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Origine controlée

Une carte avec toi dessus
Geo Visitors Map

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Dimanche 17 septembre 2006

Me voila en train de passer mes derniers jours a Guelph, Ontario. Désolé, pas de trucs de ouf cette fois-ci, cet article transcrira ce que je vis 90% du temps : la routine.


La faculté s'est rempli de gens. C'est la rentrée. Les premiers jours, il y a eu des "open crackers - open café" le soir dans une salle, et des gens qui te sautait dessus pour faire connaissance. Bien que super protocolaire, c'était plutot sympa. Depuis lundi, les choses ont commencé a s'énerver un peu.


Lundi, comme tous les ans, les étudiants de l'Université ont battu un record du monde a la con. A Guelph, cette tradition a 10 ans. Je ne sais pas d'ou c'est parti, mais chaque université du Southwestern Ontario (Waterloo, London, Kitchener...) bat un record lors de l'intégration.

Il y a quelques annees, les etudiants de Guelph avaient battu le record du plus grand tapis roulant humain ou meme celui du nombre de gens utilisant le langage des signes en meme temps.
Cette année, le record battu a été celui du nombre de gens faisant un "high five" en meme temps. "High five" ? Explication : c'est le fait de se taper dans la main, bras tendu, au dessus des épaules, en signe de satisfaction et de remerciement mutuel. C'est un geste vraiment tres canadien (ou nord-americain, meme). Combien de fois mes collegues de champ m'ont gratifié d'un High Five a la fin du desherbement d'une parcelle!!
Si vous voyez pas, cette image du record, ou celle-ci tirée du folklore capitaliste, vous montreront le geste :












Bref, le record de tapage de main revient a l'Université, et ca ne m'étonne pas trop...

Ces deux derniers jours, apres deux jours de ventes de posters, le hall du batiment principal de la Fac' était dédié aux clubs. Les assoc' et clubs de la fac se présentaient donc, chacun a un stand, et essayait de recruter. Les activités des clubs etaient tres homogènes : soit c'etaient des clubs humanitaires (aller combattre la pauvreté et le sida en Afrique de l'est / en Asie / ...), soit c'etait des clubs religieux.

Enfin, l'ambiance devient "sportive". Les bus de la ville de Guelph portent des grandes peintures a la gloire des stars des equipes de l'université. On peut donc y voir la gueule du Quaterback de l'equipe de football americain, ou celle du gardien de l'equipe de hockey... Etonnant.

Il y a aussi des gens qui militent pour la réduction des frais universitaires (et ouais, ca tourne dans les 25.000 dollars par an) ou qui recrutent pour le club de ski. Les ingénieurs, tous habillés avec un teeshirt bleu et avec une crete pour les gars, qui défilent en chantant le nom de leur école dans la fac. Et le célèbre canon, "old Jeremiah", qui est peint toute les nuits.

Bref, il se passe des choses dans la fac'. Pour moi, toujours la routine...

Je me lève le plus tard possible. Je prends mon velo, je traverse le lotissement communautaire a loyer modéré. Je passe derriere le centre commercial.
Tous les matins, une femme corpulente fume une clope dans sa voiture, un café a la main. J'imagine qu'elle fait semblant d'avoir un boulot et qu'elle fait passer sa matinée comme ca.
Puis je passe devant les magasins et les fast food. Effet de la rentrée ? Deux nouveaux fasts-food s'y installent (malgré le fait qu'il y ait un Mc Do, un Burger King, un Dairy Queen, un KFC, un NY Fries et un Subway en 200 metres) et recrutent du personnel.

Un peu de route, ou les 4X4 et les pick-ups me frolent et me font penser que Guelph est le pire endroit ou j'ai jamais fait du vélo. La caserne des pompiers, toujours en alerte, le giga-camion pret a partir. Puis l'immeuble du gouvernement, ou les lundis et mercredis sont chomés.

Et c'est le boulot. Selon l'envie (la mienne, et celle du spectrophotometre), je fais des analyses ou je tue le temps sur un ordi en faisant des graphes et en allant sur Internet. Le déjeuner dans le jardin du batiment seul (la plupart des collègues mangent en travaillant).
Mardi, alors je formais mon tuteur a l'utilisation du spectrophotometre, il a eu l'idee de passer outre l'interdiction "do NOT adjust" sur la valve de la bouteille d'air comprimé et mes conseils... déreglant irremediablement l'entrée d'air. Depuis, evidemment, ca ne marche plus, alors je m'occupe sur l'ordi.
Les soirées ne sont pas plus sociables (les canadiens anglophones n'ont pas le meme sens de l'amitie que nous), mais passent mieux. J'aurais appris l'anglais, ici, mais aussi la solitude, puisque je ne m'ennuie pas souvent. Béni soit Guttenberg.


Je traine dans Guelph, aussi. Dans le centre, ou un tag m'interpelle enormement :

La rue "old Quebec", le spot romantique de la ville... C'est en fait une rue couverte, avec un centre commercial, ou les magasins sont branchouilles et avec des noms francais. Decidement, le Quebec et l'Europe, ca les fait rever.


