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Origine controlée

Une carte avec toi dessus
Geo Visitors Map

Samedi 29 juillet 2006 6 29 07 2006 22:59
La semaine s'est passee tranquillement... La routine... Les statistiques me demoralisent un peu, mais je n'abandonnerai pas.

Aujourd'hui je suis alle me promener avec deux Purpanais. Nadine, qui est venue a Niagara avec nous, et Bernard. Les deux sont stagiaires ici, Nadine en microbio, Bernard dans une entreprise de controle d'exploitations laitieres.
Ca fait plaisir de parler un peu francais, quand meme... J'ai l'impression, en anglais, d'avoir le langage simple et pauvre d'un gosse de 10 ans. Pas facile donc d'exprimer des nuances, ou de faire des blagues. J'ai bien essaye, mais le taux de reussite est extremement faible.

Nous louons une voiture, et nous voila donc partis vers St Jacob, ou se deroule parait-il un marche Amish. Les Amish, ce sont ces protestants anabaptistes qui refusent certaines formes de progres, dont l'electicite, les vehicules a moteurs,...
Nous arrivons a St Jacob ville. Devant l'eglise, comme tres souvent, une blague :
  Il y a souvent des blagues et des jeux de mots vaseux devant les eglises canadiennes. La derniere fois, j'ai vu "Not my way, not his way, but Yaweh". Moi je trouve ca amusant, je me demande si ils gagnent des adeptes avec ce genre de publicite... (NB : Dairy Queen est un genre de fast food ou sont vendus glaces, gateaux et produits lactes).

Nous trouvons le Marche. Premiere constatation : nous ne soimmes pas les seuls a avoir eu cette idee la. Le parking est bonde (on se croierait sur un parking de plage a Anglet). Hmm, pas beaucoup de charettes.

Bernard a entendu dire que le marche a bestiaux est l'endroit le plus interessant des lieux. Nous traversons une Halle, le marche aux puces, et essayons de rentrer dans la Halle aux bestiaux. C'est pas gagne. Les portes interdisent aux visiteurs de rentrer, et au niveau de l'entree principale, des groupes d'amish a l'air pas commode veillent. Il doit y avoir differentes communaute car on remarque des groupes differants par la couleur du pantalon. Tous portent par contre une chemise claire a rayure, des bretelles et un chapeau. Les hommes ne se rasent plus a partir du mariage.
Et en l'occurence, ils restent devant l'entree.

Nous nous faufillons dans une salle jouxtant le hangar.

A l'interieur, une drole de scene se deroule. Une petite tribune, sur laquelle reste un public attentif et calme. Des types en contrebas saissisent des objets sur la table (rateaux, selles,...) et les montrent au publics. Et un mec sur une estrade mene les encheres. Ou plutot, il les chante. Le debit de ses paroles est impressionant. Il doit etre tres attentifs aux mouvements du public, car je ne vois personne bouger. Et il psalmodie, rapidement, en modulant de temps en temps sa voix : "tenteneleventwelvetwelvethirteenthirteenthirteenonetwofourteenfourteenfourteenonetwothree-how many do you want?". Et ca continue. Ca sonne comme un melange de rap, pour le debit, et de country, pour les intonations geignardes et haut-perchees.
Moment mythique.

Nous passons ensuite dans le hangar a bestiaux, par une porte ouverte depuis la salle d'encheres.  Nous arrivons derriere les "gardiens" de la porte, et je peux les photographier tranquillement.

Dans les enclos du hangar, des betes heteroclites sont parquees. Ici des taureaux Hereford, la un troupeau de Holstein; ici des chevaux de traits, la des poulets (?). Les gens passent et regardent les betes avec attention.

Une femme amish est la avec ses deux gamins. Elle est habille tout en noir, avec une longue robe, et quichenotte sur la tete (c-a-d une casquette etrange).

