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Origine controlée

Une carte avec toi dessus
Geo Visitors Map

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Vendredi 3 novembre 2006

A travers le haut Altiplano (4700m), nous rejoignons Arequipa. La route est belle. Les paysages sont secs, desoles.

Quelques panneaux lamas ou vigognes agrementent la chose.

A Arequipa, les premieres impressions sont surprenantes. Deux taxis, consecutivement, nous laissent traverser ! Une courtoisie pas ordinaire...
Un grand cone volcanique, le Misti, surplombe la ville.
L'architecture est assez speciale. Les batiments sont en tuf volcanique blanc, qui s'effrite comme de la craie. Ils sont plutot bas et trapus, dans un style tres `forteresse`. C'est pas de l'adobe ! En plus, on peut monter sur les toits.

Il n'y a quasiment pas de marchands ambulants, et les rues propres donnent une impression de prospérité.

Ne serait-ce les taxis voiturettes, on se croierait presque dans un pays different.

A Arequipa, plusieurs decouvertes...

- On peut manger des cochons d'inde.

"Deja, on sait pas par ou le commencer. J'ai tente les pattes, ca allait. Je pense que c'etait le bon choix. La chair est pas mauvaise. La peau est degueulasse, euh, elastique. Du coup, pour couper, c'est tres compliqué. Ce qui se mange, c'est les pattes, et peut etre la tete. Dans le corps, il n'y a rien si ce n'est les abats. Un gout un peu special, peut etre un peu celui du thon... Heureusement que je ne l'ai pas eu bouilli. Conclusion : le poulet, c'est bien meilleur".
Merci Orianne pour ces precisions.
En tout ca, c'est un peu plus sympathique que la soupe aux doigts de poulet surprise que nous avons degusté a Puno.


- On peut construire des monasteres avec des murs bleus et orange.


- Technique de chasse a la palombe celeste


- Lever de soleil sur le volcan


- Syncretisme, paganisme ?

 - A Arequipa comme dans tout le Perou, les metiers se regroupent par rues. On a donc pu apercevoir auparavant la rue des marchandes d'oranges ou de meubles. Ici, nous avons vu la rue des opticiens (avec chacun son rabatteur de clients) ou la rue des vendeurs d'extincteurs. Impressionnant.

- Depuis 3 semaines que je suis au Perou, j'ai compté une bonne trentaine de partis politiques. La plupart promettent "mas obras". Je n'ai pas encore reussi à savoir si il s'agit de plus de travaux publics (goudronner les routes, installation de reseaux d'eau courante), ou de plus de realisations concretes des élus en general.
Le prix du pire logo est definitivement decerné au parti du poulet qui joue au foot. (NB : ce n'est pas le seul parti ayant un ballon de foot sur son logo).


Les jours d'apres, expédition au Canyon de la Colca. Quelques longues heures de bus (14 ou 15 aller-retour), avec meme pas un navet de kung fu a regarder, mais quelques vigognes et une belle pampa. En haut d'un col, des milliers de minis-cairns faits de quelques cailloux superposes verticalement : autant d'hommages au dieu de la montagne.

A l'arrivee, un vendeur de boleto turistico veut nous alleger de 70 soles. Heureusement que des francais rencontres a Amantani nous avaient averti de l'inutilité de ce billet, et surtout de sa non-obligatoirité pour rentrer dans la region. En fait, ce truc sert a aller voir tous les lieux "touristiques" de la region : eglises, miradors, musees, tout ca dans un seul billet. Et il n'est absolument pas obligé de l'acheter pour entrer dans la vallee. Nous resistons au flot de mensonges, gardons nos sous et ajoutons notre pierre a la reputation de grippe sous des Francais. Et ouais.

Le Canyon en question est une gorge tres encaissee (1500m de denivele, quand meme).

Orianne ira en bas, amenant avec elle un chien mal aimé. Quant a moi, intolerant aux randos aller-retour avec 3000m de denivele, je regarderai de pas trop bas.

C'est bon a savoir, un canyon, c'est plus joli d'en haut.