Dans la fac, aussi. Hier j'ai fait quelques photos nocturnes. J'aime la facon dont les couleurs sont vivifiées.






Mais la routine morne de Guelph va bientot cesser...! Vendredi, mon sac sur le dos, je prendrai le Greyhound et je me casserai a Toronto. J'irai probablement voir le concert de Bad Religion et des Dropkicks Murphys, en centre ville, qui me rappellera le temps ou je ne comptais pas les kilometres pour aller voir des concerts punks. Une nuit a l'aéroport, et je décollerai pour Edmonton, dans les Prairies. Je retrouverai Claire (la petite et la grande) a Jasper, au debut des Rocheuses, pour une semaine de road trip vers Vancouver.
Je passerai la semaine suivante sur Vancouver Island avec Claire.


Et je partirai le 9 octobre pour Lima et un mois et demi de vadrouille!

 


D'ici la, les jours passent, les Greyhounds filent vers Toronto... j'attends mon tour.





En relisant l'article de NY, je me suis rendu compte que je n'ai pas du tout parlé de la difference entre les States et le Canada. Pourtant, c'est enorme, alors... c'est parti :

Aux Etats-Unis, le climat n'est pas serein. Le bussinesman de la crevette qui nous a pris en stop, par exemple, avait une peur bleue de ce qui pouvait lui arriver, ou qu'il soit a New York...
Dans le metro, dans la rue, des affiches annoncent "if you see something, say something", et demandent aux gens d'etre suspicieux envers tout ce qui n'est pas prévu. Cela a sans doute une influence dans la politesse et l'ouverture des gens envers les inconnus.

Les Mexicains sont des branleurs. Evidemment, c'est pas moi qui le dit ou meme qui le pense, c'est un papier du gouvernement. Plus precisement le "bon de sortie du territoire" emis par l'immigration, et qui est a remettre "aux autorités canadiennes a la frontiere du Canada, aux autorités étatsuniennes a la frontière du Mexique". Confiants. D'ailleurs, a la frontiere canadiennes, les douaniers n'etaient pas tres interesses par ces bons de sortie, puisqu'ils ne les prenaient pas. Pensant a une erreur, je suis retourné voir le douanier, qui n'a pas eu l'air tres concerné. On verra si je suis interdit de séjour aux States...

NY est latino. Et les entreprises en tiennent compte : la moitie des pubs sont bilingues, voire entierement en espagnol. Je me rappelle d'un pronostic, a un repas de famille, de quelqu'un qui affirmait que l'espagnol allait devenir une langue officielle aux States, qui m'avait laissé songeur. C'est peut etre plus pres de la vérité que de l'erreur.

Katrina. Un an après, on parle encore parle de l'ouragan. Au Canada, ou j'ai entendu plein de gens convaincu que Bush n'a pas évacué la population pauvre et noire de la Nouvelle Orleans, parce qu'ils n'etaient pas "economiquement utiles", voire par racisme. Aux States aussi, ou lors des rares moments ou nous avons allumé la télé chez Thibaud, nous avons pu voir des emissions consacrées au desastre. Avec des chaines conservatrices, qui defendaient Bush et tenaient un discours "ca peut arriver", notamment.

Les gens sont surveillés. Dans la rue, il y a une caméra de surveillance tous les 5 mètres. Personnellement, ca m'oppresse plus que ca ne me rassure.

La pauvreté. A NY elle s'affiche. Je n'ai jamais vu autant de gens dormir dans la rue. Pres d'Union Square, c'est hallucinant. A Toronto ou a Guelph, j'ai peut etre vu un clochard en 3 mois. Mais je ne sais pas si les Canadiens cachent leur pauvres ou si tout le monde a le minimum pour vivre...

En fait, comparé aux States, le Canada ressemble vraiment a la caricature qu'on en voit dans les trucs americains (comme South Park) : les gens sont polis, la societe est juste, ♪ paix, amour, liberté et fleurs ♫, en quelque sorte. Et c'est pas si faux... la societe canadienne me parait vraiment harmonieuse.... bien que très surveillée, conformiste et sans un gramme de folie, mais c'est un autre débat (qui doit rassurer les agents de l'immigration canadienne quand a ma volonté de rester vivre ici).


Par Fernand - Publié dans : fernando
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Vendredi 8 septembre 2006

Dimanche 3 septembre

Aloys, Astrid et moi dormons donc chez Rafael, qui est dans un appart en colloc avec une connaissance portoricaine. L'appart est assez classe. Nous nous reveillons lorsque Thibault sonne a la porte, au milieu de la matinée, afin d'aller se promener.

Dormir a trois dans un salon, ca doit sentir. C'est du moins ce a quoi pensait Astrid lorsqu'elle s'est dirigée vers la fenetre et qu'elle a commencé a l'ouvrir... BAM - BAAAAM. Le climatiseur a subi une translation plutot brutale de deux étages. Constatation des causes et des effets : le boitier tenait parce que le battant de la fenetre a guillotine appuyait dessus. Le boitier se trouve donc sur un avant toit, visiblement fracassé, et a trois etages du sol...

