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Origine controlée

Une carte avec toi dessus
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Mardi 5 décembre 2006

On dit qu'en Uruguay le stress et la precipitation n'existent pas... Peut etre, mais en tout cas, ca va a 400 à l'heure pour moi et je suis bien fatigué!

J'ai quitté l'Argentine, en remarquant les affiches du gouvernement pour essayer de freiner l'inflation. L'annee derniere, il y a eu 12% d'inflation, et cette annee aussi, les 10 % seront atteints. Le gouvernement a donc decide d'afficher dans toute l'Argentine le prix des fruits (pour commencer) en commerce de gros, et en commerce de detail. L'idee est que les consommateurs refusent de payer plus que ces prix, et de faire pression sur les detaillants pour diminuer leurs marges. Le moyen est un peu extreme mais rappelle que la crise, dont on fete le 5eme anniversaire, n'est pas ecartee totalement.
D'ailleurs, on parle encore partout des manifs a la casserole, et du corralito, cette mesure qui avait interdit pendant 1 an aux argentins de retirer plus d'une certaine somme d'argent hebdomadaire.

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Je suis arrivé jeudi soir a Montevideo. Mon tuteur est venu m'accueillir au terminal et m'a amené dans une auberge de jeunesse du centre ville.

La dite auberge n'etait pas un endroit tres interessant. Plein de gens pas amicaux, des dortoirs qui m'empechaient de vider enfin mon sac a dos... Le dulce de leche a volonté au petit dejeuner m'a retenu deux jours la bas.

Puis, j'ai bougé pour un endroit indefinissable. Une colloc d'etudiants etrangers, dans l'idee. Mais une colloc ou on ne reste pas son annee, plutot 1 mois ou 2, le temps de trouver autre chose. Car le loyer est cher par rapport au marché. Donc, pas tout a fait une colloc, pas tout a fait une auberge de jeunesse...
En tout cas, c'est un endroit vraiment sympa. On est 8 dans l'appart. Descriptif des forces en presences : Nicolas est un jeune routard francais, c'est lui qui "possede" l'appart avec une associee. Il a trouve un bon plan : les sous rentrent sans trop de boulot... Il y a Francois, l'etudiant en archi avec qui je partage ma chambre, qui pour apprendre l'espagnol, ne parle (presque) plus en francais.  Il y a aussi Ferran, catalan et aussi etudiant en archi. Rebecca est anglaise, Katy est italienne et a deux addictions : la glace et l'inhalation de vegetaux brulés. Julienne est australienne, a attrappé la grippe, et se "soigne" en eclusant des litres de grappa avec du miel. Lucie est la quatrieme francaise. Maria, enfin, est la seule qui ne soit pas etudiante. Elle a des airs de vieille hippie, et a vécu 5 ans en exil a Paris pendant la dictature argentine.
C'est un joyeux bordel... Je deteste le cliché qui assimile "collocation" a "l'Auberge espagnole", mais la, je vais etre obligé : c'est rigoureusement ca.


Vendredi apres midi, j'ai eu mon premier jour de boulot ou l'on m'a defini mon stage, et expliqué les non-regles du lieu. Ma mission, je l'ai tres vite acceptee, consiste a cartographier les sols d'une petite region rurale au Nord de Montevideo. Cette region laitiere est en galere, et cherche a se diversifier (notamment pour atteindre la souveraineté alimentaire !) et a faire des legumes. Bon, ca sent tres bon tout ca. OK, je ne connais rien en pedo, mais les cartes et le travail de terrain, ca me botte deja...

Ca me fait quand meme bizarre d'aller a la fac et de m'arreter a l'etage Geographie pour aller bosser. Mais j'aime bien l'idée...