Nous sortons d'ici, et rejoignons le marche regulier. Ici, pas d'Amish. Il y a foule, l'individu le plus represente etant l'homme en short, marcel "Texas" et queue de cheval-casquette. On vend des rateaux, des brouettes. Des bonimenteurs ebaudissent la foule avec des eponges magiques. Un type vend des couvertures "Scarface" - Tony Montana est une veritable idole ici, a en croire le nombre de tee-shirts a son efigie.
Nadine achete des choses et semble interessee par l'endroit. Avec Bernard, nous nous posons a l'ombre et mangeons des Blueberries. Ces baies sont vraiment bonnes, dommage qu'on en aie pas en France. J'en profite pour photographier la foule pour Tom. On y reconnait les phenotypes dominants : la montagne de muscle patibulaire et la femme ventrue (NDLR : l'exageration est un moyen comme un autre pour tenter d'interesser ses lecteurs)



























Une tranche de nourriture locale (pizza aux pepperoni), nous voila partis. D'abord Waterloo, dont le centre ville n'arrive pas a nous faire descendre de voiture. Puis un parc naturel, dont les panneaux nous dissuadent : "interdit au public - attention aux moustiques - restez sur les sentiers".
Plus loin, une collegue de bureau de Nadine lui a conseille de s'arreter a Woodside Park. Il s'agit ici, annoncent les panneaux, d'un haut lieu de l'histoire du Canada : la maison ou William King, 10eme premier ministre, a passe son enfance. Nous arrivons a une maison du debut du siecle, entouree d'un jardin.
Nous sommes un peu decu : nous n'y voyons rien de remarquable. Peut etre faut il connaitre William King pour etre emu par le lieu.
Nous regardons les commentaires du livre d'or, le nombre de "Amazing", "Great!!", etc, nous etonne un peu. Un commentaire sort du lot : "my house is older". C'est avec ces mots en memoire que nous repartons d'ici. Cette remarque a son lot de verite : le Canada n'a pas d'histoire. Ou alors il l'a fait disparaitre. C'est etrange, mais lorsque je marche dans Toronto ou Guelph, cette impression est vive : tout est neuf. Il n'y a pas de trace d'un passe remontant avant 1900.  Dans toutes les villes francaises, le passe est la : on sent que des gens ont vecu la depuis des siecles. Ici, non. Ca laisse une sensation etrange. Apparamment, je ne dois pas etre le seul. Quand j'ai demande a Ofelia ce qu'elle pensait du Canada, la premiere chose qu'elle a mentionne est cette absence de passe. Venant d'Europe ou d'Amerique Latine, ca surprend.

Me voila donc de retour a Guelph, apres une journee entre pieges a touristes et Amerique profonde.
Par Fernand - Publié dans : fernando
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Mercredi 26 juillet 2006 3 26 07 2006 00:50
Ce week end, l'orage et la fatigue m'empechant d'entreprendre quoi que ce soit d'autre, je suis reste "en recup". J'ai commence et fini "A year in the merde", une histoire (en grande partie fictive) d'un anglais qui s'installe en France et decouvre les francais. Ainsi ai-je appris, si l'on peut dire que nous sommes grevistes, magouilleurs, chauvins, inefficaces, mais que nous savons manger et qu'il existe chez nous des choses magiques (la Secu, les transports, les francaises,...). Et aussi que le mot anglo-saxon, en plus de ses sous-entendus negatifs (cupide, inculte et foncierement ultra-liberal), designait a l'origine une tribu barbare avec des casques a cornes.
 
Je suis parti aussi a la decouverte de l'Universite... bien m'en a pris.

Tout d'abord, les 6 etages de la Bibliotheque... Les salles sont immenses, il y a des etageres fatiguees par les livres a perte de vue. Et l' impression d'etre le seul etre vivant dans ce labyrinthe.


Vous me direz, si c'est des livres aussi pointus et illisibles que ceux que l'on trouve a la BU de l'ENSAT, il n'y a pas de quoi se rejouir... Detrompez vous, il y a aussi des livres lisibles, de la vraie litterature par exemple.
En cherchant les oeuvres d'Orwell, je suis tombe sur les archives de la societe Academique du Nivernais. Ca parle de plein de choses 100% nivernaises et je me demande encore qui est interesse par ce genre de chose a Guelph.




























Entre deux orages, je suis alle courir sur la pelouse du stade de football americain, desert. "Home of the Gryphons", peut-on lire sur le panneau d'affichage. Transpose a Toulouse, ca donnerait moins bien -- "Home of Lapinou" (mouais...). Ils ont la classe, ces Canadiens...


















Quelques cannettes de coca sont abandonnees dans les travees, achevant de donner un aspect fantomatique au lieu.