Une partie de la matinee est donc occupee a le recuperer.  Rafael, comme toujours, reste calme voire inexpressif. Pourtant, c'est quand meme une grosse boulette.

Nous partons ensuite pour Central Parc. Le quartier de Rafael est un quartier latino. Tout est en espagnol. D'ailleurs, dans NY, une bonne moitie des pubs est ecrite dans cette langue. Il faut dire que la communauté latino, tres nombreuse a en croire les noms des gens et les conversations entendues, ne se reduit pas a ce quartier.

Arrives dans Central Park, la premiere impression est "Pfiou, y a du monde". On se croirait sur une course a pied tellement il y a de gens!!

 Il y a un giga lac artificiel, les chemins sont tous goudronnes, c'est un parc bizarre.

Aloys, Rafael et Thibault

Le Parc est interessant, mais sans plus.... Nous tombons ensuite sur la fete du Bresil, qui me parait plutot etre la fete du Kebab et des stands a la con. Aloys se fait embarquer pour un test sur le Stress gratuit. Il n'a pas remarqué que ces gens etaient des scientologues, et il a l'air vite submergé par l'ennui.

Plus tard, nous donnons rendez vous a Valentine, la copine d'Astrid qui va nous heberger. Puisqu'on va au Rockfeller Center, je soumet l'idee de se retrouver a l'entree de la celebre "patinoire". Ce sera ma seconde grande idee du week end. La patinoire, l'ete, se transforme en terrasse, et le Rockfeller Center est au moins aussi bondée que Times Square. Le Rockfeller center, c'est plein d'immeubles des annees 20 (ou par la), dont un tres haut et tres classe.

Nous la retrouvons finalement. C'est une grande parisienne assez distinguee - Astrid va vraiment devoir arreter de dire du mal des Parisiens en leur presence. Nous allons manger un truc fort bon, avec des vrais couverts et tout, dans le quartier de Hell's Kitchen.

Valentine nous quitte, nous la retrouverons cette nuit pour aller dormir chez elle. Nous, nous allons acheter un pack de Bud. Puis, chez Thibal, nous prevoyons la soiree. Isabella nous invite chez elle, a Brooklyn, pour un apero sur son toit. Projet aussitot validé.

Nous partons sans manger, et, a 5, prenons un taxi. Lequel nous depose a Brooklyn, sous le Williamsburg Bridge. Brooklyn, c'est amusant. Pas au sens commun : c'est mal eclaire, les batiments sont sacrement delabres... Dans les rues desertes, il y a de temps en temps deux voitures arretees, et des gars qui s'activent autour du coffre...
Un bulldozer pourrit sur un trottoir, apparemment depuis un certain nombre d'annees.
Le pont surplombe tout le quartier. Le bruit des voitures et, surtout, du metro sonorisent le quartier a merveille.

Sous le pont, la vue sur Manhattan est mythique

 Soudainement, le quartier change. Pas les immeubles delabres, non, mais la population. On est arrivé dans le quartier des Hassidim, les juifs ultra-orthodoxes, avec leur chapeau, leur grande veste, leur barbe et leurs frisettes...

Nous arrivons en bas de l'immeuble designé. C'est un espece d'entrepot, en beton brut, et avec des fenetres "d'usine". Astrid s'ecrie qu'elle ne pourrait pas habiter la! Moi, je n'en serai pas si sur...

L'ascenseur me parait plus proche du monte charge que de l'ascenseur traditonnel, je me met les 10 etages a pied. Dedans, du beton brut partout. Il y a quelques graffitis pour egayer la chose... Quand il y a eu un jour de la peinture, la crasse et les craquellements empeche de donner un air propre.

L'appart d'Isabella a ete celui d'une artiste. Ca doit d'ailleurs etre le seul de l'immeuble qui a cessé de l'etre. C'est un appartement "open space" : il n'y a pas de cloisons. Tres tendance. Mais ca amene a des choses etrange : la baignoire au milieu du salon, des simples rideaux pour separer les 3 chambres...  Le troisieme colloc n'est pas la, il bosse assez tard pour finir son projet. Lequel n'est pas un petit projet, puisque le monsieur est un des architectes de la future Freedom Tower (le nouveau World Trade Center), et que la presentation du projet se fera le mardi suivant...

Et une vue sur Manhattan indescriptible.

Nous squattons la fin des pates d'Isabella, et nous montons sur le toit. Je ne commente plus.


C'est un moment assez unique...

Je suis le dernier a partir, les autres ayant envie d'aller voir les bars de Brooklyn. Ok, allons y. Les rues de Brooklyn, ou du moins de ce quartier (Bedford), sont encore plus bordelliques et 'sales' que les rues de Manhattan. Cette décadence a paradoxalement fait de Brooklyn un quartier a la mode.

Apres un premier bar a la vitesse de l'eclair (malgre un tres bon groupe), nous nous fixons au Galapagos bar & Art space. L'assistance est assez heteroclite, meme si le denominateur commun semble "artiste underground et en vogue". Un excellent groupe de post-rock-electro bizarre, Sweet Electra, anime les lieux.. A mi chemin de Radiohead et d'At the drive-in, c'est tres bon, voire meme, ca envoie du climatiseur... Nous sommes beaucoup trop fatigues pour faire la fete ou danser, alors pour nous ce sera plutot le mode contemplatif.