Pas de condors en vue, mais quelques colibris. C'est un peu moins la classe, beaucoup moins gros, mais c'est mieux que rien.


Maintenant, nous sommes de retour a Arequipa, et bientot au Chili.

Par Fernand - Publié dans : fernando
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Vendredi 3 novembre 2006

Depuis Puno, nous avons fait une petite escapade sur le Lac, ou plutot sur ses iles.

Le bateau colectivo a commencé par fendre la couche de lentilles d'eau qui recouvre le lac dans les environs de Puno. Bien epaisse, la couche. Du genre de celle qui fait plaisir aux etres vivants dessous. Peut etre parce que les egouts des 120.000 ames de Puno se jetent directement dans le lac?

Le colectivo a ensuite un peu navigué dans des chenaux entre les roseaux. Parce qu'avant la lentille d'eau, le Titicaca est riche en totora, des roseaux flottants.

Le premier arret du bateau, c'est sur une des iles des Uros. Vous avez bien lu le truc sur les roseaux? C'est important pour suivre. Ces iles des Uros, elles sont 100% artificielles et flottantes. A l'origine, la peuplade des Uros avait construit des bateaux en totora suffisament grands pour vivre dessus et echapper a des gens qui leur voulaient du mal. Maintenant, ce sont des vraies iles de quelques centaines de metres carres, avec leurs maisons,

leur port,

leurs panneaux solaires.

Tout ca, c'est quand meme un peu pour le folklore. Les derniers Uros sont morts il y a 50 ans, et des indiens aymaras des environs ont repris le secteur. Tous les touristes allant a Puno y vont ou y passent, et achetent un truc artisanal en roseau. Les gens vivent vraiment sur place, mais dans des maisons en tole sur des iles flottantes, un peu plus loin.
Un peu factice, tout ca... Mais on est pas plus betes d'avoir vu ca.


Quelques longues heures de bateau... passés les roseaux, les deux pilotes laissent la barre a un gamin, et partent macher religieusement de la coca a l'avant.
A l'arrivee, il y a des vraies iles, en pierre et tout ! Nous debarquons sur Amantani, ou vivent quelques 4000 habitants tirant leur pain quotidien de leur lopin de terre... et des voyageurs. Les familles recoivent chacune leur tour. En arrivant, nous sommes donc "attribués" a Clara, qui s'avere peu bavarde et pas si vieille qu'elle n'en a l'air. Nos espoirs de partager le quotidien de notre famille d'accueil seront vites decus. Meme pas un repas ensemble...
Le soir, la fille ainee viendra nous parler (apres avoir tente de nous vendre des bonnets). La discussion avec Vicky, 21 ans, est assez triste. Elle n'a jamais ete a l'ecole et a commence a travailler tot dans les champs. Notre chance de faire des etudes superieures et d'etre a 10000 km de chez nous est difficile a supporter, face a la resignation de Vicky.

 D'Amantani, nous verrons ses terrasses, ses parcelles familiales, son orage.

L'ile est plutot pauvre, mais d'une pauvrete digne. Pas d'electricite et pas d'eau courante (on boit l'eau du lac), ce qui force les gens a vivre avec le soleil. Pas de voiture. Chaque famille cultive sa parcelle de patates, de carottes et de tomates. Le reste de la ration de base (riz, mais) est acheté a Puno.

Les gamins du coin ont trouve le truc pour gagner des bonbons ou des pieces sans trop s'ennuyer a etre convaincant. Ils ont un pipeau ou une flute de pan, et suivent les etrangers en jouant tres fort, tres pres, et plutot mal. Les nerfs craquent vite : "tu veux un bonbon??!".

En haut de l'ile, un temple a la Pachamama et un au dieu du Ciel. Vu ce qui nous est tombé dessus, il devait etre assez mecontent des hommages a la flute de pan.


Le lendemain, nous passons quelques heures a Taquile. Je dois dire que je n'en ai pas vu grand chose, terrassé par une hypoglycemie (ou truc du meme effet). Globalement, c'est a peu pres la meme idee qu'Amantani.