Aujourd'hui, j'ai parle un peu de mon projet a mes tuteurs. Disons le clairement, il en est au point zero : pas de sujet precis, zero donnees, zero biblio.
Il s'est, du coup, un peu precise. Je vais m'atteler a un des 4 chapitres de la these d'Ofelia sur la qualite de l'eau et l'influence des bandes arborees le long d'un ruisseau. En l'espace d'un instant, des milliers de donnees et des dizaines d'articles me sont tombees dessus, ainsi que la promesse de centaines d'heures de lecture et d'analyse statistique. Qu'il en soit ainsi...
Par Fernand - Publié dans : fernando
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Samedi 22 juillet 2006 6 22 07 2006 23:59
Une semaine de plus... Une semaine de combat contre l'AutoAnalyser, de laquelle je suis sorti perdant. J'avais beau travailler avec Ofelia, qui connait bien la machine maudite, il y avait toujours  des resultats etranges et un probleme non indentifiable. Ce n'est que partie remise, dans 2 semaines je remet ca et j'espere bien arriver a faire quelque chose...

                        des reactifs                                                                                                                des etalons



























des tubes

            des reactions, des dechets                                                                                                 et des resultats illisibles



























C'etait l'instant chimie...


Parlons un peu d'anthropologie et de canadiens...

J'ai l'impression que les Canadiens viennent d'ailleurs et particulierement d'Asie. Mon tuteur est d'origine sri lankaise, il a quitte son pays il y a 16 ans a cause de la guerilla tamoule et est arrive ici avec 200 dollars en poche. Ma proprio est d'origine chinoise, et est chercheuse a l'universite. Je travaille avec Ofelia, qui est mexicaine et compte retourner au Mexique lorsqu'elle aura son PhD (doctorat). A quarante ans passes, elle a decide de decrocher le diplome au Canada pour pouvoir progresser dans son boulot d'ingenieur forestier.
Dans mon labo d'Agroforestrie, il y a aussi des canadiens originaires du Bangladesh, du Sri Lanka, d'Inde, des Etats Unis. Les canadiens dont la famille est etablie depuis plusieurs generations existent, mais ne sont pas si nombreux.
Pas besoin d'explications : le Canada est un pays paisible, confortable, democratique et riche...
C'est encore plus notable a Toronto, qui est la premiere communaute asiatique hors d'Asie, et ou 1 habitant sur deux est ne a l'etranger. Vancouver est egalement un morceau d'Asie au Canada (ce qui est pretexte a quelques blagues repandues sur la Colombie Britannique, du genre de celle de l'artiste de rue de vendredi dernier : en anglais "one, two, three", en espagnol "uno, dos, tres", ..., en chinois "yi, er, san", en Colombie Britannique "yi, er, san",...).
Au passage, j'ai discute laicite avec une canadienne-indienne hier, le concept leur parait etrange (le mot "laicite" n'a pas de traduction anglaise). L'interdiction du voile a ete incomprise, ici ou les policiers peuvent porter le turban, ou les voiles et les pauses prieres sont tolerees dans les administrations [derniere info largement pompee dans l'article du Point que m'a envoye Stephane... ;) ].

Le Canadien paraissent en surpoids. Pas obeses, mais en surpoids. Pas les neocanadiens, en general, plutot les Canadiens de souche. Les jeunes hommes sont vraiment massifs et costauds, et avec l'age, ca a tendance a se transformer en bide tombant.
Les filles aussi ont tendance a l'embonpoint. Clairement, meme jeunes, la quasi-totalite ont du ventre. C'est extremement etonnant...
Faut dire qu'ils mangent et boivent un peu tout le temps. Sur les ordis de la bibliotheque, les gens sont quasiment tous en train de boire (coca, cafe) et de grignoter des snacks. Pour le cafe, c'est affolant, ils se baladent presque tous avec leur tasse thermos; la raison c'est que les vendeurs de cafe font payer le meme prix pour un papercup normal que pour le thermos du client (quel que soit la taille du thermos). Il parait que l'hiver, les gens tiennent en buvant du cafe tout le temps qu'ils sont dehors (dans la rue, le metro,...).
Quand a la bouffe, les restaurants sont a 95% des fast foods. Les restaurants classique avec service a table et repas dans une assiette sont peu nombreux. Faut dire que leurs fast foods sont competitifs : un menu a Burger King coute 4 dollars (3 euros), pour burger-frite-soda a volonte. D'ailleurs les restau a sandwich propose la plupart du temps de customiser le sandwich : on paye en fonction de la viande et du pain, et ensuite, le client decide quelle sauce et quels crudites les rejoignent.
Le Coca non plus est pas cher : 0.95 euros la bouteille de 0,6 L aux distributeurs de la fac et 0.75 euros les 2 litres en grande surface. L'eau est presque plus chere.
Petite parenthese, ici, l'eau, elle est bizarre. L'eau en bouteille c'est de l'eau demineralisee (non, je ne fait pas mes courses chez Canadian Tire) et ozonee (??). Aquafina, la marque de Pepsi, vend donc de l'eau du reseau d'eau potable de Toronto demineralisee par osmose inverse.
Quant a la bouffe a la maison, je n'ai pas encore d'idee precise. Apparemment, les Canadiens rafolent des vinaigrettes et autres sauces toutes pretes ('barbecue fumant' restant un grand classique), des chips et du beurre de cacahuetes. Par contre, niveau yaourt, c'est le neant. Les fromages ont tous la meme absence de gout, et des noms differents (mais ca je veux bien croire que c'est parce que le mangeur de fromage qui puent que je suis ne peut plus capter les subtilites).

