. Ma tente de raid est donc toute seule devant l'entree de la fac. J'envoie un mail a Carrie et Ofelia, au cas ou elle y soit encore... Quelques heures plus tard, elles me repondent qu'elles ont ma tente. Vive le Canada, faut croire que parmi les 5000 etudiants presents ce vendredi, il n'y avait que des honnetes gens.

Nous nous posons devant la bibliotheque. Des tables et des chaises, sous les arbres, nous offrent une pause appreciée au milieu du tumulte. Astrid nous y rejoint avec Anne Claire, une fille qu'elle a rencontré dans l'avion. Elle semble impatiente de s'en debarasser... Ce qui sera fait peu de temps après (Astrid, elle fait pas dans l'humanitaire). Thibault, du meme avion, arrive plus tard. Thibault, c'est un etudiant paleontologue parisien, qui vient passer 10 jours a NY pour faire du tourisme et prendre des contacts. Quelqu'un de tres bonne compagnie, d'ailleurs, avec qui nous allons passer une bonne partie du reste du sejour. Il veut bien nous aider, ma sa chambre de 4 metres carres n'hebergera que les valises d'Astrid (pour le moment).

Le soir tombe, nous faisons le tour des hotels, avec l'idee de prendre une chambre pour un ou deux, et l'occuper a trois. Nous envoyons un message sur la mailing list des stagiaire de l'ONU, au cas ou un bon samaritain veuille preter un bout de parquet...
Pour ce soir, nous trouvons un spot, a un bon prix pour Manhattan, mais largement au dessus de nos prix pour repeter la demarche trois nuits d'affilee. Une pizza a un prix démoniaquement bas, comme a midi, et comme la plupart des prochains repas. Les dizaines d'ecrans de tele dans le restau montrent les images d'Ernesto, la tempete tropicale qui a amusé le sud des USA et qui nous arrive dessus. Et nous rentrons a l'hotel en grugeant avec soin.

samedi 2

La nuit passe, malgré le fait que le pile ou face m'aie fait dormir par terre, et qu'a NY, le klaxon est utilisé sans aucune mesure.

Au reveil, nous pouvons voir NY sous la tempete. Le projet est d'aller a pied au bout de l'ile, vers le quartier financier, afin de voir le maximum. Ca fait des kilometres, il pleut a verse, mais le moral est au beau fixe.
Astrid n'arrive pas a retrouver l'hotel de Thibault pour que nous posions nos sacs. Le moral retourne au beau fixe apres un petit dej frugal sous l'Empire State Building.

NB : les quelques photos suivantes ne sont pas les miennes; elles ont ete sauvagement volées mais s'approchent de ce que j'ai vu.

La fleche disparait dans les nuages..

(photo NRC.nl)

Plus loin, le Flatiron Building, avec sa forme triangulaire, est une image récurrente de NY... mais je ne m'en lasse pas... Ce fut le plus haut immeuble de la ville, en son temps.

 

 (photo Makinglight)

Puis, nous trainons dans les quartiers de Soho et Chelsea. De temps en temps, nous nous preocupons du logement. Nous n'arrivons pas a joindre les quelques connaissances d'Astrid. Nous decidons d'arreter de nous inquieter, advienne que pourra.

Nous arrivons au centre ville, et le Pont de Brooklyn nous appelle. Au debut du pont, je formate malencontreusement ma carte memoire. La bonne nouvelle, c'est que a partir de maintenant, il y a des photos pour illustrer mes propos et qu'il y en a plein d'autres dans l'album NY.

On fait pas trop les malins, avec le vent et la pluie... Mais la vue sur le quartier financier en vaut la peine.

Au loin, les grattes ciel de Midtown sont dans la brumes..

Nous allons ensuite voir Wall Street. La facade disparait derriere un drapeau. Georges Washington regarde la scene...

Nos pas nous menent ensuite dans les plus vieilles rues de NY, ce qui fut la Nouvelle Amsterdam.
Au bout de l'ile, nous arrivons devant l'embarcadere du ferry de Staten Island.

Minute geographie : il y a 5 quartiers a New York : l'ile de Manhattan, le centre ville. Brooklyn (a lui tout seul, ce quartier serait la 4eme ville americaine). Le Bronx, autrefois mal famé. Le Queens et Staten Island, qui sont plutot residentiels.

De ma premiere venue a NY, avec mes parents il y a 6 ans, j'avais entre autres retenu que ce ferry etait pas cher et passait pres de la statue de la Liberté.  Desormais, il est gratuit, et il passe toujours aussi pres.