Le departement de Geo est un peu free-style. Pas d'horaires. Avant midi, c'est consideré comme "tot". En fait, les chercheurs comme les etudiants viennent bosser l'apres midi, jusqu'a 20h. J'ai pas encore vu, en trois jours, les 4 ou 5 membres de l'equipe d'etudiants. Faut dire que les exams de fin d'annee approchent... Et apres ce sera les vacances d'ete, alors j'espere que je n'aurais pas trop besoin d'eux.


Montevideo est une ville assez amusante. Il ya moults immeubles XIXe siecle, qui tombent un peu en ruines... Certains ont un style vraiment particulier.

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Il y a une ambiance, dans cette ville... Les gens se rassemblent le soir devant la monumentale mairie pour boire du maté et faire passer le temps. Il y a des manifs et des banderolles a tout les coins de rue, reclamant tout et n'importe quoi : l'abrogation du delit de sedition, la souveraineté par rapport aux histoires des papeteries, l'annulation de la loi d'amnistie des crimes de la dictature...

Des clodos parcourent la ville avec des charrettes tractees par un cheval. Certains sont des cartoneros, d'autres trimballent juste leurs menues affaires. Certains autres sont sans doute des migrants, a en voir le tas de meuble derriere eux...

Montevideo parait tres, tres culturelle. Il ya des librairies bon marché partout. A ce niveau, par rapport au Chili, ou pire, au Perou, ou les livres etaient hors de prix, ca me plait beaucoup plus.. Je ne parle pas des theatres, il y en a encore plus.


En vrac : un journal se paye une pub de malade en pavant une rue avec un exemplaire geant.

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La rambla
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La mairie

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A venir, le recit d'une expé a Colonia avec Orianne et Fabien. Des reponses a des questions angoissantes telles que : Dans combien de temps serais-je proprietaire d'un vélo ? Qu'est ce que la stereoscopie ? Peut-on faire une overdose au dulce de leche ? Ou meme au maté ?


Par Fernand - Publié dans : fernando
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Jeudi 30 novembre 2006

Lorsque j'ai mis mon pied droit sur le marchepied du bus Transautral pour l'Argentine, ca a ete le debut. Le debut de la fin et le debut d'une petite centaine d'heure de bus qui m'aura amené en Terre de Feu puis a Buenos Aires...

Mais chaque chose en son temps : ce premier bus, donc, nous a fait passer la frontiere argentine. Le paysage a changé tres vite. Un col plutot bas nous a emmene de l'autre cote de la cordillere. La, plus d'arbres : seulement une steppe avec quelques buissons, et un poste frontiere.

J'ai eu un petit pincement au coeur de partir du Chili. J'ai beaucoup aimé ce pays... Sa geographie demente : 5000 km de terres coincee entre le Pacifique et les Andes, ou l'on peut voir tout et n'importe quoi. Ses habitants aussi... Peu expansifs mais vraiment sympas et genereux. Bizarrement, certains etaient tres heureux de nous voir la et nous en ont remercié (surtout a Santiago) !

Le poste frontiere etait relativement surprenant. Apres le panneau "Bienvenue en Argentine", le deuxieme ecriteau n'etait pas banal : "Les Malouines sont argentines". De la belle propagande, qui ramene a un des episodes les plus brillants de l'histoire de l'humanité.


Puis nous traversons des centaines de kilometres de steppe. Un petit village-garnison, avec ses deux ou trois regiments, sa place des Malouines, et des cavaliers dans les rues poussiereuses. Et encore de la steppe, cette fois un peu moins deserte, car riche en petrole et en pompes. Des oiseaux en ferraille se penchent, se relevent et se penchent a nouveau pour ramener le liquide en surface.

Au bout de la steppe, les sommets des Andes.

Le lendemain midi, nous descendons d'un quatrieme bus et nous nous retrouvons devant le glacier Perito Moreno.

Devant nous, des kilometres carres de glaces bleues. Et un front gigantesque (60-80 m de haut), abrupt, qui se jette dans le lac. Ce glacier est bruyant. Il grince, craque, voire tonne lorsque des morceaux de la paroi tombent dans l'eau.