De retour a Puno, nous assistons a un giga-concours de flutes de pan. Une vingtaine de flutes, des grosses caisses, et des danseuses devant qui font voler leur jupe, facon folklore bolivien. Faut dire que la frontiere n'est qu'a 80 km.

Beaucoup d'animation dans la ville !

De la, nous partons pour Arequipa.

Par Fernand - Publié dans : fernando
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Samedi 28 octobre 2006

Nous sommes parti de Cuzco hier matin, direction, l´Altiplano. L´idee du truc, c´etait de ne pas aller au Lac Titicaca en une traite. On comptait parcourir la seconde moitie du parcours (les 300 derniers km), sur l´Altiplano, a la cool. De village en village, de combi en combi.

Quand on a vu l´endroit de la route principale pour lequel on avait pris le billet de bus, on a decide sagement de pas dire au chauffeur de s´arreter. Un panneau, "la Raya, 4390 m", une vendeuse de trucs, trois lamas, et un wagon citerne sur la voie ferree en contrebas. Puisqu´on nous avait oublie, on a decide de continuer jusqu´au premier gros village. Mais ils sont assez peu nombreux... Pendant 50 bornes, on a croise quelques maisons en adobe, des troupeaux d´alpagas, et la steppe.

Un paysage desole, acable par la nature... mais terriblement beau. La steppe, les sommets enneiges a l´horizon, et le ciel a portee de main.

A la vue d´Ayaviri, un gros village, nous avons demande au mecano de descendre. Il a fallu d´abord le convaincre : "Mais qu´est ce que tu vas faire a Ayaviri? Y a rien ici!". Le chauffeur s´en est mele : "vous voulez descendre ici, vraiment ?". Apres 4 confirmations, on se retrouvait au bord de la route, avec nos sacs. Au milieu de nulle part, et heureux d´y etre.

Au bout de quelques pas dans le long village rue d'Ayaviri, plusieurs surprises. Deja, nous sommes une vraie surprise pour les habitants. Les voyageurs ne doivent pas s'arreter ici souvent. Ensuite, nous avons du mal a comprendre les gens, qui, pour certains, doivent nous parler en quechua, ou en aymara.
Apres s'etre trouve une demie tome de fromage local, nous le baffrons sur la place principale. Decidement, nous sommes l'attraction. L'impression est pas tres agreable. Apres quelques temps a regarder l'animation, la proportion immense de jeunes et d'ecoliers en uniformes, et les pomettes violettes des gens (adaptation a l'altitude et nombre de globules rouges oblige), nous decidons de partir. Le village, mis a part ses maisons en adobe et l'altiplano au loin, ne nous retient pas.
A la gare routiere, nous avons un admirateur. Un petit garcon s'assoie face a moi, et m'observe. Il tape des mains de temps en temps pour attirer mon attention et mon regard. C'est d'autant plus destabilisant que je fais ca avec les chiens et les alpagas.

Alors, nous reprenons le bus. Nous laissons . L'altiplano est presque un desert, pas moyen d'aller en ville en ville. Je regrette de ne pas avoir de velo dans mon sac a dos, et c'est parti pour Juliaca et Puno.

Juliaca est une ville pauvrissime. Toujours les maisons en adobe avec de la ferraille qui sort de partout, les toits en tole, les rues sales et poussiereuses embouteillees de velos-taxis. Et la misere noire, partout. A Puno, a peu pres le meme tableau. Mais le lac Titicaca, au loin sous une lumiere d'orage, nous rejouit.


Aujourd´hui, la journee a ete plus enthousiasmante. Nous avons pris un combi jusqu'a Sillustani, un site prehispanique un peu mystique. Sur un lac, a 4000m, un cimetiere a ete batti sur une presque ile. Mais pas un cimetiere normal, pas une presque ile normale. Le lieu etait reserve a certains inities. Les gens qui y etaient enterres devaient etre des chamans, des pretres. Des mausolees en forme de tour leur etaient construits, avec une entree a l'Est (la ou le soleil se leve et se releve, la ou tout recommence).

