Images aléatoires

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Origine controlée

Une carte avec toi dessus
Geo Visitors Map

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Dimanche 11 mars 2007
Le week end dernier, Orianne est venu decouvrir la Republique Orientale.
Je l'accueille donc vendredi soir en arrivant en retard à la gare routiere. Le president Uruguayen, Tabare Vasquez, faisait un discours sur la plaza Independencia à coté de chez moi, pour les deux ans au pouvoir de la coalition de gauche. D'ou un joli quilombo dans les lignes de bus, detournees...
La soiree est plutot calme, puisque nous decidons de partir le lendemain aux aurores dans l'interieur.
Destination : Minas et ses montagnes. J'entends des rires. Oui, il y a des montagnes en Uruguay, en meme de quelques centaines de metres de haut. Celle qui nous interesse, c'est le Cerro Arequita et sa foret d'ombues.

Nous arrivons a donc a Minas a l'heure du dejeuner, et cela tombe bien car nous avons quelques temps a attendre avant le bus urbain qui nous amenera au Cerro. Un temps mis a profit à observer l'église et les chutes de palmes, et a deguster un asado.

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Nous arrivons au Cerro. Le coin est sauvage. A part un couple de promeneurs et des femurs de vaches, nous sommes seuls. Il faut passer sous un barbelé pour entrer.

Nous montons a travers les brousailles. Le Cerro est un espece de plateau, tres abrupt, qui domine la campagne.

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Il y a une petite ressemblance avec le Sud du Massif Central.

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Image Hosted by ImageShack.usC'est à pic et c'est vachement haut.

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L'endroit a du charme. Rien que le bruit du vent et les prés à nos pieds. Je reste un moment allongé à m'impregner du lieu.


En contrebas, une foret d'ombues. Les ombues (ou bellombra en francais) sont des arbres qui poussent dans la pampa et les prairies, solitaires. Le betail rumine sous son ombre. Les gens du coin lui vouent une certaine admiration.
Cette foret d'ombues est un peu une curiosité. Les arbres sont immenses et un peu inquietants.

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Nous marchons ensuite vers la ville. Les vaches sont curieuses, la silhouette du Cerro Arequita s'eloigne peu a peu, l'orage gronde.

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Nous decidons de nous depecher, et nous tendons le pouce. Assez vite, deux vieux nous prennent. Ils nous chambrent sur notre espagnol (les enflures!), et nous laissent à leur destination, la foire agricole. Nous finissons notre trajet avec un jeune couple.

Le soir, c'est la despedida de Julienne, ma colloc australienne. Grosse fete a la maison, l'occasion de rejouer au kaps.

Le dimanche, avant qu'Orianne ne reparte en debut d'aprem, nous bravons la pluie dans les rues de la vieille ville, pour qu'elle voit un minimum de Montevideo.


La semaine sera calme. Au taf, je suis en train de voir le bout du projet. J'ai preparé ma deuxieme et derniere sortie terrain, qui servira de verification, de mercredi ou jeudi.

Des nouvelles collocs sont arrivées : deux allemandes, Nicole et Barbara. Nous sommes donc 7 : un catalan, trois francais, trois allemandes.

J'ai ete au theatre, aussi, qui est une des passions uruguayennes. Il s'agissait d'un pestacle de cirque franco-uruguayen. Avec du bon, du moins bon, et un peu de chambrage sur Carlos Gardel.
La polemique qui marche toujours : Carlos Gardel est l'homme qui a revolutionné et fait connaitre le tango. Mais est il francais, uruguayen, argentin??
Version francaise : né à Toulouse, le petit Charles Gardès emigre en Argentine a l'age d'un an. Il se procure des faux papiers Uruguayens (ou il serait né a Tacuarembo) afin d'eviter d'etre mobilise pour la Grande Guerre et qu'on lui mette la main dessus lors d'une eventuelle tournee en France.
Version uruguayenne : il serait vraiment né a Tacuarembo. On aurait falsifié son lieu de naissance ensuite, pour permettre a sa mere adoptive, une francaise nomme Berthe Gardès, d'heriter de lui.
Version argentine : Carlos Gardel a vecu et developpe son art à Buenos Aires.
Parler de la naissance de Carlos Gardel, ca marche toujours pour animer une discussion.