Ce glacier est un des trucs les plus beaux du voyage.


Le temps file, mais il reste de quoi aller passer quelques heures en Terre de Feu. Encore au prix de dizaines d'heure de bus, certes, et de 8 postes frontiere en deux jours. 8 ? Oui, la Terre de Feu est partagee entre le Chili et l'Argentine. Et le Chili, par l'histoire militaire, possede le detroit de Magellan et coupe l'Argentine en deux. Mon passeport est donc rempli de tampons argentins et chiliens portant la meme date.

La steppe devient plus basse encore lorsque nous arrivons au bout de la Patagonie. Nous voyons moults animaux : outre les moutons, des guanacos et des autruches (ici appellees nandus). Et enfin, le detroit de Magellan.

Son panneau commemoratif,

son phare,

ses champs de mines.

L'endroit est emouvant pour tout le monde, militaires y compris... :)

Le passage du detroit de Magellan en bac est rendu encore plus incroyable par des dauphins qui suivent le bateau. Normal...

De l'autre cote, la Terre de Feu.

Le paysage ne change pas beaucoup. Toujours psa d'arbres, mais des paturages couverts de boutons d'or et de moutons peureux.

Nous n'avons pas la foi pour aller jusqu'au bout de l'ile, a Ushuaia (ce qui implique 8h de bus en plus). Nous nous arretons donc a Rio Grande, une grosse ville sur l'Atlantique sud. Un endroit un peu glauque. tres militarise encore. Des grands hangars delabres, des radars en piteux etat, un "mobilier urbain" oppressant, et des dizaines de maisons identiques. Dois je preciser qu'il y a un monument a la guerre des Malouines?

Une promenade sur la plage marque la fin du voyage. Des que nous tournons les talons, c'est deja le chemin du retour.

 

Le retour nous fait a nouveau passer le detroit. Cette fois ci, le panneau prend tout son sens,

et les dauphins viennent a portee d'appareil photo... (blancs avec le museau et l'aileron noirs).


48 heures de bus plus tard, nous arrivons a Buenos Aires.

Un peu dephases, au debut. Il fait chaud (plus besoin de polaire), et on a perdu 2 ou 3 heures de soleil par rapport a la Patagonie.

Nous retrouvons Fabien, qui nous fait gouter la viande argentine et nous raconte ses deux mois de vie a Buenos Aires. Puis nous partons passer la soiree chez mon cousin Thomas, a la Plata. L'histoire de l'installation de Thom en Argentine est assez amusante. Il est parti pour faire ses recherches de doctorat d'histoire sur l'emigration basco-bearnaises sur les rives du Rio de la Plata. Il a du bien comprendre les raisons des emigrants de l'epoque, car il y est toujours, depuis une petite dizaine d'annees.

Chez Thomas, je suis initié au mate. La societe argentine se divise en deux : ceux qui le boivent dulce, avec du sucre, et ceux qui le boivent amargo, sans. Mon cousin faisant partie de la deuxieme categorie, je ne gouterai que le deuxieme. La premiere gorgee est assez forte et amere (incroyable, non), mais globalement, c'est bon.
Nous sommes plusieurs autour de la table puisque deux amis francoargentins de Thomas sont la, ainsi que Leo, le voisin. Ca discute a batons rompus, tantot en espagnol, tantot en francais. J'apprends un peu les nouvelles du pays, notamment les histoires d'usines de pate a papiers que les Uruguayens veulent installer sur le fleuve-frontiere, et aussi une sombre histoire judiciaire. Il y a quelques mois, le president argentin a annule les deux lois d'amnisties des crimes commis sous la dictature (jusqu'en 83). Le premier proces, celui d'un responsable du reseau de disparition des opposants, devait se tenir il y a deux mois. Dans ce proces, il y avait un temoin cle, Julio Lopez. Ce macon s'est retouve enferme dans un des centres qu'il avait construit (sans le savoir) quelques mois plus tot, mais il s'en est sorti et a retenu les noms des tortionnaires, et les lieux. Du lourd pour l'accusation. Mais il se trouve qu'il y a deux mois, ce temoin clé a disparu. Depuis, des marches de protestation se deroulent a la Plata pour exiger la reapparition de Julio Lopez, et la derniere a ete plutot violente. Un climat serein, donc, qui montre que l'epoque de la dictature n'est pas si loin et que les responsables de l'epoque savent encore faire disparaitre les gens genants.
J'entends aussi parler de la societe de chemin de fer qui s'est autovolé les fenetres en alu des trains pour les vendre au poids, pendant la crise.