Nous arrivons a Staten Island. A ce moment, Astrid veut voir la mer... Nous allons donc voir Staten Island. Astrid releve sa boite mail, deux personnes peuvent nous heberger : Valentine, une stagiaire de l'ONU qu'elle a deja rencontree, et Rafael, un espagnol. Avec Aloys, nous allons voir un hotel. Devant, des especes de gansta nous interpellent pour savoir ce qu'on veut, apparamment on les fait rire. Dedans, les tarifs precisent que l'on peut avoir des chambres pour une courte durée (4 heures maxi). Pour des durées un peu plus catholiques, les prix défient toute concurence. Nous ne nous faisons pas d'illusions quand a la moralité des lieux, mais si nous n'avons rien d'autre, ce sera parfait.

Un repas fast food, et nous voila en route vers la plage.

L'examen de la carte me revele que la plage est extremement loin, et les locaux me donnent raison. Je convaint mes amis de prendre un vehicule a moteur quelconque pour y aller. Nous attendons le bus, mais Astrid pretend pouvoir se faire prendre en stop.

Mission complete, un 4x4 s'arrete et nous prend tout les trois. Le type dedans, un businessman black (probablement Cajun) rigole beaucoup. D'un, il ne peut se souvenir avoir vu des autostoppeurs a NY. De deux, aller a la plage pendant une tempete tropicale, ca ne lui semble pas la chose la plus évidente. 10 minutes plus tard, il nous depose a notre objectif en nous conseillant de faire attention.

La mer est dechainee, les gardes cotes ont fermé la plage et patrouillent pour faire respecteur la chose. La promenade en planche est deserte.

Au retour, Astrid recommence l'exploit de convaincre quelqu'un de prendre trois routards trempés et chargés dans sa voiture. Le type qui nous prend dans sa Cadillac propose de nous amener a Manhattan, puisqu'il y va. Tres bien! Cet homme, un businessman italien, est fort sympathique et il a des choses a raconter. Né a Naples, arrivé jeune ici, il a fait carriere dans l'import export de crevettes. Aloys se risque a une discussion technique... vite abandonee. Puisque nous allons a Ground Zero (l'emplacement des anciennes Twin Towers), la discussion devie sur le 11 septembre, qui a emporté plusieurs de ses connaissances. Et il nous cite, en y croyant fermement, ce prophete grec (Nostradamus, en fait...) pour qui la premiere decenie du Millenaire sera sanglante. Pour finir, il nous offre un tas d'aimants pour voiture pacifistes - un truc qu'il essaie de lancer avec un de ses copains. Sympa..

Et nous sommes donc a Ground Zero. L'endroit prend aux tripes. C'est un gigantesque chantier, il n'y a plus aucune trace de ce qui fut ici, si ce n'est les panneaux noirs listant les noms des victimes, et les murs de chantiers, recouverts de photos et de mots. Certains de ces mots sont moins pacifiques que les autres et crient a la vengeance, mais ils sont rares.

Le chantier du futur World Trade Center est en cours. Une des tours, parallepipedique, est deja terminee. Quand a la Freedom Tower, un projet impressionnant, elle sera achevee dans 4 ans.

Du World Financial Center, a cote, des baies vitrees regardent le trou.

A l'interieur, un jardin d'hiver avec des vrais palmiers étonne un peu par sa presence. La classe, américaine, si j'ose dire. Tout est possible, ici...

Nous retrouvons Thibault et deux de ses amies. Maria, une grande Suisse blonde, dont l'acoutrement est aussi classe que nous sommes pouilleux... Isabella, une petite Parisianno-Italienne sympa et boostee. Nous allons boire un truc chaud. Quand Isabella nous questionne sur la province ("Mais, comment vous faites, vous allez pas faire vous etudes a Paris???"), le drame est evité de justesse. Tout se passe bien ensuite et le moment est agreable... Une sortie dans Chelsea, le quartier branche de Manhattan, est decidee pour le soir.

Chez thibault, nous posons enfin nous sacs et nous parvenons a joindre Rafael. Ouf! Il nous rejoint a l'hotel de Thibault pour la soiree. Rafael, il est sévillan, pas du tout expansif, et a l'ONU il va s'occuper d'urbanisme et d'habitat. Il est bilingue francais, apres deux ans passes a etudier chez nous, ce qui va faciliter nos affaires...

Le bar ou nous allons est tres hype et nous arrivons completement a froid. Le DJ m'etonne, il est bon, tellement qu'on pourrait assimiler ce qu'il fait a de l'art. Une semie decouverte pour moi... Passee cette surprise, je me fais copieusement chier, je ne suis pas dans l'ambiance. Des types dansent d'une facon tres interessante, mi hip-hop, mi n'importe-quoi calculé et maitrisé... La musique coupe court a toute communication orale, et ca n'ameliore pas la soiree. Mais bon, avoir vu comment ca se passe dans un endroit IN de NY, c'est quand meme interessant..

Nous allons nous coucher tard, tres tard, chez Rafael, qui habite entre le Harlem Latino et Central Park.


la suite demain : ca va parler de Central Park, de defenestration de climatiseur, de toit a Brooklyn, de fin de nuit sur la plage.... la partie la plus interessante!


Par Fernand - Publié dans : fernando
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