Sur scene, on a reconnu 3 des types avec qui on joue au foot le lundi. Montevideo, ce grand village...

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Par la suite, je traine autour de la place Independance. Les murs, comme ceux de toute la ville, sont couverts de slogans anti-Bush. C'est a dire que le president americain viendra Vendredi et Samedi en Uruguay.

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Les slogans sont variés : Bush go home, Bush fuera de la tierra de Artigas, Yankis asesinos de America Latina... Les actions, pendant la semaine, se sont multiplies : des types d'Amnesty habilles en prisonnier de Guantanamo Bay devant l'Université, notamment.
Le journal a publie en une la photo de l'agneau que mangera Bush : "quoi d'autre pouvait manger le grand mechant loup?".

Sur les murs, beaucoup d'affiches, certaines n'hesitant pas à comparer explicitement Bush et les nazis.

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J'ai changé de chambre, aussi. J'ai pris, avec Francois ,la chambre laissee par Julienne.
Elle est plus grande, et donne sur la cour. Le soir, la lumiere jaune colore le beton.

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Finalement, George Walker est arrivé Vendredi. "Llega el emperador del mundo unipolar", titrait le journal. Le voyage concerne des accords de libre echange bilateraux.

 Il logeait au Radisson, a quelques cuadras de chez moi. A 3 pates de maison autour, perimetre de securité. Personne ne pouvait passer. Sur l'avenue 18 de julio, il y a eu une marche. Il y avait de la tension dans l'air, mais les gens que je connais qui y sont allés m'ont parle d'une manifestation tres calme.
C'est un moment social plus qu'autre chose : les gens boivent du maté, discutent, ecoutent vaguement un orateur leur parler de ce qu'aurait fait Artigas.
Un groupe plus radical, lors d'une autre marche, a demonté un Mc Do. Il fallait s'y attendre. Mais globalement, tout a ete tres calme.

Samedi, Walker est allé pecher avec Tabare Vasquez à Colonia.

Le soir, j'ai ete a une soiree dans l'autre appart d'etudiants etrangers. Deux journalistes (une bresilienne et un americain), qui etaient venus pour observer les preparations de la visite de Bush, fetaient leur depart. En plus de faire un bon repas peruvien/mexicain/uruguayen, il y a eu des discussions interessantes sur le maitre du monde. Ainsi, lors de la conference de presse, Bush a choisi deux questions preparees a l'avance et y a repondu avec un texte preparé. Il y a eu quelques autres questions non preparees auxquelles Walker a repondu tout a fait en hors sujet, en brassant quelques trucs a propos des marchés. Pour eux, c'etait net que c'etait Rice et l'entourage de Bush qui decide, et lui qui parle.

La soirée a continué sur des bases plus festives, sur la terrasse. Une de mes meilleures soirees a Montevideo.



Deux conneries pour finir :

Affiché sur un bureau de l'etat civil...

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Affiché sur une voiture...

Par Fernand - Publié dans : fernando
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Dimanche 4 mars 2007

Une des choses qui m'espante le plus avec les Latinoaméricains, c'est leur culture générale.

Déjà à Guelph, des Mexicains m'avaient donné une leçon d'histoire sur ma ville, Bayonne (ou du moins, celle qui a le meilleur rapport celebrité/distance pour expliquer d'ou je viens à quelqu'un ne venant pas du Sud-Ouest).
Une ville extremement importante dans l'histoire du Mexique, ai-je donc appris avec surprise. Napoleon Ier, ayant envahi l'Espagne, convoqua le roi Charles IV à Bayonne, dans le chateau de Marracq. Dans cette entrevue de Bayonne, il convainct Charles IV d'abdiquer (au profit du frere de Napoleon).
L'effondrement de la monarchie espagnole permet aux Mexicains (et plus generalement à l'Amerique du Sud) de hâter leur indépendance...

Dans la voiture qui nous menait à la Macana, Ricardo commence a parler du Mexique... et de l'invasion du Mexique par les Francais au XIXeme. Je palis. Je sens la lecon d'histoire mexico-française approcher. Ca ne manque pas. Je dois avouer que je sais juste que Napoleon III a envoyer quelques armees au Mexique, mais pas plus. Et surtout pas pourquoi, ni comment.
Les réponses sont ici, si ca vous interesse.