Le Canadien porte volontiers une casquette et n'a pas de probleme a venir en short au boulot. J'ai vu une defense de these mardi : les 6 personnes du Jury, des pontes de la recherche a Guelph, etaient en short et en tongs...
La Canadienne aussi porte le short, de preference court, quelque soit sa masse.
Les vetements des gens, decontraction mise a part, sont quand meme tres proches de leur version francaise. Pas de mini shorts et de maillots de rugby ici, desole Thomas.

Je trouve les Canadiens sympas, mais seulement une fois qu'on leur a ete presente. Avant la presentation par quelqu'un, je suis invisible, inexistant... Les gens qui ne me connaissent pas ne me regardent pas, ne me disent pas bonjour, quand bien meme je suis dans la meme piece qu'eux, dans le meme labo. Par contre, une fois que les presentations sont faites, les gens sont gentils et prevenants, souriants.
Les commercants sont amicaux (ou hypocrites), demandant "ca va?" facilement.
Peut etre que cette proximite verbale entre les gens est du a l'absence de forme de vouvoiement en anglais.
Mais j'ai bien dit proximite verbale. Il faut croire que les gens se touchent jamais ici. Pas de poignee de main, encore moins de bises aux filles au debut de la journee. Idem pour les couples. Je n'ai pas vu un couple, et ca fait 25 jours que je suis la. Il faut croire que s'embrasser en public ne se fait pas, se tenir par la main ou par la taille non plus.

Enfin, le Canadien est sage. C'est jamais le bordel ici. La seule personne que j'ai vu faire un degat, c'etait dans le quartier des junkies a Toronto, et elle avait 4 g d'heroine par litre de sang.
Personne donc ne fait le con, crie, ou se "donne en spectacle". Meme souls, les canadiens restent stoiques. A la sortie des bars, pas de chansons, pas de joyeuses conneries. Quelques debuts de fight, et les gens rentrent sagement chez eux. Les paillardes, j'ai l'impression que ca n'existe pas trop, ou au moins que ca n'est pas repandu (ce qui expliquerait pourquoi, malgre mes efforts, personne n'a pu m'en chanter).

Voila, c'est a peu pres tout ce que j'ai en tete. Il y a peut etre une dose de jugements hatifs et faux, que je corrigerais si besoin... 

Le week end s'annonce tranquille et oisif. La semaine prochaine je fais une pause d'AutoAnalyser : je vais travailler un peu dans les champs lundi et mardi, puis faire de l'analyse.
Je vais aussi probablement reflechir a comment voler ce magnifique canard geant a cote de chez moi, des que j'aurai trouve comment le stocker et comment lui faire quitter le Canada. Car meme s'il reste desesperement silencieux, il a un certain interet a mes yeux.
Par Fernand - Publié dans : fernando
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Lundi 17 juillet 2006 1 17 07 2006 23:04

Finalement, je n'ai pas pu m'incruster dans l'equipe qui est parti aujourd'hui dans la foret boreale. Je n'ai pas dit mon dernier mot, et je vais batailler pour y aller en Aout...

Vendredi soir, j'ai pris un bus pour Toronto avec Julie et nous avons rejoint Nathan a la gare routiere. Nous allons a Union Station prendre des photos d'un stand de hot-dogs un peu moins banal que les milliers d'autres que l'on croise au fil des rues...