Ce matin, j'ai salue mon cousin, et j'ai commence ma route vers Montevideo. Ca debute bien, d-ailleurs, puisque j'ai raté le bateau, que je prendrai tout a l'heure. Orianne, elle, reste a Buenos Aires pour 5 mois de stage avec une tutrice en vacances.

Demain, normalement, je commence mon stage et mes 6 mois en Uruguay. Un autre voyage commence, moins itinerant cette fois. Ce n'est pas pour autant la fin de l'aventure. Vivre 6 mois la bas promet beaucoup, et, en outre je debarque sans avoir de logement...



Par Fernand - Publié dans : fernando
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Vendredi 24 novembre 2006

De Puerto Montt, nous avons donc pris un bateau pour le Sud. Pas n'importe quel bateau! Un fier navire de la compagnie Naviera Austral, j'ai nommé la barcaza Pincoya.

Nous sommes donc partis sous la pluie battante... En 10 heures de voyage, nous avons pu voir le temps changer maintes fois, et pas mal d'autres choses :

D'abord, le roulis ! Pendant quelques heures, la houle du Pacifique nous a pas mal secoué. La fenetre du bateau nous montrait alternativement la mer et les nuages. La mer etait un peu agitee... l'occasion d'admirer les gerbes d'eau a la proue de la barcaza.

Nous avons aussi pu voir des tetes de phoques curieux par dizaines (ou de lions de mer, mais si vous aimez la precision, desole : je n'ai pas pu voir les oreilles)

Quelques iles aux formes etranges,

Des arcs en ciel,

Et meme les deux a la fois...

Nous arrivons a Chaiten au crepuscule. Le lendemain, nous decouvrons un village du bout du monde, avec de larges rues en gravier, des maisons en toles aux cheminees fumantes et la queue devant la superette le matin. Une statue de saint, dans sa guerite, surveille le port a marée basse.

De la, nous partons sur la Carretera Austral : c'est la seule route qui part de Chaiten. On arrive du Nord en bateau, et on peut aller vers le sud sur cette piste. Mais ca se merite, puisque la premiere ville d'importance, Coyhaique, est a 400 km et a 14 heures de route... Pas etonnant que les habitants de Chaiten reclament a corps et a cri une route "vers le Chili". C'est vrai qu'au Sud de Puerto Montt, c'est le Chili profond. Qui a un petit cote argentin : un indice qui ne trompe pas, c'est que les gens boivent du mate tout le temps...

Nous n'irons pas jusqu'a Coyhaique. 14 heures d'un coup, c'est trop... Nous ferons seulement 6 heures de bus, pour arriver a Puerto Puyuhuapi.

La route est belle... Au fond d'une vallee, entourée de sommets enneiges, elle se fraye un chemin au milieu de la vegetation. Ici, c'est la Patagonie Pluviale (a la difference de la Patagonie argentine, aride). On le devine assez bien : la vegetation est dense, presque tropicale. Sur les flancs des montagnes, la foret primaire. Au fond de la vallee, des bambous et des devil's club geantes. Enfin, quand les colons n'ont pas coupé ou incendié la foret pour en faire des paturages...

De temps en temps, un hameau, ou on se demande comment les habitants s'occupent. Et la piste.