Je ne suis pas tout à fait inculte en histoire, mais décidement, à chaque fois qu'on en vient là je découvre des choses sur mon pays... Et dire qu'au Canada, j'avais du expliquer à Carrie ce qu'etait la Seconde Guerre Mondiale, qui étaient les belligérants, dans quel camp était le Canada.
On pourra toujours etre mesquin et affirmer que les programmes d'histoire, ici, couvrent les 3 derniers siecles, et non les 3 derniers millenaires.


Ces derniers temps, j'ai arrêté de lire en espagnol. Decidement, je ne suis pas assez calé pour arreter de me focaliser sur le récit, et apprecier aussi la façon de raconter. Je pille donc l'Alliance Francaise de Montevideo et sa mediatheque.

A coté de l'alliance Francaise, il y a une banque avec des pubs sur sa vitrine :

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Un joli echantillon du Castillan du coin :
- Tenés : c'est le verbe tener, au present, avec la personne vos,  qui est l'equivalent de tu. Sauf que avec vos, les verbes ne sont plus irreguliers. Tu tienes devient vos tenes. Ca pourrait venir du portugais vôce.
D'ailleurs, Vosotros n'existe pas du tout. Pour s'adresser a un groupe de gens, on dit ustedes et on utilise donc la troisieme personne du pluriel. Je vais avoir enormement de mal a reintegrer vosotros a ma grammaire.
- proyectos : à prononcer prochectos. Peut etre encore une influence portugaise/bresilienne.
- Vení : imperatif de venir, deuxieme personne du singulier. En Espagne c'est Ven. J'ai froncé maintes fois les sourcils en essayant de comprendre a quelle personne parle ma grand-mere en disant Ven aqui. La seule chose a comprendre, c'est que l'imperatif ici n'est pas le meme : on dit donc Veni aca. Car on ne dit pas aqui non plus...
Quand lors de mes premiers jours ici, on m'a demandé vos queres achuda ?, j'ai mis un certain temps a encaisser le coup.

Bizarrement, un peu plus au nord de l'Uruguay ou de l'Argentine, on ne parle pas comme ca. C'est ainsi que l'on m'a parfois demandé, lors de mon voyage avec Claire, si j'etais porteño (de Buenos Aires). Pas parce que je ramenais trop ma gueule, juste a cause de l'accent.

La culture du coin n'est pas seulement hispanique.
Elle est aussi italienne, d'ou les pizzas et les pates fraiches qu'on mange presque autant que la viande.
Francaise aussi : beaucoup d'uruguayens élevés avant la dictature parlent francais parfaitement. La langue etait obligatoire il y a un certain temps. Les jeunes, maintenant, parlent l'anglais et parfois le portugais.
Basque, enfin. Beaucoup de magasins ou de quartiers d'appellent Biarritz. Celui de la fac s'appelle même Euskalerria en souvenir du centre de loisir de la communauté basque... Il y a quelques restaurants basques et les gens jouent à la pelote basque. Par exemple à la pala sur la rambla...

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Ces ramblas, je m'y promene souvent.

De la jetée du port, que les bateaux rasent.

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J'ai pu y savoir que l'eau du Rio est un peu salée. Les Uruguayens l'appellent mar, les cartes río. Les deux à raison.

Sur les ramblas elles meme, ou le soir les gens prennent le maté et pechent.

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Je regarde toujours les murs et les pochoirs. Qu'est ce qu'on y voit ?

Des objets de consommation avec une certaine aura (combi wolskwagen, chaussures,...)

Des elements de culture américaine (Winnie l'Ourson, Charlie, Elvis, R2D2,...)

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Et des choses tres uruguayennes... Comme des bombillas (la paille a maté) ou le palais Salvo.

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Sur les murs, on voit aussi que Bush va bientot venir en Uruguay, et que les gens ne veulent pas le voir. Ou plutot, les gens qui ecrivent sur les murs. Ce qui est bizarre, c'est que c'est souvent les partis de gauche qui signent ces tags, c'est à dire les partis au pouvoir.