Nous rentrons, assez tard. Dans le metro, un type joue de la guitare, malgre le fait qu'il soit 2h du mat. Un dieu vivant, le gars... Il fait sa pour faire de la pub a son groupe, et vu l'enthousiasme des gens, ca marche. Brooklyn, ca a l'air d'etre l'endroit de NY ou ca bouge !... Voire plus, puisque les New Yorkais et les Americains voient NY comme la capitale du monde. Je ne rentrerai pas dans le debat.
En tout cas, ce quartier me parait etre le vrai new york, loin du Manhattan ultra touristique.

Deux heures de metro plus tard, dont une perdue a se tromper deux fois de metro, nous arrivons chez Valentine... qui doit nous faire partir a 8h, car sa proprio rentre et n'autorise pas les invités (ca me rappelle quelque chose).


Lundi 4 septembre - fete du Travail

Trois heures et quelques de sommeil plus tard, nous voici somnolant dans les rues, et dans un etat deplorable... Nous montons dans le metro pour Coney Island, qui n'est pas du ile mais la plage de Brooklyn, et le lieu d'une fete foraine depuis 100 ans.

L'endroit, avec ses maneges rouillés et désuets, a un charme certain.

Et c'est le lieu du championnat du monde de manger de hot-dogs. Le Wall of Fame laisse reveur... En 2001, un japonais a pulverise le record du monde, en le doublant (!!), a 50 et quelques hots-dogs. Apres 5 titres d'affilee, le record est a 54 hots dogs en 12 minutes... Ca laisse reveur.

Nous, loin de ces exploits, nous allons dormir sur la plage. Il faut que je sois fatigué, pour dormir ainsi, a plat ventre dans le sable, en plein soleil, et la tete sur mon sac a dos... Trois heures plus tard, c'est le reveil. Un inconnu a laisse un mot marrant a notre intention.

(a nos amis ensommeillés. Nous espèrons que vous avez apprecié votre sejour au Coney Island Beach Resort. Vous devez liberez la chambre a midi, pronto. Nous vous souhaitons un bon petit dejeuner de fruits de mer gratuit, situé idealement a quelques metres. Bonne route ! Nos salutations les meilleures, la direction)

Tres sympa. On a du l'intriguer et le/la faire sourire, a dormir habillé, sur nos sacs a dos de routard...

Coney Island est un endroit amusant, un peu hors du temps. Il fut l'endroit du celebre Luna Park. Aujourd'hui, c'est un endroit tres populaire, comme dirait Isabella.. Mais pourquoi autant de poubelles??

Puis, nous rentrons a Manhattan. Nous allons trainer dans Chinatown et Soho, puis au bord de l'Hudson River.

Un dernier passage chez Thibault, prendre nos sacs et le remercier. A Times Square, Aloys et moi saluons Astrid. Elle part pour Larchmont, dans la banlieue chic, chez son oncle d'Amerique. Le stage a l'ONU commence le lendemain pour elle..

Avec Aloys, nous repartons, apres une derniere et n-ieme pizza, dans le bus de nuit pour Toronto.


Sacré trip que ce voyage a NY! Je crois que, plus on est a l'arrache, mieux c'est... car on rencontre obligatoirement des gens sympas qui nous aident et nous embarquent dans des bons plans... A ce propos, merci a Thibault, a Isabella, a Rafael et a Valentine !


depuis

Aloys est reparti mercredi, pour aller voir un pote a lui a Quebec. Il est un peu totipotent, a etre venu me voir..







Aloys martyrisant des guepes dans un sucrier. C'est tres mal, gamin..


La rentree universitaire a eu lieu, le Campus est donc devenu très peuplé (15000 etudiants) et tres affaire. Le soir, les 1ere annees se prennent leurs premieres cuites pendant que des gens distribuent des bouteilles d'eau, que des patrouilles de "Safe Walk" amenent les gens chez eux, et que les flics surveillent le bazar. Les bars du centre ville sont blindés de blondes decolores et footballeurs americains. Toutes sortes de gens essaient de recruter les etudiants des églises aux associations etudiantes. Des karaokes ou des spectacles d'indiens se font au University Centre. Il y a des choses a voir...

 Et quand je ne les voie pas, j'analyse des echantillons par centaines, sans reflechir.

Plus que deux semaines ! Ca sent la quille !

Par Fernand - Publié dans : fernando
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Jeudi 7 septembre 2006

Mercredi dernier, jour de la Saint Fiacre, Aloys a débarqué a Guelph. Après avoir travaillé tout l'été en Provence sur des chantiers routiers et a conduire des rouleaux compresseurs, mon collègue de prépa a converti le fruit de son travail en un billet d'avion.