Puyuhuapi est un petit village perdu au fond d'un fjord. Pas grand chose a y faire... Heuresement que nous avons pu nous occuper a compter notre maigre pecule, et nous rendre compte que nous n'avions plus d'argent pour prendre le bus hors de prix qui nous aurait amene a Coyhaique. Bus, qui, au demeurant, ne passaient que deux jours plus tard... Nous voila donc force de faire du stop et de manger du pain sec.

Le stop marche assez mal dans ce coin de Patagonie. Bien plus mal que dans le desert de l'Atacama! Quatre heures d'attente au bord de la route. Il faut dire que 3 touristes, arrives apres nous, faisaient du stop a 50 metres de nous, derriere le virage... Soyons positifs, au moins il ne pleut pas, et ca nous laisse le temps de regarder le paysage.

Enfin, la chance arrive, incarnee par un couple de hollandais et le coffre de leur pick-up. Enfin, nous avancons. La route et ses caillasses fuient sous nous, les volutes de poussieres s'envolent, et le paysage defile.

Quelques glaciers descendent des montagnes autour de nous.

Les hollandais nous invitent a une pause café au milieu d'un col. Pas vraiment des touristes, puisque l'homme travaille dans la region comme auditeur d'elevages de saumons, et allait faire une conference sur les pratiques entrepreneuriales quelques semaines plus tard. Ils nous lachent quelques dizaines de kilometres plus loin.

La malchance est restee a Puyuhuapi, puisqu'un jeune véterinaire sympa nous embarque quelques minutes plus tard. Un veterinaire de saumons, plus precisement. Ce qui confirme nos soupcons que dans la region, il n'y a pas grand chose d'autre a faire que couper du bois, elever trois vaches, et surtout, engraisser des saumons au fond d'un fjord.

A mesure que nous progressons vers Coyhaique, les vallees sont de moins en moins sauvages. Les flancs des montagnes ne portent plus de forets, mais des arbres morts et une vegetation basse, a cause des incendies (les colons, encore). Les villages sont plus nombreux, la piste devient goudronnee.

Nous arrivons donc a Coyhaique. C'est une grosse ville, de 40000 habitants, sans grand charme. Il y a bien ces montagnes, tout autour, et les condors qui tournoient pres des sommets... mais la ville elle meme trahi qu'elle a poussé en 20 ans, depuis que la Carretera Austral l'a atteinte. Nous la parcourons de long en large pour trouver un bus qui parte pour l'Argentine dans un delai raisonnable. Un jour d'attente sera le minimum.

Aujourd'hui, nous avons un peu traine dans les environs, a Puerto Aysen, un petit port fluvial ou nous avons retrouve les maisons en bois et en toles qui cachent mal la rudesse du climat.

 


Demain matin, nous passons de l'autre cote des Andes, en Argentine. Plus que quelques jours a descendre vers le Sud, vers le detroit de Magellan. Puis ce sera le rush vers le rio de la Plata...


Par Fernand - Publié dans : fernando
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Lundi 20 novembre 2006

J'ai passé les derniers jours sur l'ile de Chiloe. A la campagne... L'ile est grande (200 km sur 40) et assez rurale. Les quelques villes sont plutot petites. Sur le reste de l'ile, beaucoup de paysages de bocage ou de landes couvertes de genets.

Il y a tres peu de cultures. De rares champs sont cultives par des fermiers qui labourent encore avec deux boeufs.

Sur les plages de l'ile viennent s'echouer de nombreuses algues. Ces algues font travailler enormement de gens... Certaines sont ramassees pour l'engrais et mises a secher un peu partout (au bord des routes, sur la plage ou sur des claies,...). Les autres finiront en maki, de l'autre cote de l'ocean.

Les bateaux ont tous (sauf tres rares exceptions) des coques jaunes.

La fierté de l'ile, ce sont ses eglises jesuites. Toutes en bois, elles sont declarees Patrimoine Mondial de l'Humanité. Ce qui ne les empeche pas de tomber un peu en ruine...