Ces tags anti Bush ont recouvert les tags pro Cuba, qui etaient la lors de l'anniversaire de la revolution cubaine. Ici, les gens voient le regime de Castro d'un bon oeil, alors qu'en France, on hesite pas à le comparer à Staline et à Hitler. Il faut dire que beaucoup y ont trouvé refuge sous le regime militaire. Gervasio, un copain de ma colloc australienne, y a vécu, et refuse d'en dire du mal : "On a pas le droit de dire tout ce qu'on veut sur la politique, mais tout le monde peut se soigner, faire des etudes,... C'est très différent de ce qu'on connait, et on ne peut pas appliquer nos criteres et nos valeurs pour juger ca. Il faut y aller pour comprendre". Une question de culture...


Par Fernand - Publié dans : fernando
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Dimanche 18 février 2007
J'ai eu une semaine tres peu active. Après avoir photointerpreté copieusement, dégagé les élements du relief, interpolé avec la carte des sols du pays et obtenu une carte des sols hypothetique, il ne me restait plus qu'à aller voir là bas si j'avais bon. Et accessoirement, voir la région sur laquelle je travaille depuis 2 mois et demi.
Lundi, j'ai établi des sites de vérification et un itinéraire. Mardi, j'ai fait des cartes à emmener sur place : ma carte d'hypotheses, les chemins et rivières, celle des vues aériennes, etc.. Et j'ai été au chomage technique le reste de la semaine. Vendredi, je me suis dit que ce serait bien d'aller voir mon tuteur pour savoir qui prenait le matos (au cas où). Je suis allé à la fac pour n'y trouver personne, et, puisque je n'ai toujours pas la clef du bureau, rester devant la porte. J'avoue que je n'y suis pas resté longtemps. Je suis allé me promener dans les eucalyptus du parc et dans le hangar abandonné, en contrebas des batiments. Bel endroit.

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J'ai continué à ne pas perdre ma journée en allant à l'Alliance Française. C'est assez loin de chez moi, et j'ai commencé à ressentir à peu près la même chose qu'à la Sous-Prefecture de Bayonne lorsqu'on m'a expliqué qu'il fallait, pour s'inscrire à la bibliothèque, 500 pesos et un justificatif de domicile. Vous savez, la rage et la voix qui dit "tu aurais du te renseigner avant de venir, tête de flan", au fond de celui qui s'est déplacé et à qui on demande une pièce imprévue. Heureusement, assez rapidement je me suis souvenu que je n'etais pas à Bayonne. Un sourire et une promesse d'amener un jour un justificatif, hop, l'affaire est réglée. Bon, les pesos, par contre, c'est pas optionnel...
J'ai donc passé mon après midi à lire Courrier International, le Canard, Tintin et le temple du Soleil, et prendre mon quota de bouquins en français. Ca fait du bien, un livre dans ma langue, pour une fois...

Pour en revenir à l'application des lois en Uruguay : ici, c'est freestyle. D'ailleurs, c'est plutot l'absence de règles plus que leur application qui étonne. Faire une teuf dans sa maison, toutes fenetres ouvertes, sonoriser la rue jusqu'à 8 heures du matin? Pas de problème. Les gamins qui font n'importe quoi au parc Rodó, qui coursent les canards en pédalo ou se foncent dedans? C'est possible. Faire un stage de 6 mois avec un visa de touriste qu'on renouvelle de temps en temps? Nickel. Incroyable, des fois...


Aujourd'hui, donc, sortie de terrain. A la fin de la nuit, Marcel, mon tuteur, passe me chercher chez moi. Nous passons aussi prendre Ismael, un autre étudiant qui travaille sur la même zone que moi, mais qui s'occupe de la diversification des fermes. Et enfin, Ricardo, le chef du département et specialiste en pédologie. Sur la maison de Ricardo, il y a une petite plaque dorée : Ricardo Cayssals, Ingeniero Agronomo. En Uruguay, être agronome, c'est la classe.
Et je parle pas de coquetterie, de depenser tout son argent en accessoire de mode, non, ça c'est ridicule et si vous voulez mon opinion, ça fait un peu has been. Et je vous dis ca en qualité d'homme le plus classe du monde.