Ses premiers pas dans Guelph le laisse perplexe. Je me rend compte que je me suis plutot habitué a cette non ville de lotissements et de magasins-hangars, car cela ne me choque plus trop. Un fast food pas cher, un pichet de bière, et nous rentrons - une fois que ma proprio est au lit et que nous sommes sur de ne pas la croiser.

jeudi 30

Le lendemain, j'expédie vite ma journee de boulot et la compresse au maximum, et nous allons passer le reste de la journée a Toronto. Dans le bus, je me retrouve entre un jeune acteur et une mamie, ultra bavards, et qui pratiquent le sport national canadien : casser du sucre sur le dos des Americains.
Ce n'est que la 8ième fois que j'entends des Canadiens raconter que beaucoup d'Americains qui vont a l'etranger achetent des kits "comment se faire passer pour un Canadien", avec expressions canadiennes, entrainement a la politesse, et drapeau a la feuille d'érable a coudre sur le sac. Enfin, beaucoup, facon de parler : beaucoup des 65% d'entre eux qui savent que le Canada est un pays indépendant des Etats Unis... Je comprends que ca puisse etre enervant.

A Toronto, nous hesitons quand au week end : nous n'avons pas de nouvelles d'Astrid. Astrid, c'est une collegue de prépa, bien que de la classe honnie (ces voyoux de prepa EC). Et en l'occurence, elle va faire un stage a l'ONU. Alors, allons nous a NY quand meme, ou allons nous trekker au hasard pres du Lac Huron ? Nous n'arrivons pas a décider.
Nous entreprenons d'aller voir la ville d'en haut, par la solution économique. Nous entrons dans le ScotiaBank Building, le deuxieme plus haut de la ville (et du Canada) : 280 m. Nous detonnons pas mal au milieu des businessmen tirés a quatre epingles, mais personne ne nous arrete et nous prenons l'ascenseur, direction le 68ième étage. L'ascenseur fait peur, avec des paliers intermediaires et son tremblement, mais nous arrivons en haut. Une secrétaire joviale ne se fait pas prier pour nous amener dans la salle de conférence, ou une réunion de grands pontes vient de se terminer. Les restes du repas en disent long sur la "canadianité". La Scotiabank est une des plus grandes banques au monde... et sur la table trainent une grande quantité de canettes de coca. Inculture culinaire ou humilité, chacun fait son choix.
Quand a nous, nous nous collons aux baies vitrées : la vue est époustouflante. Les immeubles alentours semblent ridicules, les gens ont la taille de fourmis, et l'on voie meme l'autre rive du Lac Ontario. Je n'ai aucune photo pour prouver ce que dis, suite a un formatage accidentel... Mais je le pourrai quand Aloys me filera les photos.
Le moment est bon, tres bon! Mais il a une fin et nous retournons dans les rues.
Nous arrivons in-extremis a joindre Astrid, qui decollera pour NY quelques heures plus tard, et décidons de la rejoindre. Nous testons quelques bars et bieres locales avant de prendre un bus de nuit pour New York.

Le chauffeur a 80 ans et l'air sénile, ca rassure. Nous arrivons a 2h du mat' a la frontière. Le passage durera longtemps, dans les deux heures, et on s'en serait bien passé. Il me faut évidemment jurer que je n'ai pas participé aux activités du IIIeme Reich, que je ne commets pas de génocide, que je ne suis pas revendeur de drogues et que je n'enleve pas des enfants américains le week end (entres autres). Il faut aussi preciser l'adresse du lieu ou je logerai a NY (et mentir, puisque je ne le sais pas du tout). Payer 6 dollars pour franchir la frontiere. Et enfin, poser l'index droit et l'index gauche sur un scanner, et regarder une caméra fixement pendant qu'elle analyse les traits de mon visage. J'ai connu des passages de frontière plus sympathiques.
Nous remontons dans le bus. La, deux gothiques ont pris nos places pour se rapprocher de leurs copines, alors nous nous installons ailleurs et nous faisons réprimander par l'ancien occupante, en lui expliquant que nous n'y pouvons rien. Et ca part. Une fille au look de rappeuse s'en mele, prend les gothiques a parti. Lesquelles ne répondent pas... Pour finir, la rappeuse crie qu'elle va leur blaster la tete. Wouhou, super l'ambiance! Bienvenue au pays de Dieu.

vendredi 1 septembre

Apres deux arrets fast-food pour manger (regarder les gens manger des burgers au ptit dej', en fait), c'est l'arrivée a NY. Sur la route, nous avons vu un drapeau par batiment, plus des géants de temps en temps, soyons patriotes. Pas de consignes a la gare de bus, tres bien, il va falloir se farcir les sacs. Nous sortons de la gare de bus, et, deux rues plus loin, arrivons a Times Square.

Sacré bordel...  Aloys et moi, un peu perdus, ne savons pas ou aller. Nous avons nos sacs sur le dos et nulle part ou aller, car nous n'avons pas d'hotel, Astrid n'est pas encore arrivée (et elle n'a pas de logement). Et autour de nous, il y a des milliers de gens (les trottoirs débordent), qui eux, ont plein de choses a faire. La marée humaine nous donne une impression étrange.
Nous essayons, en vain, de résoudre nos problemes. Il n'y a aucune consigne dans le New York post 9-11.  Les hotels et les auberges de jeunesse pas chers sont tous pleins. C'est la teuf. Accessoirement, nos recherches nous amenent a l'ONU, au Chrysler Building et a Grand Central Station...