L'eglise de Dalcahue, et la cathedrale jaune et bleue de Castro.

A Dalcahue, un petit village de la cote est, nous sommes tombes sur un bus venu de loin. Servant au ramassage scolaire, il affiche des directions un peu... japonaises. Je me demande bien quelle est l'histoire de ce bus et comment il est arrivé la. En tout cas, il amenait des gamins du village voisin defiler au pas et sous le son d'une marche militaire dans les rues du village, avec plusieurs autres groupes.

Autre chose de bizarre, sur cette ile : le nombre de sacs et d'objets Winnie l'ourson. Dans un bus, les voisines des 3 sieges a cote, qui n'etaient pas ensemble et avaient la quarantaine, avaient toutes les 3 un sac a main Winnie. En tout, j'ai vu une dizaine de femmes avec des sacs a ours jaune, sans compter les peluches qui pendent aux retros et ce genre d'objet. Etrange. Soit c'est la derniere mode, soit un container d'objet Winnie s'est echoue l'an dernier...

Globalement, cette ile est moins riche que le reste du Chili. Nous avons retrouvé la traction animale, pour le labour ou pour se deplacer, ou les bus que l'on charge de gens debouts jusqu'a ce que tout le monde soit rentré. Et comme au Perou, beaucoup de choses sentent la debrouille, voire l'arrache.

Sur les cotes de l'ile, il y a pas mal de maisons sur pilotis, tres typiques, mais dont je n'ai pas trouvé l'utilité.

Les rues en pente de la capitale de l'ile, Castro, et ses maisons colorées...

Nous n'avons pas reussi a trouver un bateau pour la Patagonie qui parte de Chiloe. Nous avons donc du faire demi tour et rebrousser chemin jusqu'a Puerto Montt. La, nous prendrons un bateau pour Chaiten. 10 heures de navigation en vue. A Chaiten, je m'attends a des difficultes... C'est le gros village de la cote : 3000 habitants. Une route non goudronnee, la Carretera Austral (ou Carretera Pinochet), coincee entre les Andes et les falaises, la relie aux autres villages de la cote. Pour les bus, c'est l'inconnu. L'idée est de rejoindre Coyhaique, 450 km plus au Sud, et de passer en Argentine. Ces 8 derniers jours risquent d'etre vraiment interessants !!

Nous avons donc repris le bac entre Chiloe et Puerto Montt. Il faisait grand soleil, aussi mangions nous des empanadas sur le pont... ce qui nous a permis de voir deux dauphins sauter hors de l'eau pres du batal. Des dauphins assez colores, au ventre gris clair et au dos presque noir. Orianne pretend meme avoir vu du jaune sur le flanc. Nous avons aussi vu des phoques, qui sortaient la tete de l'eau avant de replonger chasser. Et, au loin, les sommets enneigés de la Patagonie. A venir, une vue moins lointaine...

Par Fernand - Publié dans : fernando
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Samedi 18 novembre 2006

De Santiago, nous avons décidé de nous avancer d'un gros bout et de quitter la region centrale. A part ses grandes villes, la region est assez verte. Il y a pas mal de cultures, dont des vignobles, et de la foret bizarre. Des pinedes et des eucalyptus cotoient quelques palmiers. La foret n'est peut etre pas si bizarre, mais, depuis 1 mois et quelques, je n'ai pas vu beaucoup d'arbres.

On a donc un peu nexté cette region. Quand meme, passer un peu moins de temps la, et un peu plus en Patagonie, on gagne au change. Un bus de nuit nous a avancé de 500 ou 600 km, jusqu'a Villarica, dans la région des lacs.