Bref, nous voilà parti. La météo annonce 80 km/h de vent ou plus, et une translation du Rio de la Plata sur nos propres personnes. Mais tout va bien, j'ai le moral à bloc de pouvoir avancer d'un grand pas dans mon stage.
100 km plus loin, Florida, notre destination. Nous rentrons dans la zone à cartographier, et paf. Meme pas le temps de trouver où nous sommes. Pétage de cable.
Du cable d'embrayage plus précisement. Marcel part donc en première trouver un garage ouvert, ce qui parait mal barré lors du week end de Carnaval (4 jours ou plus), et à 8 heures du matin. Surtout dans Florida, où l'on dit qu'il n'y a personne hors de chez soi avant 22h.

Ricardo, Ismael et moi commencons donc à pied. Premiers sites. Nous sortons du sol à la terrière, pour recreer sommairement les horizons, établir les textures et les couleurs, classer le sol.
Ma carte d'hypothèse parait juste. Après tant d'opérations pour le moins hasardeuses (n'oublions pas que je fais ca pour la première fois), je suis agréablement surpris d'etre dans le vrai.
Deux cavaliers passent au galop avec 4 vaches, également au galop. J'avais rarement vu une vache courir, et jamais vu des fermiers mener leurs Prim'Holsteins au pré comme ça. Les gauchos ne sont donc pas totalement éteints.

Marcel nous rejoins assez vite avec un cable tout neuf, et une remarque interessante du garagiste : "mais comment vous pouvez aller al campo sans cable d'embrayage de rechange?"

Les points s'enchainent. Mon interpolation marche bien. Ricardo, qui a travaillé sur la carte nationale, est assez fier de sa fiabilité. C'est vrai que c'est assez puissant.

Nous passons près d'un gué, el Paso de la Arena. C'est ici qu'Artigas a passé le fleuve avec ses troupes, avant d'etre proclamé chef de la Révolution (ou quelque chose d'approchant).

Plus loin, les sols sont gravement érodés. Le coin est blindé de briquetteries artisanales, en general les paysans qui font ça pour arrondir les fins de mois. Du coup, la couche superieure du sol n'est plus là. Pas terrible pour la terre...

La pause déjeuner est assez folklo. Me rappellant mon stage au Canada ou il fallait toujours avoir un casse-croute sur soi, j'avais anticipé le truc. Mais pas mes compagnons, qui pensaient pourquoi pas sauter le repas. Les malades. Nous trouvons un magasin qui vend trois broutilles et quelques bouteilles poussiereuses. Ca sera mortadelle et crackers. Je me gave d'une tarte salée et collectivise ma baguette et mon sandwich à la charcutaille. Marcel achete une bouteille de soda, qui détend l'atmosphère. Sur la bouteille est ecrit en tout petit : en cas d'usage prolongé, consulter un médecin. Ce n'est meme pas une blague.

Ismael, qui n'est pourtant pas bien vieux, rappelle qu'il y a quelques années les gens roulaient en vélo dans le coin. Maintenant, tout le monde a une moto. Le genre de petites motos chinoises qui roulent pas mal et qui coutent quelques centaines de dollars.
D'ailleurs, un mec en moto s'arrete quand il nous voit dans son champ : "ca va?". Ricardo lui explique qu'on etudie les sols.
Le type s'ouvre un peu. Ils sont pas bien bon, les sols, par ici.
Oh, il y a pire. Ricardo lui demande s'il a mis du glyphosate.
Ouais, il y a quelques jours, ca marche bien. On dit que c'est dangereux, c'est vrai?
C'est pas terrible pour les nappes phréatiques. Et d'ailleurs, laisser le sol nu pendant trop longtemps, c'est pas tres bon non plus, lui explique Ricardo.
Le type repart, content qu'on examine son champ, et avec quelques conseils. C'est classe, un agronome au travail.
Ce ne sera pas le seul à s'interroger. La plupart des paysans, qui boivent le maté devant chez eux, nous regardent avec cet air universel du campagnard devant l'étranger en action.