Le lieu est superbe. Au loin l'orage gronde, la lumiere change constamment. Et l'altiplano.

Quelques cercles de pierre delimitent des lieux sacrees, ou des ceremonies en l'honneur du soleil ou de la lune etaient rendues. Et continuent de l'etre. Des chamans viennent regulierement. D'ailleurs, sur la grande ile plate en face, seuls les chamans ont le droit d'aller.

Nous passons la journee la, a profiter de ce lieu pas ordinaire.


Nous rentrons a pied, pour profiter de la beaute des environs. Les gens nous saluent de loin. Tous les colectivos s'arretent (allez, montez, y a rien ici, c'est pura pampa!). Jamais ! (enfin, peut etre tout a l'heure, si leurs predictions de tempetes et de grele sont vraies).

Des vaches (des brunes des Alpes, pour les reconnaisseurs de race bovine) bouffent des lentilles d'eau. Le gamin qui les gardent demande une piece pour les avoir photographié.

De temps a autre, un mini village de 3 maisons en adobe, pres duquel paissent des lamas et des alpagas, ou vit une famille.

Au bout de quelques kilometres, au vu de l'augmentation du nombre d'eclairs a l'horizon, nous montons.


Et nous retrouvons la pagaille de Puno. Avec quelques regrets de rejoindre cette bulle de tumulte et de grisaille, au milieu d'environs comme ca. Prochaine etape, une communaute du Lac Titicaca. L'altiplano, c'est mythique.


Par Fernand - Publié dans : fernando
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Jeudi 26 octobre 2006

Quelques trucs incassables et pourtant fort pittoresque...


la route

C'est un peu n'importe quoi. J'ai deja vu des bus doubler dans un virage, ou en sommet de cote (parfois en vue embarquee). Seul le klaxon est utilise pour prevenir les autres voitures. Pas de clignos, pas de voie fixe, tout peut arriver. Et on le dit en kalxonnant.
Traverser la route est un exploit. Les voitures sont infiniment plus prioritaires. Il ne faut pas espere qu'elles freinent ou qu'elles s'ecarte si tu es sur leur chemin...

Pas etonnant donc que les conducteurs se signent avant de demarrer (pour qu'il n'arrive rien), et que la plupart des voitures se recommande a un saint local (le Senor de Huanca ou la Virgencita del Chapi, generalement). Moi, ca me rassure beaucoup.

On croise des vehicules assez marrants sur les routes (hormis les bus qui se la jouent Speed). Des especes de rickshaws a moteurs. Les taxis sont souvent des mini Daewoo, genre voiture sans permis francaise. Les decos "sieges en moumoute", tissus sur le tableau de bord et autel au saint protecteur sont la regle. Et toutes les voitures ont enlevé les ceintures de sécurite (sauf celle du chauffeur, qui la boude neanmoins), pour alleger la chose. Mais si on est protege par le Senor de Huanca...

une rue calme pas du tout representative...

La nourriture

Truc de malade ! On ne sait pas toujours bien ce qu'on mange, puisque nous allons quasi toujours manger pour 3 centimes dans les restaus peruviens pour peruviens, avec la formule dejeuner ou diner : celle ou l'on mange ce qui a ete prepare, sans choix. Du coup, on ne sait pas le nom ou meme la nature de ce qu'on a dans l'assiette. La seule certitude, c'est que c'est tres bon !!
L'assaisonement du pays, c'est le citron vert. Et la sauce qui pique au milieu de la table, mais il vaut meix ne pas essayer. Les citrons verts, par contre, c'est terrible.

Sur la cote, le ceviche est le plat le plus repandu. C"est du poisson mariné avec du citron vert, des oignons et des trucs qui piquent plus ou moins, et c'est terrible!

Dans la rue, tous les 20 metres, un vendeur ambulant de bouffe vend sa specialité. Le plus souvent, ce sont des tamales (bouillie de mais, sucree ou salee, dans une feuille de mais), empanadas, ou des graine grillees (fayots et trucs non identifies). Et c'est pas mauvais. Aujourd'hui, nous avons goute un  espece de pop corn geant, qui colle bien aux dents, et bon, probablement fait avec des haricots.