En plus, je me rends compte que j'ai oublié ma tente sur le porte bagage de mon vélo au moment de partir de Guelph. Ma tente de raid est donc toute seule devant l'entree de la fac. J'envoie un mail a Carrie et Ofelia, au cas ou elle y soit encore... Quelques heures plus tard, elles me repondent qu'elles ont ma tente. Vive le Canada, faut croire que parmi les 5000 etudiants presents ce vendredi, il n'y avait que des honnetes gens.

Nous nous posons devant la bibliotheque. Des tables et des chaises, sous les arbres, nous offrent une pause appreciée au milieu du tumulte. Astrid nous y rejoint avec Anne Claire, une fille qu'elle a rencontré dans l'avion. Elle semble impatiente de s'en debarasser... Ce qui sera fait peu de temps après (Astrid, elle fait pas dans l'humanitaire). Thibault, du meme avion, arrive plus tard. Thibault, c'est un etudiant paleontologue parisien, qui vient passer 10 jours a NY pour faire du tourisme et prendre des contacts. Quelqu'un de tres bonne compagnie, d'ailleurs, avec qui nous allons passer une bonne partie du reste du sejour. Il veut bien nous aider, ma sa chambre de 4 metres carres n'hebergera que les valises d'Astrid (pour le moment).

Le soir tombe, nous faisons le tour des hotels, avec l'idee de prendre une chambre pour un ou deux, et l'occuper a trois. Nous envoyons un message sur la mailing list des stagiaire de l'ONU, au cas ou un bon samaritain veuille preter un bout de parquet...
Pour ce soir, nous trouvons un spot, a un bon prix pour Manhattan, mais largement au dessus de nos prix pour repeter la demarche trois nuits d'affilee. Une pizza a un prix démoniaquement bas, comme a midi, et comme la plupart des prochains repas. Les dizaines d'ecrans de tele dans le restau montrent les images d'Ernesto, la tempete tropicale qui a amusé le sud des USA et qui nous arrive dessus. Et nous rentrons a l'hotel en grugeant avec soin.

samedi 2

La nuit passe, malgré le fait que le pile ou face m'aie fait dormir par terre, et qu'a NY, le klaxon est utilisé sans aucune mesure.

Au reveil, nous pouvons voir NY sous la tempete. Le projet est d'aller a pied au bout de l'ile, vers le quartier financier, afin de voir le maximum. Ca fait des kilometres, il pleut a verse, mais le moral est au beau fixe.
Astrid n'arrive pas a retrouver l'hotel de Thibault pour que nous posions nos sacs. Le moral retourne au beau fixe apres un petit dej frugal sous l'Empire State Building.

NB : les quelques photos suivantes ne sont pas les miennes; elles ont ete sauvagement volées mais s'approchent de ce que j'ai vu.

La fleche disparait dans les nuages..

(photo NRC.nl)

Plus loin, le Flatiron Building, avec sa forme triangulaire, est une image récurrente de NY... mais je ne m'en lasse pas... Ce fut le plus haut immeuble de la ville, en son temps.

 

 (photo Makinglight)

Puis, nous trainons dans les quartiers de Soho et Chelsea. De temps en temps, nous nous preocupons du logement. Nous n'arrivons pas a joindre les quelques connaissances d'Astrid. Nous decidons d'arreter de nous inquieter, advienne que pourra.

Nous arrivons au centre ville, et le Pont de Brooklyn nous appelle. Au debut du pont, je formate malencontreusement ma carte memoire. La bonne nouvelle, c'est que a partir de maintenant, il y a des photos pour illustrer mes propos et qu'il y en a plein d'autres dans l'album NY.

On fait pas trop les malins, avec le vent et la pluie... Mais la vue sur le quartier financier en vaut la peine.

Au loin, les grattes ciel de Midtown sont dans la brumes..

Nous allons ensuite voir Wall Street. La facade disparait derriere un drapeau. Georges Washington regarde la scene...

Nos pas nous menent ensuite dans les plus vieilles rues de NY, ce qui fut la Nouvelle Amsterdam.
Au bout de l'ile, nous arrivons devant l'embarcadere du ferry de Staten Island.

Minute geographie : il y a 5 quartiers a New York : l'ile de Manhattan, le centre ville. Brooklyn (a lui tout seul, ce quartier serait la 4eme ville americaine). Le Bronx, autrefois mal famé. Le Queens et Staten Island, qui sont plutot residentiels.

De ma premiere venue a NY, avec mes parents il y a 6 ans, j'avais entre autres retenu que ce ferry etait pas cher et passait pres de la statue de la Liberté.  Desormais, il est gratuit, et il passe toujours aussi pres.