A part des vaches, pas beaucoup de gros animaux. Il y a bien des dizaines d'oiseaux, des lamas dans un champ, et d'immenses araignées velues qui traversent les routes. Mais pas d'autruches, surtout.

Le plus impressionnant, ce sont les fourmis. Il existe des sentiers, des autoroutes, en rayon autour des fourmillères, et qui se voient de très loin. C'est un mini fossé, de 5 cm de profondeur, arrondi, ou rien ne pousse. C'est de la terre nue et battue. Ou passe un flux continu de fourmis, dans un sens les mandibules vides, de l'autre ramenant des morceaux de feuilles ou de trucs. Ca en fait, de l'herbe... Les gens du coin disent qu'une fourmillère bouffe autant d'herbe qu'un bovillon.

Un champ à flanc de coteaux. Le sol est tout pourri, 40 cm de terre tout au plus; et encore, c'est même pas du sol, tout juste du granit en poudre. Et pourtant, un animal a planté du mais. Tout rachitique, 1 pied vivant par mètre carré, un désastre. C'est depuis qu'on a plus besoin de travailler le sol mécaniquement. Ici, c'est pas possible. Maintenant, avec le glyphosate, on peut travailler chimiquement et avoir un sol propre. Mais pas un sol capable de faire pousser du maïs.

Un peu plus de sites. Je commence à bien comprendre la logique des paysages du coin, et quel sol se trouve où. Nous faisons le tour des points interessants plus vite que prévu, et nous rentrons à Montevideo dans l'après midi. Me voilà lessivé, lixivié même, et avec pleins de données nouvelles pour mon projet. La campagne est plutot belle, et je trouve ca bien agréable de m'y promener avec un but. Bonne, très bonne journée.


bientot une version illustrée quand j'aurais les photos d'Ismael.
Par Fernand - Publié dans : fernando
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Mercredi 14 février 2007
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"nous continuerons a être frères"

Cette affiche fait peur. Il y en a maintenant sur tous les murs de la ville...
J'espère qu'il n'y a aucun rapport mais dernièrement j'ai vu beaucoup de gens acheter des stocks de farine, de sucre et d'oignons.


Bon, et beaucoup plus sérieusement, j'ai décidé d'apporter mon gravier à la Connaissance mondiale et de créer l'article Uruguay sur la Désencyclopédie. Je sais que je ne devrais pas en être fier, mais c'était mon devoirTout dans l'article y est presque vrai et très approximativement drôle. De même pour l'encyclopédie, qui à cela a ajouté plein de morceaux de quebecois dedans.
D'ailleurs, je vous conseille d'aller voir un peu ce site. Une encyclopedie qui ose reconnaitre que "le Canard est probablement le concept le plus chargé en sens comique qui existe au Monde" ne peut etre totalement mauvaise. Parmi  les choses instructives, on pourra lire :
- Comment installer Microsoft Office 2000 en Basque
- Jésus Criss
- Légume chiant
- Canard
- Département des Landes
- Tableau périodique des élements
- Poutine
- Concours de mangeage de Hot-Dogs de l'Axe du Mal.

Voila, mon article est fini. C'est fort, vous avez mis 5 mn à le lire. Et malgré tout il vient de vous faire perdre minimum 5 jours de votre vie, soit 1440 fois plus, que vous passerez à errer sur la Désencyclopedie à lire des conneries. Bon, je vous laisse, je vais aller manger des hot-dogs avec mes potes.

Par Fernand - Publié dans : fernando
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Lundi 12 février 2007
A l'autre bout d'une nuit commencée aux Cataractes, nous voila a quelques centaines de kilometres, dans le village de San Ignacio.

Le soleil n'est pas encore levé. Une petite vieille vend des choses qui doivent etre faites avec de la farine. Ca a une forme d'anneau, ca grince sous la dent, et ca a un vague gout d'anis. Notre petit déjeuner.

Puis nous patientons devant l'entree de l'ancienne Mission Jesuite...

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Enfin, le site ouvre et nous nous ruons a l'interieur pour profiter de quelques minutes de solitude au milieu des ruines.