Cote boisson, il y a des choses assez interessantes.
L'Inca Kola est la boisson nationale. C"est un soda jaune fluo, au gout de bubble gum. Et j'aime bien.

l'inca kola dans toute sa splendeur

La chicha morada, tres repandue aussi... C'est une boisson a base de mais violet, agremente de cannelle et de clous de girofle. C'est sans alcool, mais son equivalent alcoolise existe (pas encore goute) et est consomme en masse lors des fetes. C'est vraiment bon et original.

Et des infusions, plein d'infusions (dans les andes). Coca, camomille, ca remplace le café, ici.

Toujours de bonnes surprises, donc...

La politique

Omnipresente. Les elections, dans un mois il ne semble, sont sur tous les murs. Meme au fin fond de la selva andine, on tombe sur des affiches electorales et des tags. Il semble y avoir pleins de partis, chacun repetant son logo jusqu'a l'overdose : normal, il faut cocher le logo du parti de son choix pour voter. Vota asi, marca la ###, on ne peut pas y echapper.
Les slogans qui tuent, du genre : "Eduardo, ton ami de toujours" ou "Nous pensons comme toi"  sont apparamment des armes tolerees. Autant que les geoglyphes sur le flanc des montagnes (une activite ancestrale), avec les noms des candidats en geant visible dans toute la ville.

Il y a pas mal de manifestations, aussi. Les retraités, les paysans, les etudiants... Ca bouge pas mal.

Les gens

Les habits traditionnels sont pas mals repandus dans les villages des Andes. Ils ont l'air de changer selon les villages. Le plus souvent, les femmes portent un chandail en laine bleu, une jupe et un chapeau en feutre (generalement, blanc a ruban bleu, ou une sorte de chapeau melon marron).
La couverture a rayure, dans les tons roses, sert a tout. A porter le gamin sur le dos, a emballer les affaires comme un baluchon,...

Dans les grandes villes (a Lima, sur la cote, voire a Machu Picchu Pueblo), les gens sont plutot meprisant envers les gringos. Et ils assimilent les touristes a des gens ne parlant qu'anglais, et pas un mot d'espagnol. C'est assez enervant. Dans les villages andins ou meme a Cuzco, les gens sont plus cools, et plus content de nous voir.
Malgré tout, nous avons du mal a etablir des contacts non commerciaux avec les gens. J'espere que ca sera plus facile au Chili, ou il y aura moins de difference d'argent entre nous et les habitants.


Les peruviens n'ont pas de scrupules a jeter tout et n'importe quoi dans la nature. Par les fenetres du bus, que ce soit dans la pampa, dans les Andes, no problem, dehors. Dans la rue, idem, pas de poubelles. Les gens jettent par terre.
Mais quand meme, lorsque en bus de nuit, apres le repas, la dame qui a ramasse toutes les barquettes en polystyrene et les couvertes en plastique a jete la poche poubelle dehors, dans le ravin, ca m'a fait mal.


Les gens sont tres pieux. Lorsque l'on passe devant une eglise ou une croix sur le bord de la route, un signe de croix, parfois double, et en embrassant sa main a la fin.

A propos de croix, ici, on les habille. Pourquoi?

Toujours a propos de croix, les maisons portent toute une croix sur le toit. Parfois meme, deux petits taureaux en terre cuite, symbole de robustesse. Et on raconte que les maisons sont toutes construites sur un foetus de lama seché.


Il y a certainement beaucoup d'autres choses plus interessantes a raconter. Moi, faut que j'aille manger.

Par Fernand - Publié dans : fernando
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Mercredi 25 octobre 2006

Nous avons passé quelques jours a Cuzco.

Cuzco est construite au fond d·une cuvette. Tout autour, les sommets des Andes. C·est donc une ville tres escarpee, avec des dizaines de ruelles et d·escaliers, qui font bien ressentir le manque d·oxygene, mais rejouissent la vue.