(avis aux ex-internes barthousiens : Arthur avait exactement la meme photo sur son bureau)

...et nous y retrouvons Stephane, un copain PVTiste (cf mardi 04/07).

Apres une promenade sur le front de lac, et un repas tranquilles, Stephane nous amene au Madison. Le Madison est un bar etonnant. Trois maisons cote a cote ont ete reliees et amenage en bar. Du coup, on y trouve des centaines de personnes. On se perd dans le bar tant il y a d'escaliers, de pieces, de patios... Tres amusant. Nous y buvons une pinte et allons nous coucher : il est deja tard et la journee du lendemain promettait d'etre longue.

Et longue, elle le fut. Apres un reveil aux aurores, nous allons dejeuner dans un Tim Hortons. Les Tim Hortons, c'est une chaine de coffee shops, et aussi bien plus que ca : une institution, voire meme un element fondateur de la nation canadienne (et j'exagere a peine). C'est tres simple, 400 metres dans une rue canadienne suffit pour trouver un Tim Hortons. Il y en a 3000 dans le pays, plusieurs centaines a Toronto. Les gens y passent (au comptoir ou au drive-thru) pour prendre un cafe et le boire ailleurs, au bureau ou dans la rue (notamment l'hiver). On y trouve aussi de tres bons muffins, et c'est la que Tim intervient dans mon histoire.

Une heure de Greyhound plus tard, nous sommes a Guelph Downtown pour retrouver Nadine et Toyota Matrix. La premiere est une copine de Julie, etudiante a Purpan et stagiaire a Guelph. La deuxieme est la voiture de location qui va nous amener a Niagara Falls.

Nous y allons par les petites routes. La region de Niagara est occupee par les vergers et les vignobles. J'avais entendu parler du vin de glace, la specialite de la region, produit a partir de raisins restes sur pied et maltraites par l'hiver. Nous nous arretons donc au hasard dans une Winery tres classe et degustons quelques gouttes du dit vin. Tres fruite, ultra sucre, vraiment tres bon. Et vraiment hors de prix, aussi. Nous partons et allons dans une winery moins classe. Ici, le vin de glace a des allures de vin jaune du Jura (notamment a l'odeur). Les ' vendanges tardives' sont vraiment excellentes (je repars avec une bouteille).

La route nous mene a Niagara on the Lake, qui n'a pas vraiment d'interet, sinon la quietude de son parc en bord de lac.

Nous continuons vers Niagara Falls. Nous ne passons pas vraiment dans la ville, et nous retrouvons en face du mur d'eau. Impressionnant. Je m'attendais a etre decu, ayant un peu peur du tourisme de masse... Mais j'avais tort, vraiment. La chute du fer a cheval est incroyable : une chute d'eau circulaire sur 260 degres.

 

Nous avons rendez vous au pont avec Stephane. Nathan et moi comprenons "sur le pont", et y allons. Le dit pont est la frontiere entre le Canada et les Etats Unis. Nous mettons donc 50 cents dans le tourniquet qui permet d'aller sur le pont (en ralant, car nous sommes des francais radins, et qu'un pont payant, franchement...). Stephane n'est pas sur le pont. En revenant, nous comprenons que nous avons pas ete malins en se retrouvant devant un bureau d'immigration. Il faut re-rentrer au Canada. Heureusement, nous avons nos passeport. Nous avons aussi l'air cons quand l'agent nous demande :
"- combien de temps avez vous passe aux USA ?
 - on n'y a pas ete. en fait, on est alle sur le pont... mais c'est une erreur."
On aurait eu l'air encore plus cons si on avait pas eu nos passeports, mais la, ca va, on s'en tire avec le sourire.

La ville de Niagara Falls est kitch et infame. Des neons et des hulks geants partout, du mauvais gout, du bruit, des pieges a gogo-touristes. C'est moche mais interessant.

Nous rentrons, extenues. La soiree ne s'arrete pas la. Elle continue par un gros degat avec Nat a Guelph : la maitre de stage quebecoise de Julie organise une fete chez elle. Les quebecois se foutent de notre accent (incroyable!) et de nos chaussettes blanches... je leur rend bien a base de "crisse d'estie, t'es-tu ..." (merci a ciboire.com, le generateur automatique d'insulte en quebecois). Les heures passent. Nous piegons quelques trucs dans la maison (ketchup au tabasco, notamment), j'apprends d'un croato-canadien la prononciation de l'ile de Krk, je parle espagnol avec un peruvio-canadien, et nous repartons apres une bonne soiree (ou nous avons ete les seuls a faire les cons).