Car de la mission, il ne reste pas grand chose. Ce qui se trouvait la il y a 250 etait une reduction, ou les jesuites construisaient société basée sur les principes du christianisme primitif et evangeliseaient les Guarani. Ca me gene un peu de faire l'apologie de l'evangelisation, mais il faut reconnaitre que l'idee parait plus tolerable que l'esclavage pratiqué alors aux alentours, au Bresil ou en Bolivie. Enfin, la tolerabilité differe selon les personnes, puisque le Pape Clement XIV et les rois d'Espagne et du Portugal voient ces missions d'un mauvais oeil. Et expulsent les Jesuites d'Amerique.

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En face de la mission, un vendeur de sandwich (minutas) a reproduit la blague la plus repandue d'Argentine.

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L'etape d'après est choisie essentiellement au hasard. Nous comptons rentrer en Uruguay par Salto, ou se trouve un des trois ponts avec l'Argentine. Mais c'est tres loin, et nous avons un peu de temps devant nous. Plutot que de perdre la journee entiere dans le bus, nous coupons le voyage dans la ville qui se trouve a mi chemin : Santo Tomé. Une bonne occasion d'explorer un peu la Mesopotamie Argentine, c'est a dire la region entre les fleuves Uruguay et Paraná.

Nous arrivons en pleins preparatifs du Carnaval. Santo Tome est une ville sympa. Comme toutes les villes du Continent, son plan est carré et regulier. Et au centre, se trouve une place immense, dont le jardin est un peu brouillon.

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Au bout de la ville coule le Rio Uruguay. Alors que le soir tombe, nous allons nous y baigner. Plus haut, 30 gamins se disputent un ballon de foot sur un petit terrain. Trois anciens se baignent dans le fleuve.
Les rives sont rouges, tout comme l'eau. Le courant est fort. Tout en barbottant dans l'eau chaude, je surveille mes environs et les eventuels caimans.

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Le lendemain, cap au Sud, encore. Le paysage change, et une espece de savane remplace la foret.

Les autruches seraient le complement ideal du paysage. A force de regarder par la fenetre, Janny Longo! Une autruche solitaire. Puis deux qui malmenent une branche a coup de bec. Puis une petite dizaine. C'est drole, les autruches. Pour la precision taxonomique, ici ce sont des ñandus.

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Dans l'apres midi, nous arrivons a Concordia, qui est la ville argentine situe en face de Salto. Mais pas de bol, la ville est assez agitee : les habitants bloquent le pont.

Le pourquoi en quelques lignes : depuis quelques annees, l'Uruguay a autorise le groupe finlandais Botnia a constuire deux usines de pate a papier a Fray Bentos, utilisant l'eau du Rio Uruguay - qui sert de frontiere. Les habitants de Gualeguaychu, la ville argentine située de l'autre coté, sont fondamentalement contre, puisque eux n'ont rien a y gagner si ce n'est la pollution. A Fray Bentos, la promesse de 8000 emplois fait passer la pillule, parce des emplois, y en a pas tant que ca... Ce qui ne veut pas dire que les papeteries font l'unanimité en Uruguay.

Alors, les argentins regroupes en Assemblee Environnementale bloquent les ponts. Pas en continu, bien sur. Mais celui de Fray Bentos est rarement ouvert, et tous les weeks ends, on ne peut passer que la nuit. Principal effet : enerver les Uruguayens et les transformer en defenseurs des papeteries. Ca limite largement aussi les echanges : commerciaux, et touristiques, puisque les riches argentins aiment les plages uruguayennes.

Les Argentins ont trainé l'affaire devant le tribunal international de la Haye - sans succes, crois-je. La Banque Mondiale a fait un rapport pour dire que les papeteries profiteront a tout le monde et qu'il n'y aura pas de pollution. Maintenant, les argentins s'appuyent sur la mediation du Roi d'Espagne et de Mikhail Gorbatchev.

Lundi dernier, des argentins sont venus manifester sur la place Independancia. Ils ont ete recu a coups d'oeufs. L'Uruguay, qui est quand meme historiquement presque un morceau d'Argentine, se tourne de plus en plus vers le Bresil. Et la crise s'envenime.