C·est aussi une ville de melange culturel (forcé) incroyable, autrefois capitale de l·empire Inca et nombril du monde. Les conquerants espagnols ont tout detruit et reconstruit par dessus eglises, couvents et palais. Les constructions coloniales ont souvent conserve les fondations incas, c·est a dire des murs aux pierres immenses, parfois regulieres, parfois aux formes improbables. Toutes les pierres sont assemblees sans ciment, et a la perfection pour les batiments importants.

 

 Ces murs incas sont vraiment impressionnants...

Les constructions espagnoles sont souvent tres belles. La place d·Armes est l´une des plus belles que j´ai vu, avec sa cathedrale et l´eglise des jesuites, juste a cote, construite pour la surpasser .

Les églises ne manquent pas, a Cuzco. En plus de procurer or et argent a l´Europe, un des buts de la conquete etait l´evangelisation des Indiens. Elles furent donc construites sur les lieux de cultes indiens, et richements pares d´or et de mirroirs (autrefois inconnus, donc forcement impressionnants).

Santo Domingo ou le Qorikancha (temple du soleil)

Une anonyme eglise remplie de mirroirs.

Meme si les constructions coloniales sont belles, c´est quand meme une impression de gachis qui vient a l´esprit a Cuzco. Le peu qui transparait des constructions indiennes fait regretter que rien n´ait subsiste de la capitale Inca, sinon quelques murs qui laissent penser que les Incas en connaissaient un morceau en architecture. Et que, 400 ans plus tard, la plupart des oeuvres prehispaniques aient disparu.
Bien sur, la culture indigene s´est mele a la culture espagnole. C´est surtout visible dans les tableaux religieux. Des divinites incas sont cachees dans les tableaux peints par des indiens : lune, fleurs, soleil, montagnes...


Apres quelques jours a encaisser le changement d´altitude, nous sommes partis de Cuzco a pied, direction la vallee sacree et, au bout, le Machu Picchu.

Sur notre chemin, des ruines incas... ou plutot, les grosses pierres qui n´ont pas pu etre transportees a Cuzco pour construire des eglises.

Saqsahuayman,

Qenqo et ses rochers tailles... Nous ne voyons rien, jusqu´a ce qu´un vieil indien vienne nous expliquer les symboles caches dans la pierre.

puma

et serpent laissant le sang des sacrifices s´ecouler jusqu´a la terre mere, la Pachamama.

Un village en adobe (boue + herbe, pas cher mais pas top pour les tremblements de terre), puis, au milieu des eucalyptus et des prairies, un col.


Puis, je decouvre la reponse peruvienne a la question universelle : comment proteger son champ ?

1- construire un muret en briques de terres prises sur place

2-  proteger le muret avec des cactus.

Fin de la parenthese agricoloarchitecurale.


Quelques kilometres, deux ruines et un combi plus tard, nous arrivons a Pisaq, dans la vallee sacree.

Pisaq est un village inca, surveille par ses ruines hautes perchees. Et est tres celebre pour son marche artisanal. Le marche draine un nombre assez affolant de bus de touristes... et le village se remplit, tous les jours, de gens venus de Cuzco pour vendre tous la meme chose, au milieu de la cohue et des bus. Dommage, loin de la place principale, le village est vivable et interessant.

Pour aller aux ruines, nous la jouons economes : a pied.

Apres plusieurs millions de marche et une bonne suee, la vue sur la vallee et les ruines nous recompensent.

La montagne n´est plus qu´un versant de terrasses

Nous descendons la vallee, encaissee a l´extreme, jusqu´a Ollantaytambo, en combi. Au bout de deux semaines, nous pouvons etre fiers d´avoir utilise la plupart des moyens de transports peruviens : colectivos (taxi chargeant la voiture au maximum, coffre compris, de gens qui vont au meme endroit), combis (la meme chose en minibus) et les bus ou omnibus.