Nous arrivons a Staten Island. A ce moment, Astrid veut voir la mer... Nous allons donc voir Staten Island. Astrid releve sa boite mail, deux personnes peuvent nous heberger : Valentine, une stagiaire de l'ONU qu'elle a deja rencontree, et Rafael, un espagnol. Avec Aloys, nous allons voir un hotel. Devant, des especes de gansta nous interpellent pour savoir ce qu'on veut, apparamment on les fait rire. Dedans, les tarifs precisent que l'on peut avoir des chambres pour une courte durée (4 heures maxi). Pour des durées un peu plus catholiques, les prix défient toute concurence. Nous ne nous faisons pas d'illusions quand a la moralité des lieux, mais si nous n'avons rien d'autre, ce sera parfait.

Un repas fast food, et nous voila en route vers la plage.

L'examen de la carte me revele que la plage est extremement loin, et les locaux me donnent raison. Je convaint mes amis de prendre un vehicule a moteur quelconque pour y aller. Nous attendons le bus, mais Astrid pretend pouvoir se faire prendre en stop.

Mission complete, un 4x4 s'arrete et nous prend tout les trois. Le type dedans, un businessman black (probablement Cajun) rigole beaucoup. D'un, il ne peut se souvenir avoir vu des autostoppeurs a NY. De deux, aller a la plage pendant une tempete tropicale, ca ne lui semble pas la chose la plus évidente. 10 minutes plus tard, il nous depose a notre objectif en nous conseillant de faire attention.

La mer est dechainee, les gardes cotes ont fermé la plage et patrouillent pour faire respecteur la chose. La promenade en planche est deserte.

Au retour, Astrid recommence l'exploit de convaincre quelqu'un de prendre trois routards trempés et chargés dans sa voiture. Le type qui nous prend dans sa Cadillac propose de nous amener a Manhattan, puisqu'il y va. Tres bien! Cet homme, un businessman italien, est fort sympathique et il a des choses a raconter. Né a Naples, arrivé jeune ici, il a fait carriere dans l'import export de crevettes. Aloys se risque a une discussion technique... vite abandonee. Puisque nous allons a Ground Zero (l'emplacement des anciennes Twin Towers), la discussion devie sur le 11 septembre, qui a emporté plusieurs de ses connaissances. Et il nous cite, en y croyant fermement, ce prophete grec (Nostradamus, en fait...) pour qui la premiere decenie du Millenaire sera sanglante. Pour finir, il nous offre un tas d'aimants pour voiture pacifistes - un truc qu'il essaie de lancer avec un de ses copains. Sympa..

Et nous sommes donc a Ground Zero. L'endroit prend aux tripes. C'est un gigantesque chantier, il n'y a plus aucune trace de ce qui fut ici, si ce n'est les panneaux noirs listant les noms des victimes, et les murs de chantiers, recouverts de photos et de mots. Certains de ces mots sont moins pacifiques que les autres et crient a la vengeance, mais ils sont rares.

Le chantier du futur World Trade Center est en cours. Une des tours, parallepipedique, est deja terminee. Quand a la Freedom Tower, un projet impressionnant, elle sera achevee dans 4 ans.

Du World Financial Center, a cote, des baies vitrees regardent le trou.

A l'interieur, un jardin d'hiver avec des vrais palmiers étonne un peu par sa presence. La classe, américaine, si j'ose dire. Tout est possible, ici...

Nous retrouvons Thibault et deux de ses amies. Maria, une grande Suisse blonde, dont l'acoutrement est aussi classe que nous sommes pouilleux... Isabella, une petite Parisianno-Italienne sympa et boostee. Nous allons boire un truc chaud. Quand Isabella nous questionne sur la province ("Mais, comment vous faites, vous allez pas faire vous etudes a Paris???"), le drame est evité de justesse. Tout se passe bien ensuite et le moment est agreable... Une sortie dans Chelsea, le quartier branche de Manhattan, est decidee pour le soir.

Chez thibault, nous posons enfin nous sacs et nous parvenons a joindre Rafael. Ouf! Il nous rejoint a l'hotel de Thibault pour la soiree. Rafael, il est sévillan, pas du tout expansif, et a l'ONU il va s'occuper d'urbanisme et d'habitat. Il est bilingue francais, apres deux ans passes a etudier chez nous, ce qui va faciliter nos affaires...

Le bar ou nous allons est tres hype et nous arrivons completement a froid. Le DJ m'etonne, il est bon, tellement qu'on pourrait assimiler ce qu'il fait a de l'art. Une semie decouverte pour moi... Passee cette surprise, je me fais copieusement chier, je ne suis pas dans l'ambiance. Des types dansent d'une facon tres interessante, mi hip-hop, mi n'importe-quoi calculé et maitrisé... La musique coupe court a toute communication orale, et ca n'ameliore pas la soiree. Mais bon, avoir vu comment ca se passe dans un endroit IN de NY, c'est quand meme interessant..

Nous allons nous coucher tard, tres tard, chez Rafael, qui habite entre le Harlem Latino et Central Park.


la suite demain : ca va parler de Central Park, de defenestration de climatiseur, de toit a Brooklyn, de fin de nuit sur la plage.... la partie la plus interessante!


Par Fernand - Publié dans : fernando
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Samedi 26 août 2006


dimanche 20 aout

Encore une journee de lichens. Kevan bosse vraiment serieusement. Tous les echantillons sont pris avec un hasard scientifique : tirage au sort du numero de l'arbre, tirage au sort du numero d'une branche par point cardinal... mesure precise de l'orientation et de la hauteur. Vraiment du boulot serieux... et long.