Dimanche, journee a Toronto. Je fais decouvrir la ville a Nat : les beaches,

Downtown,

et Kensington Market

Kensington market est le quartier des hippys et des junkies. Il y a des friperies, des magasins etranges. Une femme dans la rue est out of control et fait un scandale. Elle hurle et se debat dans son monde interieur. Une publicite mobile contre la drogue...

Apres tant de marche et si peu d'heures de sommeil, je salue Nathan et rentre chez moi.

Aujourd'hui, j'ai fait la connaissance d'Ofelia. Mon projet est un sous-projet de sa these. Cette doctorante mexicaine est vraiment tres sympa, c'est cool de bosser pour elle. Surtout que nous parlons espagnol, et que je prefere franchement les sonorites et les intonations de cette langue... :)

Une derniere photo pour finir : je vous presente Autoanalyser II (son surnom, sur la porte, c'est SucksALot [Fait-trop-chier, en francais]). L'avenir me le dira. En tout cas, bosser au labo alors qu'il fait 40 degre dehors, c'est pas si mal...

Txou!

ps : Thomas, l'article sur le betail canadien est en cours, je commence a avoir une idee sur quelques generalites de ce peuple.

Par Fernand - Publié dans : fernando
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Mercredi 12 juillet 2006 3 12 07 2006 23:29

Yep!

Apres une semaine et demie de boulot dans les champs, je vais peux etre passer a autre chose dans mon stage.

Aujourd'hui mon projet a commence a se profiler. En vue : du travail de labo, notamment avec une machine d'analyse compliquee qui fait peur a tout le monde...  Aujour'hui j'ai donc eu un premier contact avec la notice et avec les produits chimiques que je devrais utiliser.
Un mec de l'equipe a aussi fabrique les objets qui serviront a mes prelevements d'eau dans la riviere. Ca me rappelle franchement les TIPE de prepa, d'ailleurs. On plante des piquets dans la riviere pour recueillir l'eau et faire des mesures live, et on analyse ensuite en labo les trouvailles. Ca a 4 endroits differents dans la riviere... Ici c'est le Washington Creek et pas le Beez, mais ca ressemble.

Sinon, je vais sans doute partir la semaine prochaine avec une equipe dans la foret boreale, dans le Grand Nord. Ca fait un peu peur, comme ca : des moustiques et des insectes qui me veulent du mal, 15 heures de taf par jour, les nuits sous tente... Mais quand meme, ca doit valoir le coup. Et me voila volontaire pour la mission. Je ne suis pas encore pris (l'equipe est peut etre complete), on verra demain. Sinon, ca sera en Aout.

Avant hier soir, j'ai ete achete un bouquin pour tromper l'ennui. C'est assez surprenant, tous les bouquins ont des couvertures de ouf, avec des couleurs, des dessins, des ecritures bizarre... Tout est fait pour attirer l'oeil du badaud : ici, l'apparence du bouquin est un argument de vente. Du coup, aucun bouquin n'a le meme format ou la meme conception. Ils doivent trouver ca bien triste nos sobres collections Folio ou Pocket...
Un theme sur lequel les livres abondent, c'est ... la France ! Plus precisement, les Anglais qui s'installent et qui decrivent leur immersion dans la France profonde. Comme cette Anglaise qui raconte son annee passee en Bearn... (Non mais, le 64, la France profonde...?) Je ne l'ai pas achete, mais je commence a avoir des regrets... Ca doit etre croustillant.

Bref, s'il y a quelque chose de different ici, j'ai l'impression que c'est le commerce. Les magasins, tous, sont ouverts jusqu'a 22h. Il y a quelques magasins qui sont ouverts 24/24, dont l'hypermarches et les 2 superettes a cote de chez moi. Sachant que ces magasins ne vendent pas de tise, contrairement a nos epiceries de nuit, je me demande qui peut bien acheter a bouffer a 3h du mat...

Pour finir, un petit passage d'humour canadien, trouve dans le journal de la fac...
Par Fernand - Publié dans : fernando
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