Ollantaytambo, un autre village inca, est le point de depart des trains allant au Machu Picchu et du Chemin de l´Inca. Ce chemin, qui mene devinez ou, est emprunte chaque jour par des centaines de riches touristes aventureux. Riches, car vu la demande, les prix s´envolent. 200 dollars pour 4 jours de rando. Ce chemin appartient a une entreprise etrangere qui loue tres l´utilisation a des agences.

Bref, a Ollantaytambo, il y a des ruines,

des montagnes pointues

et des centaines de gringos, qui doivent probablement avoir une vision deformee de la cuisine peruvienne, puisque les restaurants touristiques proposent tous nachos, guacamole et tequila. Et qui achetent tous deux batons pour aller faire le chemin de l´Inca.


En route vers le Machu, donc !

Tout le monde le dit : il n´y a qu´une seule facon d´aller au Machu Picchu, c´est de prendre le train de Perurail (comme son nom l´indique, une entreprise britannique), qui coute 80 dollars aller retour (dans un pays ou un repas coute moins d´un dollar).
L´existence d´une route secrete m´etait tombé dans l´oreille. Apparamment, ca avait l´air simple : 5 heures de bus, deux heures de combi, un camion, 3 heures de marche, et on y est.

Apres s´etre renseigne sur l´heure de depart du bus aupres d´une habitante sure d´elle (el primero a las 6 de la mañana!), nous nous levons aux aurores le lendemain. Et attendons 5 heures le passage du bus (comme tous les jours, a 10h).

Premiere surprise, le bus ne part pas d´Ollantaytambo, il est plein, alors pour nous ca sera alternativement debout et assis dans l´allee, pour varier les plaisirs.
Deuxieme surprise, il y a 6 autres visages pales dans le bus (secret road, on commence a douter).

Alors, on roule... Comme d´habitude, les lacets s´enchainent. La fin du col n´arrive jamais, contrairement a la fin de l´insupportable cassette de musique andine (aux sonorites tres asiatiques), dont la fin arrive plusieurs fois. Enfin, le haut du col. On s´arrete. Des marchands venus de nulle part vendent des fayots frits facon cacahuetes. Et j´entends pour la premiere fois le mot derrumble.

Lorsque nous attaquons la descente du col, je comprends sa signification : glissement de terrain. Ce versant du col est une piste en terre ultra etroite. Nos voisins gringos s´averent etre des francais atteint de vertiges (olala, olala!! Il est passe a 3 cm du ravin!). Le bus descend, s´arrete, et recommence. Le temps est long. Puis, un arret d´une heure, qui trompe l´ennui puisque nous pouvons sortir, voir un mini glissement de terrain a quelques metres du bus, et manger des tamales achete a une vendeuse ambulante. Les passagers peruviens s´enervent un peu, car ils savent bien que le temps passe, et que du samedi 17h jusqu´au lundi 8h, les ouvriers arretent de degager la route. Une bonne partie du bus va mettre la pression aux gens qui decident si le bus peut passer ou non. Une passagere d´un autre bus, annoncant qu´elle est bloquee depuis la veille, rajoute encore un peu a la tension. Mais bon, aller en Amerique Latine sans rester bloque dans un bus, c´est tricher, alors on patiente.
On regarde le paysage aussi : de ce cote ci du col, la vegetation a changé. C´est la jungle, la vraie, avec des bananiers, des papayers, des cocotiers, des lianes, et des nuages partout. La selva.
Les francais s´averent tres sympas, et nous pretent leurs sieges. Quand le bus se remet a rouler, ca devient franchement plaisant. Le bus traverse les rivieres qui passent sur la route (les francais prononcent et repetent la phrase du trip, est ce que c´est normal ?!).
Et enfin, apres 8 heures enfermes dans ce bus, nous arrivons dans un village junglesque. Il y a des moustiques partout, les gens vendent des bananes et des avocats ramasses dans les arbres voisins.

La, nous rejoignons trois autres touristes (deux suisses, une anglaise). L´honneur francais est sauf, nous restons les plus gros rapias et formons la majorite des routards de la route pas tres secrete. Nous prenons un combi jusqu´a un autre village. D´abord, le chauffeur va syphonner de l´essence dans le camion de son pote (est ce que c´est normal?). Et nous partons.

inspection d´un derrumble

La piste s´accroche au ravin. Le chauffeur s´arrete, descend avec une clef a molette, et (ouf), repare ses phares qui s´etaient subitement eteint. Nous nous rendons compte que des gens habitent ici, au milieu de la jungle, sur ce versant abrupt.