Et la foret a perte de vue, partout..

Par Fernand - Publié dans : fernando
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Vendredi 25 août 2006

vendredi 18

Premiere journee de boulot. Le petit dejeuner est l'occasion de gouter au porridge, agreablement comestible, et de se repaitre de beurre de cacahuete. Vivre avec 2 canadiens pendant une semaine sera donc l'occasion de decouvrir comment ils mangent.
 

Quelques moustiques nous taquinent, suffisamment pour mettre la bug jacket... Mes collegues sont etonnes qu'il y en ait si peu.. En effet, selon les criteres de la foret boreale que j'assimilerai peu a peu, on etait a peu pres tranquille. Mes mains ont ete un peu attaquees, mais ca aurait pu/du etre pire.

 

pour la photo...
 

 
Les arbres sont couverts de lichens.


Carrie monte a l'echelle, tres haut, recuperer l'eau des pluviometres. Nous, en bas, nous mesurons le volume, tenons l'echelle, la bougeons quand c'est fini... Rien de penible, sinon que c'est long....

Nous ne bossons pas vraiment dans la foret naturelle, ou les bouleaux sont majoritaires. Les recherches portent sur des plantations, fort nombreuses par ici. Car les papetistes, ils aiment pas les bouleaux, ils veulent du Black Spruce (epicea) ou du Jack Pine. Et le labo, il est subventionne par la Domtar. Ce qui est un peu effrayant, car si Carrie, Kevan et les autres chercheurs, arrivent a la conclusion que les plantations fonctionnent pareil que la foret naturelle, c'est la fin de celles ci...

foret naturelle :

Au coucher du soleil, nous rentrons, extenues.

J'avertis mes compagnons que cuisiner va prendre un peu de temps... et Carrie me vexe severement, en statuant que c'est vite mangé, vite oublié, donc que prendre du temps pour cuisiner ne sert a rien. Devant mes sourcils fronces, elle essaie de se rattrapper, que ca vaut peut etre la peine quand meme ? Mmf, la lecon de philosophie culinaire canadienne est quand meme dite, et je passe outre. Mon filet mignon de porc aux oignons et le gratin de courgettes se feront quand meme.

Et ils seront appreciés. Carrie sort un excellent vin rouge australien, le ketchup et la sauce barbecue restent dans le placard... Kevan et Carrie sont enchantes par leur repas, meme si le gratin n'est pas assez cuit.

Nous enchainons par une longue conversation sponsorisee par les bieres du patron... Carrie et Kevan sont tres perturbes par le mariage. Ils l'envisage, et dans le meme temps, ca leur fait peur. Mais ils y pensent. Kevan doit il aller parler au pere de sa copine ? Se marier sans sacrifier ses reves de liberte et d'evasion, c'est possible ? Le sujet du mariage sera aborde continuellement au cours du trip... ca les travaille, vraiment...

 
 
samedi 19 aout

Aujourd'hui, cueillette de lichens dans une foret un peu plus ouverte.


L'endroit ou nous travaillons est proche de Beardmore, village fier de sa plus grande quantite de neige au Canada... et qui exprime cette fierte en sculptue.

Apres le taf, tres long encore une fois, nous allons regarder le coucher du soleil sur le Lac Nipigon.

Le lac Nipigon, en plus d'etre repute etre le meilleur spot de peche du Canada, est un peu la limite du monde connu en Ontario. On ne peut pas aller plus au Nord en voiture. Il y a bien quelques villages, mais il faut y aller en hydravion. (NB: il y a aussi une ligne de chemin de fer pour aller dans un village au bord de la baie d'Hudson)

Ce qui explique que, bien que nous soyons geographiquement dans l'Ontario Central, cette region soit designee comme le Nord extreme. En fait, pour aller plus haut, il faut avoir une excellente raison.

Au retour, dans l'heure de route qui nous separe de la caravane, je m'endors sans le voir venir. J'ouvre les yeux lorsque nous arrivons au camping, ahuri, et descend du truck. Je leve les yeux... Le ciel est couvert, a l'Est, juste au dessus de l'horizon, de grandes lumieres vertes. "Northern Lights !", crie-je a Carrie et Kevan. Juste. C'est une aurore boreale.

Le spectacle est magnifique. Les lumieres forment un drapé qui vient sur nous, s'enroule et se deroule, s'affadit puis revient. Apres beaucoup d'essais infructeux, je trouve la solution pour photographier le bordel : mon appareil photo en pause sur un piquet de la barriere de securite de la Highway. Meme si elles sont un peu plus colorees et flouees que la realite, les photos parlent d'elles meme.

C'est clairement une des plus belles choses que j'ai pu voir. L'aurore a dure une demie heure, trente minute de frissons et de bouche ouverte en regardant en l'air.

Le repas d'Afrique de l'ouest mijote par Kevan est tres bon, mais mon attention est ailleurs. Miladiou, j'ai vu une aurore boreale !

Par Fernand - Publié dans : fernando
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