Pour en savoir un peu plus :
- le site de l'assemblee environnementale de Gualeguaychu
- l'article du Wikipedia en espagnol


Et nous dans l'histoire? Pas de bus du week end, et le pont n'ouvre qu'a la nuit.

Nous trainons donc dans Concordia. Une dame nous renseigne, en francais... C'est qu'elle a vecu quelques temps a Paris, il y a des annees... Sympathique, en tout cas.

Concordia est interessante, mais sans plus. La plage ne fait pas tres envie, pour une fois.

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Le soir, un remis nous fait passer la frontiere. Enfin, Salto. On nous passerons un peu de temps le lendemain. La ville est comme beaucoup d'autres, avec sa place a Artigas et son architecture connue. Le port, desaffecté, est plus interessant. Des grues en ferraille et en bois, en provenance directe de Nivelles et Tubize (Belgique), pourrissent sur pied.

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Un restau aux petits prix (criteres de Montevideo) se revele etre chic et avoir un service extremement guindé, qui me donne des sueurs froides. Definitivement rustres, nous pousserons la faute de gout jusqu'a finir nos boissons, alors que les voisins laissent des demies bouteilles allegrement.


Et c'est le retour a Montevideo. Pendant notre absence a eu lieu a Montevideo un hommage a Iemanjá, la deesse de la mer. Ca passe le 2 fevrier, sur les plages bordant le quartier sud. Ce barrio a ete fonde par des esclaves noirs affranchis. Leurs traditions, comme le candombe, ont largement survecu et impregne la culture uruguayenne. La celebration de Iemanja, aussi.

Il s'agit d'offrandes a la mer, sur des petits bateaux : fleurs, bijoux, bougies, fruits. Les gens fabriquent des petits bateaux et s'avancent dans la mer pour l'offrande. Si le bateau revient au rivage, elle est refusee.
Ils creusent aussi des puits de lumiere dans le sable et se livre a des rites pas tres tres catholiques.

Les photos ont ete prise ICI et LA, normal je rappelle que je n'y etais pas et je vous livre un recit de seconde oreille.

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Puis, Claire est repartie. Le soir meme, dans les rues du quartier Sud, a eu lieu les defiles de llamadas (prononcer chamadas). Le protocole est tres strict, et toutes les troupes appliquent le meme schema.

D'abord des mecs balezes qui agitent des drapeaux compliques de 40 m carres.

Ensuite, des gens deguises (ou non) en vieux : des vieilles mamas a moults jupons, symbolisant la vie, la famille, la joie. Ensuite, des vieux avec barbe blanche et canne. Enfin, un vieux un peu plus guilleret et bedonnant, avec une valise pleine d'herbes et de sortileges, qui eloigne les mauvaises choses.

Apres, des danseuses habillees au minimum. De temps en temps il y a des travestis dans le lot.

Enfin, une centaine de percusionnistes jouant le meme rythme de candombe.

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Le secret ? La chauffe du tambour au feu de bois.

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Et aujourdhui, je suis retourne au taf. Et mes collegues etaient la...
Au debut, pour m'apprendre des nouvelles pas rejouissantes. Cette semaine etait prevue ma campagne de terrain. Mais, c'est les exams. La semaine d'apres, c'est carnaval, avec deux jours feries et 3 jours de pont. Et ensuite mon tuteur va au Paraguay. Ca m'amene dans un mois... Horreur, malheur, j'ai fait le maximum en photointerpretation, je ne peux plus rien preparer de plus pour la campagne de terrain. Je connais mes polys de pedologie par coeur. Je me voyais deja au chomage technique.
Finalement, on a trouve une solution, on y va samedi. Je suis rassuré, je me voyais repartir en vacances ;)


Vous etes arrives jusque là? Alors vous apprecierez sans doute ces menues distractions :


Vous pouvez prevoir d'ors et deja votre participation au championnat interplanetaire de Pierre feuille ciseaux, a Lausanne le 26 aout.

Vous pouvez apprendre a dechirer un annuaire, ou le cas echeant vous poser des questions sur la nature humaine

Enfin, vous pouvez tenter de sous titrer un morceau de film indien.

Vous voila beaucoup plus riche culturellement grace a ces liens. De rien.


Portez vous bien.
Par Fernand - Publié dans : fernando
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