Enfin, nous arrivons a la nuit a Santa Teresa. Nous hesitons. On continue a pied, ou on y dort? On va dormir...  Nous partageons un repas avec nos nouveaux amis francais, qui parlent de mangeaille et de fromages.

Le lendemain, nous sommes reveille par la musique de Radio Santa Teresa, a fond, et par un coq enroue. Il est 5 heures. Le soleil est levé, le village est deja actif. Rues en boue et toits de toles, on est ailleurs. Il  y a trois voitures dans le village, et encore, elles sont garees.

Et nous reprenons le chemin du Machu.

Premier arret, une tyrolienne.. embouteillee. Les chiffres des utilisateurs de la route pirate sont revus a la hausse.

Le torrent furieux est traverse. Derriere,nous pouvons prendre un camion pour nous avancer. Mais nous avons la journee pour arriver en bas du Machu Picchu, alors nous y allons a pied.

Jeu concours numero 2 : expliquez moi d´ou sort ce torrent (sur la montagne de droite)

Sur la fin du trajet, nous marchons le long de la voie ferree. Le ballast se prete fort peu a la randonnee, et les derniers kilometres sont longs.

Nous contournons le Machu Picchu, que nous devinons quelques centaines de metres au dessus de nous. Et enfin, arrivons a Aguas Calientes. Enfin... Ce village nous apparait assez desagreable au debut. De grands hotels partout, genre station de ski. Des rabbateurs de restau qui nous proposent des hamburgers et des happys hours a prix d´or. Soulant. Surtout que les prix de tout (bus, bouffe, sources chaudes, entree au site) ont doubles depuis la derniere visite du routard du guide. Le nom du village a change en Machu Picchu Pueblo, et bordel, je ne veux pas de hamburgers. Les sources sont neanmoins agreables apres deux jours de voyage...

Le lendemain, nous partons tot vers le Machu. Et sous la pluie et le brouillard. Apres l´entree du site, nous cheminons dans le brouillard. Nous marchons, marchons, marchons. A bout d´une centaine de personnes portant deux batons, un kway fluo et parlant anglais, rencontree en sens inverse, nous finissons par nous poser des questions. Est ce que c´est normal? Renseignement pris, non, ceci est bien le chemin de l´inca et nous nous eloignons du Machu. Entre deux nuages, nous en avons la confirmation : nous sommes des buses.

Nous suivons donc la file des chemineurs de l´Inca (une autoroute), et arrivons enfin sur le site. Ca envoie du mégalithe.

Et nous sommes bien trempés.

Je découvre que mon impermeable ne l´est pas du tout. Bonheur...

Pour se rechauffer, nous montons au Wayna Picchu, la montagne au fond des ruines (la grande).

La vue sur les ruines et sur la vallee est terrible. Et l´idee de construire une ville sur cette crete parait vraiment incongrue. Fallait aimer la difficulte...

Quand nous redescendons, le soleil est revenu. Et les bus de touristes sont arrivés. C´est frustrant de partager cet endroit avec des centaines de quidams...

Notre version de la photo la plus prise au monde :

 vous pourrez jouer au jeu des 46 differences en comparant avec la photo un peu plus haut.


Nous repartons (en trouvant le raccourci bien trop tard). Et nous ne restons pas une minute de plus a Machu Picchu pueblo. Cette fois, nous preferons rentrer en train a un dollar le kilometre. Les derrumbles, ca suffit.

Sur la route qui nous ramene a Cuzco, nous passons par Chinchero, un village qui envoie de la terrasse.


Apres cette jolie expedition dans les Andes et dans la selva, nous nous reposerons un peu a Cuzco, avant de prendre la route du Lac Titicaca.

Par Fernand - Publié dans : fernando
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