Nous sommes arrives dans un endroit assez etrange. D'abord, le froid. Il ne devait pas faire loin de 5 degres quand nous sommes arrives, a l'aube. Ensuite, la campagne. Quand le brouillard se leve, je decouvre un paysage qui tient un peu du bocage. Des pres ou paisent des Holsteins, quelques bosquets sur les collines. Ca ressemble pas mal à la Chalosse ou au Nivernais ! Sauf qu'il y a d'enormes proprietes protegees par des hauts grillages barbeles, qui protegent des 4x4 et des haras.

Au loin, de l'autre cote du lac de Villarica, un volcan enneigé se cache dans les nuages.

La ville reserve aussi quelques surprise. Les maisons sont toutes en bois, certaines sont clairement des chalets.

Quant a la population, une partie descend de colons allemands. Beaucoup ont les cheveux et la peau clairs, voire les yeux bleus. Certains n'hesitent pas a peindre leurs origines germaniques sur leur cloture.

Nous prenons un chocolat chaud dans un bistrot. Une chaine allemande est allumée et Otto Koln nous donne des nouvelles de la bourse de Francfort. Allons bon... le patron nous passe un CD de Georges Brassens. Sommes nous encore au Chili ???

Toute la population n'est pas d'origine allemande : les vendeurs ambulants sont assez typés indiens. Ils sont sans doute des mapuches, ces indiens qui ont longtemps resiste a la colonisation espagnole puis chilienne... et dont la lutte continue encore (cf le pochoir de Valparaiso sur les prisonniers politiques mapuches). Il me semble qu'il y a une affaire d'expropriation fonciere et de paysans sans terres la dessous... Les proprietes immenses cerclees de barbelees sont sans doute un des aspects du probleme!


Nous continuons notre route pour arriver dans un autre village, assez ressemblant. Meme population  typee Europe du Nord, meme maisons en bois... Ici, la plupart des rues portent des noms de docteurs allemands.

Un autre volcan domine un autre lac.


Nous rejoignons enfin Puerto Montt. Cette ville est glauque, et tres loin des chalets et des prairies. Est ce l'aspect delabre des maisons en bois, le ciel gris, l'absence totale d'arbres? L'ambiance, le froid ? Au bord de l'océan, elle est le bout de la Panamericaine. Plus loin, il y a l'ile de Chiloe et la Patagonie.

Nous arrivons a Chiloe par un bac, tendance barge de debarquement.

Nous voici donc a Chiloe. Nous serons en pleine Patagonie dans quelques jours - le temps de trouver un bateau... Ca ne court pas les ports en cette saison.


C'est tout pour le voyage... Et maintenant, une page de gastronomie chilienne. Enfin, les photos du completo. Nous en avons capturé un ce midi et les conditions etaient propices a la prise de clichés.

vue longitudinale :

vue transversale :

Il est incontestable que cet individu est un representant de l'embranchement des sandwiches et de l'ordre des canidés-chauds. La coupe transversale revele plusieurs organes : une saucisse viennoise, un milieu interieur a base de tomate et d'avocat, un tegument en pain, et des secretions de mayonnaise. Ces caracteristiques le font differer singulierement des especes homologues vivant en Amerique du Nord. Le cliché montre aussi un predateur a l'affut.

A cote, son petit cousin, le churrasco.

Il appartient a l'ordre des hamburguidés. On retrouve encore un coelome a base de tomate, d'avocat, et des secretions abondantes (bien que cachees) de mayonnaise. Principale difference avec son parent decrit ci dessus, son pain rond, et sa viande de boeuf. Contrairement aux especes nord americaines et europeenes, la viande n'est habituellement pas hachée.

La saveur du completo est approximative, mais le prix et les efforts necessaires a une capture en font une proie facile pour nous. Le churrasco est plus savoureux mais plus cher. Ces deux trucs constituent une bonne moitie (voire plus) de nos repas au Chili. Je vous parlerai peut etre un jour de nos autres proies habituelles, les salades de tomate-avocat au citron. Nous les capturons dans les cuisines des hospedajes, mais chut.. je vous en dit deja trop.


Par Fernand - Publié dans : fernando
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